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France - Nouvelle-Zélande: Atonio, un All Black chez les Bleus 

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Par Nicolas SBARRA|Ecrit pour TF1|2015-10-15T16:25:49.795Z, mis à jour 2015-10-15T16:25:49.795Z

Ce samedi, la France affronte la Nouvelle-Zélande, pays distant de près de 20 000 kilomètres. Dans le groupe du XV de France, évolue pourtant un joueur né au pays des All Blacks, Uini Atonio. Mais entre les deux, son coeur ne balance pas.

Uini Atonio est un des six joueurs étrangers du XV de France qui prend part à la Coupe du Monde 2015. Le Rochelais a la particularité d’être né en Nouvelle-Zélande, qu’affrontent ce samedi les Bleus. Mais qu’on ne s’y trompe pas, depuis les tribunes du Millenium Stadium, le pilier chantera bel et bien la Marseillaise. Et le Haka, trop peu pour lui. « J’en ai fait trop quand j’étais petit, j’en ai marre (rires) », dit-il désormais. Atonio est « à 100% pour les couleurs que je représente ». Celles-ci sont le bleu, le blanc, le rouge. Et pas le noir.

S’il est né en mars 1990 à Timaru, au sud de Christchurch, il n’a jamais porté le maillot des All Blacks. Les trois stages effectués en équipes de jeunes n’ont pas conduit à une sélection pour les compétitions qui en découlaient. Il était jugé « trop gros », « trop fainéant ». Le joueur de première ligne avoue d’ailleurs : « Avec mon physique actuel, je pense que ç’aurait été compliqué de jouer avec l’équipe de Nouvelle-Zélande. Les All Blacks cherchent des mecs fit qui courent et qui font au maximum 115  kilos ». Lui affiche 142 kilos sur la balance.

Poussé à manier le ballon ovale par son père, qui était aussi rugbyman, Uini Atonio a fait ses classes au Wesley College d’Auckland. Une école notamment fréquentée par Jonah Lomu ou Sitiveni Sivivatu. En 2010, il a rejoint les Counties Manukau, l’antichambre des Chiefs de Super 15. Mais il n’était pas utilisé par Tana Umaga. « En Nouvelle-Zélande, c’est très compliqué de réussir dans le rugby. Il n’y a que ce sport. Tout le monde y joue. Là-bas, si tu ne joues pas au rugby, pour certaines personnes, tu n’es pas un homme, tu n’as pas de copine, tu n’as rien… », analyse désormais le « Français ».


Désormais au « pays de l'amour »

Un événement a bouleversé sa carrière et sa vie. Un tournoi de rugby à X à Hong-Kong. Il avait à l’époque 19 ans et y a croisé Patrice Collazo. Ce n’est qu’un an plus tard, quand ce dernier est devenu entraîneur adjoint à La Rochelle, que le virage a été opéré. Collazo a entrepris des recherches pour retrouver ce pilier atypique, très à l’aise ballon en main malgré son gabarit très imposant, dont il ne connaissait même pas le nom et le club. Avec succès. A l’été 2011, Atonio a rejoint la France, le « pays de l’amour » comme il dit. Celui qui « joue au rugby pour aider ma famille », restée en Nouvelle-Zélande, a changé d’univers.

Le Rochelais s’est rapidement adapté dans l’Hexagone. Il a appris le Français, qui n’a pas mis très longtemps à parler. Véritable boute-en-train, il s’est même vu confier le capitanat des Jaune et Noir, alors en Pro D2. Lorsqu’il a découvert le Top 14, en 2014, Atonio est devenu éligible en équipe de France, ayant passé plus de trois ans sur le sol français. Philippe Saint-André a saisi l’opportunité dès le mois de novembre 2014, avec une première cape contre les Fidji. Moins d’un an plus tard, le Néo-Zélandais Atonio est à la Coupe du Monde, avec la France.