Dans l'actualité récente

Australie : Michael Cheika, le nouvel homme providentiel des Wallabies 

Voir le site Coupe du Monde de Rugby 2015

error
Par Nicolas SBARRA|Ecrit pour TF1|2015-10-20T17:15:54.543Z, mis à jour 2015-10-20T17:15:54.543Z

Si son aventure au Stade Français, entre 2010 et 2012, n’a pas été couronnée de succès, Michael Cheika est en train d’amener l’Australie vers les sommets. En moins d’un an, il pourrait ramener la Coupe du Monde dans un pays qui en est privé depuis 1999.

« On est une équipe neuve, ça ne fait même pas un an qu’on est ensemble. » Cette remarque de Michael Cheika permet bien de mesurer le chemin parcouru par l’Australie depuis la nomination de l’ancien troisième ligne. Arrivé le 22 octobre 2014, suite à la démission d’Ewen McKenzie, le technicien de 48 ans a permis aux Wallabies d’ambitionner légitimement d’être champions du monde à la fin mois. Passés de la quatrième à la deuxième place mondiale, selon le dernier classement publié ce lundi, les Australiens ont notamment remporté le Four Nations en août, en faisant tomber les All Blacks (27-19). Une performance inédite depuis 2011.

Le grand format vidéo d'Australie-Ecosse

Cheika, qui restait sur une victoire dans le Super Rugby avec les Warathas en 2014, n’a pas eu beaucoup de temps pour appréhender la situation. Avec la Coupe du Monde en ligne de mire d’entrée, il a « compris après la tournée d’automne ce qu'il fallait améliorer pour être compétitifs, étant donnée notre poule. L'important, c'est que l'on ne soit pas encore arrivé encore à notre meilleur niveau. L'important, c'est de l'être le jour où on joue l'Angleterre chez elle pour gagner. » Et les Wallabies l’ont été, avec une victoire (33-13) qui a éliminé le XV de la Rose de SA Coupe du Monde.

Lors de cet affrontement, l’Australie a renversé la mêlée anglaise. Une référence. Et une réalité quelque peu utopique il y a encore un an. C’est le principal point sur lequel Michael Cheika a appuyé. La volonté de faire progresser la mêlée fermée, loin d’être un atout jusque-là, a été traduite par l’arrivée de Mario Ledesma. C’est Cheika qui a fait venir l’emblématique ex-talonneur argentin, qu’il a côtoyé au Stade Français et qu’il a déjà attiré aux Warathas. « On travaille énormément ce secteur. Mario Ledesma m’a appris que la mêlée était très importante », a-t-il récemment avoué. Ledesma est « venu comme ami » et a « ajouté beaucoup à notre culture, parce qu’il a une très bonne relation avec les autres entraîneurs et tous les joueurs », a ajouté Cheika.


Hopper et Pocock associés, Giteau et Mitchell rappelés

Le champion d’Europe 2009 avec le Leinster a aussi pris des décisions techniques qui ont beaucoup apporté à l’équipe. Respectivement absents de la sélection depuis quatre et trois ans, les Toulonnais Matt Giteau et Drew Mitchell ont été rappelés. Cheika a profité de la modification du règlement de la fédération, qui ne permettait pas de retenir des joueurs évoluant à l’étranger jusque-là. Le centre est essentiel dans le jeu des Wallabies et représente un vrai patron, alors que l’ailier confirme ses qualités de finisseur. Auteur de 14 essais, dont quatre cette année, il n’est qu’à une longueur du record en Coupe du Monde de Bryan Habana et Jonah Lomu.

Le sélectionneur australien a aussi confirmé Bernard Foley comme titulaire attiré au poste de demi d’ouverture, le préférant au fantasque Quade Cooper. Les faits lui donnent pour l’instant raison. Son joueur aux Warathas a été le fer de lance des Wallabies contre les Anglais et a signé la pénalité décisive en quart de finale contre l’Ecosse (35-34). Une autre franche réussite a elle été une innovation de Michael Cheika. Il a associé Michael Hooper et David Pocock en troisième ligne, deux 7 au profil similaire. « C'est vraiment difficile de se passer de l'un des deux. L'un va avec l'autre. Je ne suis pas en train de clamer qu'il y a une idée de génie derrière tout ça. On a juste deux très bons joueurs à disposition », a-t-il déclaré, modeste. Pocock en 8, il fallait quand même oser.

La pénalité décisive de Bernard Foley en vidéo

Face aux Ecossais en quart de finale, David Pocock a vraiment manqué. Et l’Australie n’est pas passée loin de la correctionnelle. Plutôt que d’émettre la moindre critique envers ses joueurs, Cheika a choisi de les protéger et de se mettre en première, assumant « l’entière responsabilité de cette contre-performance. Je n'ai pas permis à mon équipe d’exprimer tout son potentiel dimanche. Elle est entrée sur le terrain avec les victoires face à l’Angleterre et le Pays de Galles en tête, et je n'ai pas réagi. J’aurais dû faire évacuer tout. J'ai mal agi en tant qu’entraîneur quand j’ai préparé l’équipe pour ce quart de finale. » Avec cet avertissement, la préparation de la demi-finale contre l’Argentine ne devrait pas se passer de la même manière.