Vous avez rêvé de Springboks - Blacks ? On vous offre le scénario ! 

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Habana vs Savea
Par Loris BELIN|Ecrit pour TF1|2015-10-24T12:00:19.046Z, mis à jour 2015-10-24T12:17:59.027Z

La rédaction de TF1 a décidé d’imaginer le scénario idéal de la demi-finale entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande samedi après-midi.

Installez-vous confortablement dans votre canapé avec votre ordinateur portable, votre tablette ou votre téléphone et laissez-vous bercer ou chavirer, c’est selon. Soyez prêts car cela va aller très vite ! 


Imaginez-vous quelques secondes un peu plus ovale, passant de mains en mains. Vous vous faites marcher dessus, piétiner, taper dessus. Et vous savez quoi ? Vous adorez ça. Non, vous n’êtes pas sadique à ce point, vous êtes simplement le ballon du match Afrique du Sud – Nouvelle-Zélande. Les deux équipes sont joueuses et puissantes à la fois. La Nouvelle-Zélande est en pleine confiance après son carton contre l’équipe de France, l’Afrique du Sud elle a confirmé son regain de forme contre le Pays de Galles. La fierté entre les deux équipes est énorme, il est hors de question de tomber face à un des ennemis de l’Hémisphère Sud, surtout à ce stade de la compétition. 

 D’entrée de jeu, vous en prenez plein la tronche avec un énorme plaquage de De Jager sur McCaw, comme pour marquer son territoire. Vous volez sur cinq mètres, juste de quoi permettre à Pietersen de taper à suivre. L’action échoue à deux mètres de la ligne d’essai, mais déjà, vous comprenez ce qui vous attend. Heureusement, les artistes sont de sortie et vous passez plus de temps au grand air dans les mains des virevoltants arrières qu’au sol gratté par les gros. Cela ne vous empêche pas de bien vous faire aplatir sur un essai d’avant de Moody pour la Nouvelle-Zélande au quart d’heure. Les Blacks s’enhardissent et retournent près de l’herbe la plus pure en contact de votre cuir, celle de l’en-but. 

La révolte des Blacks

 A trop vouloir en faire, les Blacks se font prendre sur un nouveau renvoi. C’est Burger qui vous récupère et en deux passes, vous voilà de l’autre côté du terrain dans les mains de Fourie Du Preez. L’ouvreur joue parfaitement le coup et vous dépose dans les bras de Bryan Habana qui inscrit enfin l’essai qui lui permet de passer seul meilleur marqueur de l’histoire de la Coupe du Monde. Tout à sa joie, il vous envoie valser au deuxième rang des tribunes mais vous ne lui en voulez pas. Les All-Blacks vexés de s’être fait prendre aussi facilement donnent un violent coup de cravache en fin de première mi-temps. Ils compensent leur indiscipline par des gestes de génie : vous attrapez un tour de rein dans les mains de Milner-Skudder, un hématome pleine poire sur une charge de No’Nu conclue non sans moins de puissance par Kaino au près. Pause et vous levez les yeux vers le tableau d’affichage : 19-13 pour la Nouvelle-Zélande, vous êtes déjà rincé. 

Les Bocks mettent la pression 

Un petit coup de poliche et vous voilà de retour à vingt mètres au-dessus du terrain sur le coup d’envoi. Le public anglais est chaud bouillant après une belle première période de rugby. L’Afrique du Sud en a marre de subir les impacts. Vous tâtez de l’avant pendant les dix premières minutes de la période, les esprits sont encore un peu aux vestiaires et vous en profitez pour sentir le gazon fraichement coupé arraché. Il faut une inspiration superbe de Vermeulen qui après un ruck stérile prend tout le monde à revers en partant coté opposé. Le troisième-ligne vous tient fermement malgré la pression que vous subissez sur une dizaine de mètres et s’en va aplatir, même si vous ne savez pas vraiment qui vous a fait venir au sol finalement. L’arbitre non plus et vous passez trois minutes sur un tee près du pied de Pollard qui n’attend que de pouvoir vous botter l’arrière-train entre les perches. Chose faite sous les vivas de la foule, l’Afrique du Sud mène. C’est la 65e minute, on s’approche à grand pas du money time. Les corps sont fatigués, et vous aussi. 

Il faut une avancée du pack océanien pour vous voir enfin retrouver les paillettes du show-time. Savea, bien discret jusque-là joue les auto-tamponneuses et envoie sur le carreau la moitié de la ligne arrière adverse. Vous sentez passer sur vous un cubitus par-ci, un fémur par-là, une mâchoire qui s’échoue tout près de vous sur l’avant-bras du monstre néo-zélandais qui marque pour redonner de l’air aux siens. 27-20, et à peine plus de dix minutes à jouer. On recharge les batteries des deux cotés avant la bataille finale, Matfield et Serfontein rentrent d’un côté, Sonny Bill Williams de l’autre. Les esprits s’échauffent à la suite d’une mêlée où vous avez fini sous 800 kilos de bestiaux. Fini les lumières, les hourras, vous voilà plongé dans le noir, le son étouffé par la masse sur vous. 

Il est 16h30, vous sortez de votre sieste avec une migraine pas possible à avoir pris autant de coups sur la caboche. Vous avez rêvé de ce match au plus près, sans pour autant en connaître le dénouement. Pour cela, le vous réveillé se lève et se dirige vers sa télévision, la main à la télécommande.