Bilan Coupe du monde de rugby: Angleterre, le fiasco du XV de la Rose 

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Par Julien CHESNAIS|Ecrit pour TF1|2015-11-03T16:27:11.989Z, mis à jour 2015-11-03T16:27:12.995Z

Jamais une nation hôte de la Coupe du monde n’avait été éliminée dès la phase de poule. C’est arrivé à l’Angleterre, victime de son inexpérience et du groupe de la mort.

« Humiliée sur son propre sol », « L’agonie », « La fin du monde »… Les titres chocs se bousculent dans les kiosques britanniques en cette matinée du 4 octobre. C’est l’Angleterre toute entière qui a la gueule de bois. La veille, le XV de la Rose a été éliminé de la Coupe du monde. SA Coupe du monde. Ecrasée par l’Australie à Twickenham (13-33), la formation de Stuart Lancaster ne peut déjà plus rêver à une qualification en quarts de finale avant même son dernier match de poule face à l’Uruguay, qu’elle remportera pour l’honneur une semaine plus tard (60-3). Pour la première fois, une nation hôte de la Coupe du monde de rugby est éliminée dès la phase de groupe. C’est la stupéfaction.

Revoir la première défaite de l'Angleterre face au pays de Galles: 



Pourtant, l’Angleterre avait des ambitions très élevées. Elle ne rêvait que d’une chose. Remporter la Coupe du monde. Ce n’était pas si utopique. Depuis le Mondial 2011, achevé en quarts face à la France, quelque chose se dégageait de cette équipe qui, pourtant, déplorait des résultats mitigés. Elle n’a gagné aucun tournoi des Six Nations, mais est passée proche de le faire à chaque fois (quatre deuxième place). En quête de confiance avant le Mondial, elle pouvait s’appuyer sur des coups d’éclats récents pour se forger l’idée que son rugby pouvait être champion du monde. A l’image de cette victoire surréaliste face à la France (55-35) en mars dernier. 


Revoir la seconde défaite face à l'Australie, synonyme d'élimination: 



Talentueuse mais pas trop inexpérimentée


Mais tout a volé en éclat dès le deuxième match du Mondial. Face à une équipe du Pays de Galles valeureuse, elle s’incline (25-28) après avoir refusé de prendre une pénalité qui lui aurait assuré le nul. Les critiques fusent. La presse britannique s’acharne. Sur Chris Robshaw, qui avait fait le choix de prendre la touche sur cette fameuse pénalité. Sur Stuart Lancaster, coupable, pour beaucoup, d’avoir multiplié les erreurs de casting. Les faiblesses de l’équipe sont alors clairement identifiées : Elle serait talentueuse, certes. Mais trop jeune. Trop inexpérimentée. Pas assez de caractère. Elle en aurait eu davantage avec Manu Tuilagi et Dylan Hartley, écartés du groupe par le coach, qui a érigé la discipline comme priorité absolue. Et avec Steffon Armitage, elle aurait eu l’expert-gratteur qui lui fait terriblement défaut dans les rucks. 

Et c’est dans ce contexte d’une lourdeur extrême que l’équipe anglaise aurait dû sauver la nation face à l’Australie. Elle n’y est pas parvenue. Troisièmes de la poule A, la plus difficile, les Anglais pouveaient alors dire au Mondial, orphelin de sa nation hôte près d'un mois avant son terme. Un fiasco à l'anglaise.