France - Nouvelle-Zélande : les Blacks ont (quelques) points faibles 

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Faits et gestes Nouvelle Zélande Argentine
Par Nicolas SBARRA|Ecrit pour TF1|2015-10-16T14:15:25.704Z, mis à jour 2015-10-16T14:15:25.704Z

Certaines failles ont pu être observées du côté des All Blacks depuis le début de cette Coupe du Monde. Voilà certaines pistes pour les Bleus, qui seraient bien inspirés d'en profiter ce samedi soir, en quart de finale.

Certains pensent que la Nouvelle-Zélande n’a « aucun point faible ». Il faut effectivement bien chercher pour en trouver, mais en creusant bien, il existe quelques motifs d’espoir pour les Bleus, avant le quart de finale de ce samedi. Tout cela reste toutefois à relativiser. Il faudra surtout que le XV de France ait la faculté d’en profiter, ce qui est loin d’être gagné.

Retour en vidéo sur le parcours des All Blacks

Les Blacks offrent des turnovers

Lors de leurs quatre matchs de poule, les Néo-Zélandais ont perdu pas moins de 80 ballons. Un total non négligeable. C’est largement plus que toutes les autres équipes encore engagées, de l’Argentine (64) à l’Ecosse (43), en passant par la France (63). La possession sera sûrement en faveur des Blacks ce samedi et ces cas de figure devraient se représenter. Si la tendance se confirme, il devrait donc y avoir des coups à jouer. Ce sera la chance des Bleus, exploiter ces turnovers. Mais le manque d’imagination et de ligne directrice sur les relances, notamment observé contre l’Irlande, sera à gommer.

Les coéquipiers de McCaw sont indisciplinés

A 14 contre 15, les cartes pourraient être redistribuées. A égalité numérique, la Nouvelle-Zélande est favorite, mais ce n’est pas dit qu’elle reste à 15 tout le match. Depuis le début de la compétition, elle a écopé de trois cartons jaunes. Un seul quart de finaliste fait pire, l’Australie avec quatre. Parmi les 20 équipes de cette Coupe du Monde, seules la Roumanie (4) et la Namibie (6) ont été plus sanctionnées. Lors de la première rencontre face à l’Argentine, Richie McCaw et Conrad Smith ont chacun passé 10 minutes sur le banc. Kieran Read a été dans le même cas contre les Tonga. Lorsque l’adversaire parvient à rivaliser, les All Blacks peuvent flancher à ce niveau.

Une réussite au pied toute relative

Dans cette Coupe du Monde, les Français sont après les Gallois (91,7%) les plus adroits au pied, avec 85,7% de réussite. Les joueurs de Steve Hansen ne peuvent en dire autant. Ils n’ont réussi « que » 73,3% de leurs tentatives au but (17 transformations sur 25, 5 pénalités sur 5). Parmi les quarts de finalistes, ce n’est que le sixième meilleur ratio, derrière les quatre nations européennes et l’Argentine, mais devant l’Afrique du Sud (72,7%) et l’Australie (71%). Dan Carter n’est pas à son meilleur niveau dans ce domaine et laisse filer des points. Si les Bleus restent dans le match jusqu’au bout, cela pourrait peut-être se jouer là.

Une mêlée friable

Au contraire du XV de France, ce n’est pas forcément une tradition pour la Nouvelle-Zélande. La mêlée fermée apparaît davantage comme un point faible que comme un point fort pour les Iliens. Et ils l’ont montré depuis le début de la compétition, cela n’est pas passé inaperçu. « Elle connaît des difficultés », note Olivier Magne, ancien troisième ligne international et manager des U20 français. « Je suis inquiet pour notre mêlée qui a été souvent dominée », n’hésite pas à dire l’ancien n°9 Byron Kelleher. Contre l’Argentine et même la Géorgie, le pack des Blacks a été chahuté. En plus, le pilier gauche Tony Woodcock, fort de ses 118 sélections, est forfait pour le reste de la compétition. Wyatt Crockett et son 1,93m devront s’adapter à une opposition atypique, celle de Rabah Slimani (1,78m).

La mêlée, un point fort pour les Français

Une certaine inconstance

Lors de la phase de poule, les Néo-Zélandais n’ont pas vraiment réalisé un match plein. Ils ont connu des périodes plus délicates au sein de leurs rencontres. Contre la Géorgie, rien n’a été marqué de leur côté entre la 22e et la 52e minute. Contre les Tonga, la fin de première période a été très compliquée, ils auraient même pu (dû ?) être sanctionnés d’un essai de pénalité. Au maximum, les All Blacks ont inscrit 58 points, contre la Namibie. Ce n’est pas vraiment conforme à leurs standards en Coupe du Monde. En 2011, ils sont montés jusqu’à 83 points, en 2007 jusqu’en 108 et en 2003 jusqu’à 91. Depuis 2003 et l’instauration des poules de cinq équipes, les joueurs du Pacifique ont à chaque fois eu une moyenne de points marqués supérieure au plus gros score de cette année. L’habituel rouleau compresseur n’est pas si impressionnant jusque-là. Les All Blacks ont toutefois semblé gérer, ont probablement été sur la réserve avant les matchs couperets. Mais à force de jouer avec le frein à main, la mécanique pourrait s’être grippée.