France - Nouvelle-Zélande - Le duel du jour : Frédéric Michalak vs Dan Carter 

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Carter Michalak
Par Yoann Palej|Ecrit pour TF1|2015-10-15T14:45:26.648Z, mis à jour 2015-10-15T15:15:35.724Z

Le choc entre la France et la Nouvelle-Zélande, samedi à Cardiff, offre de nombreux duels sur et en dehors du terrain. Jusqu'au coup d'envoi du match, la rédaction vous propose les principales oppositions à suivre. Aujourd'hui, c'est la confrontation des ouvreurs entre Frédéric Michalak et Dan Carter.

Voir le duel Frédéric Michalak - Dan Carter en vidéo: 


Frédéric Michalak

Ses qualités et ses défauts

Pur produit de la formation toulousaine, Frédéric Michalak est considéré comme un stakhanoviste, un gros travailleur qui ne cesse d’enchaîner les gammes face aux perches. Car l’ouvreur du XV de France a toujours eu l’obsession de la perfection. Son arrivée à Toulon aux côtés de Jonny Wilkinson n’a d’ailleurs rien changé à l’affaire, bien au contraire. Mais le numéro 10 du RCT n’est pas seulement qu’une fine gâchette (ndlr : Il est devenu lors de la Coupe du Monde le meilleur réalisateur de l’histoire du XV de France), c’est aussi un joueur capable de fulgurances dans le jeu. De ses pieds et de ses mains peuvent souvent sortir du génie  C’est malheureusement dans la régularité que le bât blesse. Après avoir ouvert l’appétit des supporters du XV de France, Michalak est devenu une idole à seulement 20 ans. Une médiatisation qui a pesé trop lourd sur ses épaules. Deux graves blessures en 2006 et 2010 lui ont forgé son caractère de battant, tout autant que ses deux séjours en Afrique du Sud où il avait besoin de se retrouver comme un joueur « anonyme » au milieu des autres. « Il a ce coup d'œil qui lui permet de jouer sur toute la largeur du terrain, alors qu'il se contentait d'un périmètre de 5-6 mètres auparavant, comme un torero », analysait Bernard Laporte il y a peu. « Il a une vista exceptionnelle et voit tout de suite si le type en face est lent à la course », a renchérit PSA qui l’a relancé en équipe de France. On le critique souvent pour ne pas être assez décisif avec les Bleus lors des matchs couperets. Voilà une occasion parfaite de contredire les sceptiques.

Son histoire avec le XV de France

Tout commence en 2001 avec les moins de 19 ans. Une place de vice-champion du monde (ndlr : finale perdue face… aux Blacks) au Chili et le XV de France lui ouvre ses bras. Le 10 novembre, le gamin est appelé par Bernard Laporte. Une entrée en jeu face à l’Afrique du Sud puis une semaine plus tard, sa première titularisation contre l’Australie et sa première pénalité en Bleus. En 2003, il est installé comme numéro 10 du XV de France pour la Coupe du Monde en Australie. Il explose aux yeux du grand public avec des prestations ahurissantes en poules (26 points contre les Fidji, 24 contre le Japon et 28 face à l’Ecosse). En demi-finale, il tombe sur un os nommé Wilkinson qui lui donne la leçon. La France tombe de haut, Michalak avec. Suivent deux Grand Chelem dans le Tournoi en 2004 et 2006. La Coupe du Monde 2007 lui offre un nouveau moment de gloire quand, entré en jeu à la 68eme minute du quart de finale face aux Blacks, il envoie Yannick Jauzion dans l’en-but pour un nouvel exploit retentissant. Une grave blessure en 2010 (rupture des ligaments croisés) lui coupe les ailes. Il revient en 2012 pour une tournée en Argentine où il débute remplaçant avant de mettre tout le monde d’accord et de retrouver une place de cadre. 2013 est une nouvelle année galère avec une tournée cataclysmique en Nouvelle-Zélande et une deuxième blessure à l’épaule gauche. Le 22 août 2015, Frédéric Michalak inscrit 17 points face à l’Angleterre et rentre dans l’histoire du rugby français en devenant le meilleur réalisateur du XV de France.


Voir la passe exceptionnelle pour Fofana face au Canada: 



Sa Coupe du monde

Il commence la Coupe du monde en tant que titulaire lors de la victoire 32 à 10 face à l'Italie, offrant une passe décisive au pied à Rabah Slimani et inscrivant 19 points. Une entrée remarquée qui lui permet d’être mise au repos pour le match suivant face à la Roumanie. De nouveau sur le pré contre le Canada, Michalak se montre décisif dès le début de rencontre, offrant à Wesley Fofana un essai dès la quatrième minute grâce à une magnifique chistera . Quelques minutes plus tard, après une percée obtenue grâce à une feinte de passe croisée, il réalise un coup de pied par-dessus mais Fofana commet un en-avant dans l'en-but. Sa prestation offensive et défensive est saluée par la presse internationale. Au finale, il inscrit 14 points au pied  avec un 100% de réussite. Un total qui lui permet de devenir le meilleur marqueur de points français en Coupe du monde avec 136 unités, dépassant Thierry Lacroix. Hélas, face à l’Irlande, il est dépassé par les évènements à l’image d’une équipe de France qui ne fait que subir. Frédéric Michalak a besoin d’un pack qui avance pour briller. Ce ne sera pas une partie de plaisir face aux Blacks…



Dan Carter

Ses qualités et ses défauts

Par où commencer ? Son pied peut-être ? Même si ce serait réducteur pour le formidable joueur qu’est Dan Carter, on ne peut pas parler de l’ouvreur des All Blacks sans évoquer cette incroyable constance face aux perches. Il fait partie, avec l’Anglais Jonny Wilkinson et le Sud-Africain Percy Montgomery, des trois joueurs les plus précis de l’histoire du rugby dans cet exercice. Mais l’ancien joueur de Perpignan est aussi un formidable attaquant, capable d’aller jouer près des avants adverses et de faire jouer ses capacités athlétiques impressionnantes pour son gabarit. Sa formation comme trois-quarts centre lui offre une large palette de possibilité. Surtout, le futur joueur du Racing sait mettre du rythme et alterner le jeu pour devenir le dépositaire des attaques néo-zélandaises. C’est aussi un formidable défenseur et il n’est pas rare de le voir attaquer la ligne pour perforer la défense adverse ou faire jouer sa vitesse dans des zones restrictives. Vif, précis, agile et endurant, Dan Carter n’a pratiquement aucun défaut. Peut-être une fragilité physique qui lui a valu bon nombre de blessures dans sa carrière… 


Son histoire avec les All Blacks

Il porte sa première tunique noire en 2003 en tant que centre, son poste de formation. A l’époque, c’est Carlos Spencer le titulaire à l’ouverture chez les Blacks. Ses prestations, unanimement saluées, lui permettent de jouer la Coupe du Monde en Australie. Mais c’est en 2004 où il explose vraiment aux yeux du grand public, notamment lors d’une tournée en France et en Angleterre à l’automne. L’année suivante, il est logiquement élu meilleur joueur de la planète par l’IRB. Au fil des saisons, son influence sur le jeu de la Nouvelle-Zélande est décuplée. Avec 8 titres dans le Tri-Nations (ou Rugby Championship comme on l’appelle maintenant) et une Coupe du Monde en 2011 (ndlr : blessé, il ne jouera que les deux premiers matchs de poule), Dan Carter est l’un des joueurs les plus titrés de l’histoire. Mais il aura vécu des déceptions dans sa carrière en noir, notamment lors des Coupes du monde 2003 (3eme) ou 2007 (défaite en quarts de finale face à la France). Il remporte ensuite un nouveau titre de meilleur joueur de la planète en 2012 avant de devenir le meilleur réalisateur de l’histoire des All Blacks (ndlr : il en est aujourd’hui à 15552 points en 109 sélections !). Blessé régulièrement depuis plusieurs saisons, Dan Carter n’a plus le même rendement qu’auparavant mais il reste l’ouvreur numéro 1 des Blacks pour Steve Hansen qui l’a emmené en Angleterre malgré les réticences de la presse locale. Il a prouvé depuis le début de la compétition qu’il était encore l’homme de la situation.

Sa Coupe du monde

Référence planétaire au poste d’ouvreur, Dan Carter n’a pas d’équivalent. Depuis le début de la compétition, son pied gauche fait mouche. Alors oui, ce n’est pas le génial Dan Carter de 2005 ou 2012, mais c’est encore lui qui vient conclure avec précision les offensives de ses partenaires. Toujours lui et sa gueule d’ange qui oriente avec succès le jeu de la Nouvelle-Zélande. C’est moins spectaculaire certes, à l’image d’ailleurs du jeu des Blacks depuis le début de la compétition, mais si l’on compte bien, le numéro 10 a déjà inscrit 36 points en 3 matchs et 241 minutes de jeu (soit 1 point toutes les 7 minutes) et a offert trois essais à ses partenaires. 100% de réussite sur les pénalités et 75% sur les transformations, le chef d’orchestre répète ses gammes.


Revoir l'exploit du XV de France lors de la demi-finale du Mondial 1999.   


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