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Jeu moche, fascination et peur : France - Nouvelle Zélande, vue par la presse kiwi 

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Clerc Carter 2007
Par Thomas Audebert|Ecrit pour TF1|2015-10-14T11:00:31.122Z, mis à jour 2015-10-14T11:00:31.122Z

Les yeux rivés vers le match de samedi soir entre leurs Blacks et le XV de France, la presse néozélandaise cherche à se garder de tout excès de confiance. Oubliés les échecs (2007 en particulier), oubliées les victoires (2011), place à un nouveau match.

C'est le classique de la Coupe du monde. France-Nouvelle Zélande. Le match le plus joué de l'histoire de cette compétition. Pour la presse française, c'est un évènement, le match révélateur du véritable niveau des Bleus. Du côté du pays du long nuage blanc, on ne le voit que comme un match qui permettra aux Blacks de continuer leur route vers un doublé inédit dans l'histoire de la Coupe du monde. 


En attendant cette grande rencontre, revoyez en images la belle victoire des Bleus en 1999.


Un mot d'ordre dans la presse comme chez les joueurs : le passé, c'est le passé. Pas question de ressasser les bons souvenirs (la finale de 2011) ou les mauvais (élimination prématurée dès les quarts de finale en 2007). Seul compte la préparation pour aujourd'hui, quart de finale de la Coupe du monde 2015. Et chaque journal néo-zélandais a sa petite marotte pour patienter et préparer ce choc.


The NZ Herald, retrouver "le sentiment de peur"

Voilà qui peut paraitre surprenant et pourtant dans un article de ce mercredi, le journaliste Gregor Paul affirme haut et fort que le principal manque des Blacks est "un véritable sentiment de peur". Dans une poule, il est vrai plutôt facile (Argentine, Namibie, Georgie et Tonga), il rappelle que seul le premier match a été un peu disputé. Les Argentins ont gêné leurs adversaires pendant toute la première période. Menant jusqu'à l'heure de jeu, les Pumas ont provoqué le réveil des Blacks qui ont terminé en trombe. "La pression du résultat leur a permis de donner le meilleur d'eux même. Le talent des Pumas leur ont permis de donner le meilleur d'eux mêmes." écrit-il. C'est l'apanage des grandes équipes, se donner à fond quand l'enjeu compte vraiment. "Les Blacks aiment être poussés dans leurs retranchements. être les plus grands, les meilleurs. Ils aiment lorsqu'il n'y a plus nulle part où se cacher, ces instants où les erreurs se payent au prix fort. Dans ces rencontres, où ils connaissent la signification de la défaite, ils arrivent à trouver cette force mentale, la réflexion et la sérénité pour rester concentrés sur leur objectif et rien d'autre." Finalement, Bleus ou pas Bleus, peu importe. Ce qui compte vraiment pour ces Néo Zélandais, c'est de retrouver ce qui les rend indestructibles.


Stuff.co.nz, un jeu à améliorer

Ils ont beau être considéré comme la meilleur équipe du monde, tous les 4 ans, cela n'empêche pas la presse de faire la fine bouche à propos du jeu des coéquipiers de Richie McCaw. Pour Stuff.co.nz, il y a au moins 5 éléments du jeu à revoir pour s'assurer une place en demi-finale. D'abord, la mêlée. Bien que chahutée par le XV du trèfle, cela reste un des points forts des Bleus, ce que les Blacks ont bien compris. Comme la plupart des nations du Sud, ce n'est pas un secteur de jeu primordial pour eux, mais face à la France, il faudra tenir debout. Ensuite, la 3ème ligne. Pourtant constituée de trois des meilleurs du monde (Richie McCaw, Jerome Kaino et Kieran Ried), elle a un peu déçu en phase de poules. Conscient de leur avantage dans ce secteur, Stuff encourage son trio magique à plus d'efficacité.

Ensuite, le jeu au pied des deux côtés du terrain. La presse souligne trop de pénalités concédées pendant ce premier tour. Spedding, Parra ou Michalak pourraient se régaler en cas d'erreurs répétées. Et de l'autre côté Dan Carter est attendu au somment de son efficacité : "Ce sont ces matchs où chaque point compte". On ne les contredira pas.

Enfin, pour gagner les Blacks devront démarrer pied au plancher. "Les démarrages trop lent et les erreurs de débutants seront punies par de meilleures équipes, celles qui sont encore dans la course". Vu comme ça, il y a toujours de l'espoir chez nos Bleus.


3.New, ne pas répéter le jeu moche

Voilà un axe intéressant. Se rappelant les polémiques qui ont suivi la finale de 2011, ce journal redonne la parole aux joueurs qui ne souhaitent pas revivre un match "filthy" autrement dit "sale, mauvais". Pour Kieran Read, le troisième ligne kiwi, "Ce match, c'est une super affiche and nous voulons montrer l'ensemble de nos qualités. Donc nous jouerons du mieux possible et dans le respect de chacun, autant que nous le pourrons". Une belle déclaration d'amour au jeu même s'il n'oublie pas les fondamentaux, "Si les équipes commencent à jouer sale, et bien il faudra s'adapter et répondre."

Radio NewZealand News, la passion française pour les Blacks

C'est sans doute l'article le plus intéressant, car le plus personnel. Comment cette rencontre passionne tout à la fois, les amateurs de rugby, les suiveurs ou les journalistes. Alex Coogan Reeves, raconte les coulisses de cette Coupe du monde, et explique comment la presse française suit assidûment les Blacks. "Quand les journalistes anglais n'ont fait que des apparitions sporadiques aux conférences de presse de la Nouvelle Zélande, il y a toujours eu au moins un journaliste français présent à chacune d'elle depuis le début du tournoi." Racontant son dialogue avec un journaliste de l'Equipe, il nous ramène à la complexité de ces matchs, entre une équipe de France "constante dans l'inconstance" et une équipe néo zélandaise parfois trop parfaite pour se jouer de l'imprévisibilité bleue. Une fascination réciproque entre ces deux grandes nations du rugby qui appelle à une belle rencontre, ce samedi.