Joe Schmidt, le trèfle à quatre feuilles de l'Irlande 

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Par Nicolas SBARRA|Ecrit pour TF1|2015-10-08T15:00:11.497Z, mis à jour 2015-10-08T15:00:11.497Z

Joe Schmidt, qui dirige l’Irlande d’une main de fer dans un gant de velours, a fait passer un véritable cap au XV du Trèfle depuis 2013. Les Français ont raison de se méfier.

Lorsque Joe Schmidt est arrivé au chevet de l’Irlande en juillet, la sélection pointait à la huitième place du classement mondial. Elle restait sur une piètre cinquième place lors du tournoi des 6 Nations. Après un peu de plus de deux ans, le technicien néo-zélandais a transfiguré son équipe, en premier lieu au niveau des résultats. Son bilan parle pour lui.

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Si les Irlandais sont cinquièmes du dernier publié ce lundi, ils étaient à la deuxième place au 31 août. Seuls les All Blacks les devançaient. Cela est le fruit de résultats réguliers, qui ont rendu logique sa prolongation de contrat jusqu’en 2017 en juillet dernier. Avec Joe Schmidt, l’Irlande a gagné 19 matchs, pour 6 six défaites. Un ratio de 75% de succès remarquable lorsque les meilleures nations mondiales sont affrontées à longueur d’année. Dans cette Coupe du Monde, c’est pour l’instant du 3/3.

Avant de rencontrer les Bleus ce dimanche, Joe Schmidt peut se targuer d’avoir remporté ses deux affrontements avec la France, lors des Tournois des 6 Nations en 2014 (22-20) et 2015 (18-11). Mais il a surtout ajouté, les deux années, la compétition à son palmarès. Pour la deuxième fois de l’histoire du XV du Trèfle seulement, un doublé a été réussi. Schmidt n’est pas passé si loin du Grand Chelem à chaque fois, ne subissant qu’une défaite contre l’Angleterre en 2014 (13-10) et une défaite contre le Pays de Galles en 2015 (23-16).

Un « cerveau du rugby »

Joe Schmidt a fait adopter à son équipe un plan de jeu, mais il n’est pas axé les avants ou sur les trois-quarts en particulier. Pour Benjamin Kayser, « il parvient à faire cohabiter le jeu d'arrière du Leinster avec la puissance et les petits tas réalisés par le Munster ». Le Leinster qu’il a entraîné de 2010 à 2013, avec deux titres de champion d’Europe (2011 et 2012) et une victoire en Ligue Celtique et en Challenge européen (2013). Wesley Fofana sent « clairement la patte de Joe dans le jeu de mouvement des Irlandais ».

Les Irlandais proposent désormais un jeu à plusieurs dimensions. « Dans le rugby moderne, il y a beaucoup de gars costauds sur un terrain qui n'est pas si gros que ça. C'est pour ça qu'il faut, en attaque, être capable de se faire des passes, de porter le ballon mais aussi d'utiliser le pied. Il faut être intelligent pour user en alternance de ces trois formes du jeu », expliquait-il récemment. Ce « cerveau du rugby », comme le qualifiait cette semaine son talonneur Sean Cronin, n’a rien inventé, mais a créé une alchimie. Le XV du Trèfle est une mécanique de précision, est réglé comme du papier à musique.

Le résumé vidéo du match de l'Irlande contre la Roumanie

Le perfectionnisme à son paroxysme

L’exigence de Schmidt y est pour beaucoup. « Il aime que tout soit parfait », dit à son sujet Wesley Fofana. A l’image de plusieurs joueurs de l’équipe de France qui l’ont connu à Clermont en tant qu’entraîneur des lignes arrières (2007-2010), avec un Bouclier de Brennus à la clé, il est bien placé pour parler de cet « entraîneur très exigeant qui aime la précision, la vitesse et la fluidité dans le jeu ». Morgan Parra le qualifie de « très professionnel et très dur ». « Pour le satisfaire, il faut énormément donner de ta personne », ajoute Fofana.

Pour faire passer la pilule auprès de ses joueurs, Schmidt se place en véritable guide. Morgan Parra ne cache pas qu’il « est aussi très attachant en dehors. Il a un gros relationnel avec les joueurs. » Avec les médias, il n’est également pas rare de le voir longuement s’expliquer. Quelles que soient les circonstances, il va au bout des choses. Et cette exigence s’applique aussi à lui-même. « Joe passait des heures à visionner les matches de nos adversaires. Il regardait le moindre lancement, la moindre approximation, il n'y a pas de raison qu'il ait changé. Il est très pointilleux. S'il aperçoit une faille dans notre système, il faut être certain qu'il va mettre en place un lancement de jeu pour l'exploiter », ajoute Parra. Que les Bleus ne se voilent pas la face, les Irlandais seront très bien préparés pour les affronter.