Le Top 5 des étrangers du XV de France 

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Benazzi : 'J'ai aplati sur la ligne'
Par Nicolas SBARRA|Ecrit pour TF1|2015-10-15T16:45:34.391Z, mis à jour 2015-10-15T16:45:34.391Z

A l’instar du Néo-Zélandais Uini Atonio, plusieurs joueurs du XV de France sont des étrangers. Dans l’histoire des Bleus, ils sont 19 à ne pas être nés dans l’Hexagone. Si ce phénomène a pris de l’ampleur depuis les années 1990, il est apparu dès le début du XXe siècle.

Pour porter le maillot du XV de France, il ne faut pas nécessairement être de nationalité française. Evoluer pour un club de l’Hexagone depuis au moins trois mois et n’avoir jamais joué avec la sélection de son pays d’origine, ou avoir des parents français, cela permet à un étranger de prétendre aux Bleus. Les différents sélectionneurs tricolores ne se sont pas privés d’exploiter ces points de règlement. Nous avons retenu cinq joueurs qui ont été concernés.

Allan Henry Muhr

Pays de naissance : Etats-Unis

Sélections : 3 (1906-1907)

Avec l’Anglais William Crichton, l’Américain Alla Mahur a disputé le premier match officiel de l’histoire du XV de France, le 1er janvier 1906 contre la Nouvelle-Zélande. Celui qui était surnommé le Sioux a totalisé trois capes chez les Bleus, pour deux essais, dont le premier d’un Français en Angleterre en 1907. Le deuxième ligne ou troisième ligne a évolué en club au Stade Français puis au Racing Club de France, étant sacré deux fois champion de France.

Muhr n’a pas seulement joué pour l’équipe de France. Il a aussi été le sélectionneur des Bleus de 1911 à 1919. Et ce surdoué du sport n’a pas pratiqué que le rugby. Il s’est également illustré en tennis, étant capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis en 1912, 1922 et 1923. Il a participé aux premiers pas des célèbres Mousquetaires et n’est autre que celui qui a offert une valise en crocodile à René Lacoste. Vous connaissez la suite.

Abdelatif Benazzi

Pays de naissance : Maroc

Sélections : 78 (1990-2001)

Il est l’étranger du XV de France le plus emblématique, le plus célèbre. Mais il est aussi celui qui n’aurait pas dû porter le maillot bleu. Le règlement stipule qu’un joueur ne doit pas avoir été sélectionné avec son pays d’origine. Benazzi a pourtant été dans ce cas en 1990, avec le Maroc. Cela n’a pas manqué de créer une polémique, mais ne l’a pas empêché de marquer l’histoire des Bleus. Celui qui est arrivé en France en 1988, à Cahors, a honoré 78 capes. La première du troisième ligne n’est pas vraiment mémorable. Contre l’Australie en 1990, il a été expulsé après seulement 13 minutes.

Mais la suite a été bien plus brillante pour le joueur d’Agen. Benazzi a joué pas moins de trois Coupes du monde, en 1991, 1995 et 1999. Lors de la deuxième, il pensait avoir qualifié les Bleus pour la finale, a « aplati sur la ligne » selon ses dires. Mais l’essai ne lui a pas été accordé contre les Boks. En 1999, il a atteint en battant la Nouvelle-Zélande cette finale, perdue face aux Australiens. Benazzi a tout de même pu ajouter à son palmarès un Grand Chelem dans le Tournoi des 6 Nations, en 1997. Il était alors le capitaine du XV de France depuis un an. Il a endossé ce rôle jusqu’en 2001, quittant la scène internationale après le Tournoi. C’était quelques mois avant de rejoindre les Saracens, où il a terminé sa carrière en club. Benazzi est aujourd’hui manager général de Montpellier.

Revoir la demi-finale du Mondial 1995 avec Abdelatif Benazzi qui échoue à quelques centimètres de la ligne d'essai: 


Pieter De Villiers

Pays de naissance : Afrique du Sud

Sélections : 70 (1999-2007)

Pieter De Villiers a lui participé à deux Coupes du monde. Le Sud-Africain de naissance était présent en 1999, quelques semaines seulement après sa première sélection chez les Bleus. Ses deuxième, troisième et quatrième capes sont le quart-de-finale, la demi-finale et la finale. Il était de la victoire face aux Blacks en demie. Le pilier droit est ensuite devenu un incontournable du XV de France, avec pas moins de 70 sélections. Absent pour une blessure à une épaule en 2003, il a disputé la Coupe du monde 2007.

Deux Grands Chelems dans le Tournoi (2002 et 2004) sont aussi à mettre à l’actif de celui qui a été naturalisé français en 2002. Arrivé dans l’Hexagone en 1995, il est resté 13 ans au Stade Français, avec cinq Brennus à la clé. A la retraite depuis 2008, De Villiers fait partie du staff de l’Afrique du Sud lors de cette Coupe du monde.

Tony Marsh

Pays de naissance : Nouvelle-Zélande

Sélections : 21 (2001-2004)

La Coupe du monde manquée par De Villiers en 2003 a été celle disputée par Tony Marsh, utilisé à six reprises en Australie. Un an avant, le natif de Nouvelle-Zélande était du Grand Chelem de la France lors du 6 Nations 2002, honorant six autres de ses 21 sélections. Le trois-quart centre a été international français de novembre 2001 à 2004.

Marsh est arrivé en France en 1998, alors qu’il était âgé de 26 ans. Son palmarès avec Clermont a été garni par deux victoires dans le Challenge Européen (1999 et 2007). Mais Marsh a surtout le regret d’avoir connu trois défaites en finales de Top 14 avec le club auvergnat, dont une lors de sa première saison et une lors de la dernière.


Brian Liebenberg

Pays de naissance : Afrique du Sud

Sélections : 12 (2003-2005)

La carrière en équipe de France de Brian Liebenberg a en partie coïncidé avec celle de Tony Marsh. Le Sud-Africain a lui aussi joué la Coupe du monde en 2003, avec un statut moins solide et trois apparitions. Mais le trois-quart centre alors âgé de 24 ans n’était international que depuis quelques semaines, ayant découvert les Bleus durant la préparation. Dans le tournoi des 6 Nations, le Grand Chelem qu’il a lui décroché date de 2004.

Le passage chez les Bleus de Liebenberg s’est achevé lors du Tournoi 2005, après 12 sélections. Il a été bien plus court que celui au Stade Français, dont il a porté les couleurs de 2002 à 2011. D’abord passé par Grenoble durant deux ans, à partir de 2000, le natif de Benoni, comme Bryan Habana, a été trois fois champion de France.