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La victoire australienne vue de Nouvelle-Zélande 

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Par Thomas Audebert|Ecrit pour TF1|2015-10-26T11:04:30.720Z, mis à jour 2015-10-26T11:04:32.006Z

Depuis leur canapé, les Blacks ont pu admirer la démonstration des Wallabies face aux Pumas argentins (victoire 15-29). Ce lundi matin, la presse néo zélandaise étudie l'escouade de Michael Cheika.

Ce sera une première, tout du moins en finale. Après s'être rencontrés en demi-finale en 1991, 2003 et 2011, Aussies et Blacks vont en découdre samedi 31 octobre pour devenir la première équipe triple championne du monde de rugby à XV. Si les hommes de Steve Hansen ont eu beaucoup de mal à se débarrasser de robustes sud-africains (victoire 20-18), les Wallabies ont déroulé contre l'Argentine (victoire 15-29). Au chaud, en attendant de connaitre l'identité de leur futur adversaire, les Néo-Zélandais et leurs médias sont tous tournés vers cette équipe australienne, à moins d'une semaine du grand jour.

Retrouvez la belle victoire australienne en vidéo.


Le New Zealand Herald, ce lundi matin, est obsédé par les Australiens, bien plus que par leur propre équipe. Les Wallabies ont soufflé le chaud et le froid dans cette Coupe du monde, entre un premier tour très assuré, un quart de finale remporté de justesse (avec une petite aide de l'arbitrage) et une demi-finale où ils ont démontré toutes leurs qualités. Gregor Paul un des principaux auteurs de NZH, s'attache d'ailleurs à rappeler que les Australiens ne sont pas n'importe qui pour les Blacks. " Se motiver ne devrait pas être compliqué pour les Blacks cette semaine, une finale de Coupe du monde se suffit à elle même a fortiori contre l'Australie qui est - au moins au rugby - le petit frère de la Nouvelle Zélande." Les présentations sont faites.


Se souvenir d'où l'on vient

C'est un point qui revient lorsque les médias néozélandais évoquent le beau parcours australien. Le souvenir d'une équipe moribonde, il y a moins d'un an. 3ème du Rugby Championship 2014, (2 courtes victoires contre l'Afrique du Sud et l'Argentine, la première défaite de son histoire face à ces mêmes Pumas et surtout un 51-20 infligé par les Blacks), les Wallabies étaient loin, très loin d'envisager une belle performance à la Coupe du monde 2015. Et Michael Cheika arriva. En l'espace d'un an, il a remis les Aussies dans le droit chemin, obtenant la victoire dans le Rugby Championship 2015 et amenant ses joueurs jusqu'en finale pour la première fois depuis 2003. Gregor Paul ne dit pas le contraire. "Ils (les Australiens) ne sont plus ceux qu'ils étaient, il y a 8 mois. La majorité des problèmes qu'ils rencontraient ont été réglés. Ils jouent désormais avec ce désir d'être le plus investi possible dans tout ce qu'ils font. Ils ont appris à aimer être des "Wallabies" et leurs ambitions se sont décuplées pour rendre tout le peuple australien fier d'eux."

Le même journal, immédiatement après la demi-finale Australie-Argentine, listait les 5 bonnes raisons d'avoir peur avant la finale. La première de ces bonnes raisons : Michael Cheika, le sélectionneur des Wallabies, l'homme qui sait d'où vient son équipe et jusqu'où elle peut aller.


Pocock-Hooper, la paire infernale

Les Blacks ont bâti leurs succès récents sur le talent et les performances de leur 3ème ligne. McCaw, Kaino et Read ont été particulièrement performants, il y a 4 ans dans le jeu au sol pour offrir leur deuxième titre de champion du monde aux Kiwis. La presse néozélandaise ne le sait que trop bien et les performance de David Pocock et Michael Hooper ne cessent de les effrayer. Pour l'éditorialiste Chris Rattue, Pocock n'est ni plus ni moins que "l'homme de la compétition pour le moment" devant Dan Carter, l'ouvreur kiwi. Oubliés, les trois essais de l'ailier Adam Ashley Cooper, "Il est le meilleur voleur de ballons dans les rucks que le rugby ait vu. Il couvre tellement de terrain, il sait où aller et comment agir. Une fois qu'il s'est emparé du ballon, ses adversaires sont comme des enfants affrontant un sumo. Pocock continuera a récupérer ses ballons contre les All Blacks parce qu'on ne peut pas le stopper. Mais, il faudra qu'il soit à son meilleur niveau."

Quant à Hooper, vice-capitaine de cette équipe et complément parfait de Pocock, il est tout aussi redouté que son compatriote, avec lequel il forme une autre bonne raison de se méfier des Australiens.


Point trop de pessimisme

Mais, il ne faut pas trop s'en faire pour les Blacks. L'amélioration générale des Wallabies et leur récente victoire dans le Rugby Championship ne va pas pousser les hommes de Steve Hansen à faire preuve de trop de prudence. Sur cette Coupe du monde, ils ont globalement montré leur supériorité et les bookmakers les gardent pour favori de la compétition. Et du côté de la presse, on ne prend pas trop peur non plus. Même Gregor Paul qui reconnait les grandes qualités rugbystiques australiennes, garde confiance : "Il y a toutes les raisons pour les Blacks d'être attentifs et respectueux d'une équipe qui possède le jeu pour les défaire mais tout autant, il y a toutes les raisons pour eux d'exploiter certaines faiblesses australiennes pour remporter la victoire."