France - Nouvelle Zélande: Le XV de France doit-il craindre Nigel Owens ? 

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Par Yoann Palej|Ecrit pour TF1|2015-10-14T10:00:07.736Z, mis à jour 2015-10-14T10:00:07.736Z

Désigné arbitre du quart de finale entre le XV de France et les All Blacks, samedi à Cardiff, Nigel Owens va retrouver les Bleus une semaine après avoir officié lors de la défaite face à l’Irlande. Vraiment inquiétant pour les hommes de Philippe Saint-André ?

Samedi, le Millennium Stadium de Cardiff n’aura d’yeux que pour lui. Et l'on ne parle pas de Dan Carter, ni de Frédéric Michalak. Non, la star de ce quart de finale de la Coupe du Monde entre la France et la Nouvelle-Zélande, ce sera bien Nigel Owens. L’arbitre gallois évoluera une nouvelle fois dans « son jardin » (ndlr : un jardin qu’il ne foulera que pour la deuxième fois pour un match international) et c’est encore l’équipe de France qu’il dirigera. Alors bonne ou mauvaise nouvelle pour PSA ? Le débat est ouvert. Car oui, c’est bien lui qui n’a pas vu le mauvais geste de Sean O’Brien sur Pascal Papé lors de France-Irlande dimanche dernier (ndlr : le troisième ligne du XV du Trèfle a été suspendu une « petite » semaine pour avoir donné un coup de poing à son homologue français). Mais l’erreur est humaine et M.Owens fait partie de ceux-là. Sans la vidéo à l’issue de la rencontre, personne ne l’aurait vu. Pour le reste, on peut souligner sa bonne prestation. Si les Français se sont inclinés, ils ne le doivent qu’à leur médiocrité, mais surtout à l’adversité irlandaise d’un niveau remarquable.


Hogg et le sermon en mondovision

Pour la plupart des spécialistes, l’arbitre gallois est l’un des meilleurs au monde. Pour d’autres, son intransigeance va parfois dans le sens contraire du jeu. Finalement, cela tombe plutôt bien pour des Bleus qui ont, pour partie pris, d’empêcher l’adversaire de jouer plutôt que d’imposer leurs propres systèmes. Il faudra encore une fois faire preuve de discipline dans les rucks avec cette fois-ci, un soutien digne de ce nom sur les regroupements. Pour mémoire, Nigel Owens est certainement l’arbitre le plus connu des « Frenchies » avec Craig Joubert, devenu l’espace d’une soirée l’ennemi numéro 1 du pays après la finale perdue du Mondial 2011 face à la Nouvelle-Zélande (8-7). Mais le Gallois n’a rien à voir avec le Sud-Africain. Ses prises de parole pendant les rencontres ont fait l’objet de « best of » qui tournent en boucle sur le net. Son franc-parler et son humour ne sont plus à démontrer, ce qui ne l’empêche pas d’affirmer son autorité sur le pré. Bien au contraire. Personne n’a oublié comment il a remis à sa place l’arrière écossais, Stuart Hogg, après que ce dernier ait largement simulé une blessure suite à un plaquage du Sud-Africain Tendai Mtawarira lors du premier tour. Un sermon en mondovision qui a fait beaucoup sourire au sein de la planète ovalie.


Touché mais pas coulé

En somme, le Gallois n’est pas homme à se faire marcher dessus. Et ce n’est pas son « coming out » en 2007 qui a changé la donne. En révélant son homosexualité dans son autobiographie intitulée Half time, l’arbitre de 44 ans a non seulement voulu secouer ce milieu - qualifié « d’effrayant pour les Gay » par Gareth Thomas, ancien capitaine du pays de Galles et lui aussi homosexuel - mais aussi jouer franc jeu avec son environnement professionnel. Et depuis, cela n’a rien changé à son efficacité sur les terrains. Alors oui, les quolibets, les noms d’oiseaux et même les insultes homophobes l’ont depuis touché (ndlr : en 2014 lors d’un Angleterre-Nouvelle-Zélande à Twickenham, le Gallois avait été insulté par des supporters anglais) mais il n’a jamais coulé. Et surtout, cela ne l’a pas dévié de son objectif numéro 1 : devenir le meilleur arbitre au monde. Pour sa dernière Coupe du Monde, Nigel Owens est proche d’y arriver. Les Bleus aimeraient beaucoup féliciter le Gallois à l’issue de la rencontre. Avec le sourire aux lèvres évidemment…