XV de France : Que faire pour cette équipe ? 

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Equipe de France rugby
Par Loris BELIN|Ecrit pour TF1|2015-10-25T16:53:51.081Z, mis à jour 2015-10-25T16:58:44.736Z

Télérugby recevait ce dimanche Didier Retière, Directeur Technique National du rugby français. L’occasion de revenir sur les maux de l’équipe de France et sur des ébauches de solutions.


« L’équipe de France est la chose la plus importante du rugby français. Tout doit être fait pour qu’elle soit performante. » : Cela tombe sous le sens mais il est vrai que l’on peut se demander si tout a vraiment été mis en œuvre pour aider l’équipe de France. Que ce soit par un Top 14 usant, surtout si il est accompagné d’une coupe d’Europe ou la préparation surtout axée sur le physique plus que sur le jeu. L’équipe de France est l’étendard du rugby français, sa vitrine et ce qui doit rester sa fierté. 


 « Philippe Saint-André était à priori l’homme de la situation. Ce n’était pas seulement l’entrainement, c’était les joueurs, l’environnement. » : Une équipe n’est pas l’affaire d’un seul homme, c’est évident. Toutefois, Philippe Saint-André n’a pas su mettre en place une équipe cohérente et compétitive durant tout son mandat. Le cycle PSA semblait devoir prendre fin. 

« On a trop attendu la rébellion qui n’est jamais venue. On attendait des joueurs qu’ils aillent jusqu’au bout d’eux-mêmes et on est restés sur notre faim. » Les joueurs de leur côté n’ont pas su se sublimer et ont semblé incapables de se prendre eux-mêmes en main s’ils considéraient le système de jeu inefficace. Au lieu de refaire les fondations, tout le monde n’a cherché qu’à changer les tuiles brisées du toit. Il est temps de revoir les plans. 


 « On avait une équipe parmi les plus âgées de la Coupe du monde (15% ont moins de 25 ans). Pour la même moyenne d’âge, les Blacks ont 16 sélections de plus en moyenne par joueur. » : C’était un des principaux problèmes du groupe français. Combien de fois avons-nous eu l’impression de faire du neuf avec du vieux ? L’exemple type est bien sûr Frédéric Michalak (33 ans), promu titulaire deux semaines avant la compétition après trois saisons tronquées par les blessures. Résultat : une sortie prématurée sur blessure en quart de finale. La jeune garde n’a été que très peu présente, Saint-André utilisant plus de 70 joueurs dont la grande majorité était des anciens revenant en sélection. Le manque de place (et de prise de risques) laissée à la jeunesse fut rédhibitoire quand il fallait faire preuve de folie et de fraîcheur. 

 « Il faut partir quasiment d’une page blanche. Réformer le Top 14 ? C’est une possibilité. » : Le temps de la révolution est arrivé et cette page blanche est déjà le signe d’un début de prise de conscience. La fédération doit travailler main dans la main avec la ligue nationale de rugby pour trouver le bon mélange entre un championnat compétitif et suffisamment intéressant pour l’équipe nationale en terme de niveau des joueurs français et en terme de calendrier pour permettre au XV de France de se travailler dans les meilleures conditions. 

« Des décisions qui vont mettre du temps. » : C’est très probablement une des conditions qui doit être la plus respectée. La France n’est plus une Top nation, c’est acquis. Il faut désormais faire preuve de patience puisque de toute façon, les résultats pourront difficilement être plus mauvais. Laissons le temps à Guy Noves de faire ses choix et des erreurs. Laissons le temps au système d’être changé et amélioré en profondeur, mettre un pansement sur une hémorragie ne ferait que laisser l’équipe de France encore plus exsangue. Il faut désormais prendre son temps et reconstruire pierre par pierre, quitte à ne plus être performant dans les prochains mois. 


 « 40% de joueurs étrangers sur les feuilles de match du Top 14, c’est un des problèmes. Nos jeunes joueurs ne peuvent apprendre en regardant jouer d’anciens internationaux jouer à leur place. » : Oui, le Top 14 est un des tout meilleurs championnats au monde, la preuve avec le palmarès de la coupe d’Europe (ex H-Cup) squatté par les équipes françaises. Mais c’est en grande partie grâce à la présence d’excellents joueurs internationaux plus sur la fin de carrière que sur le début. Rares sont les jeunes joueurs des centres de formation vraiment lancés dans le bain. Peut-être est-il temps d’instaurer de quotas plus stricts dans les effectifs entre les joueurs étrangers et les jeunes du cru formés.