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XV de France – Philippe Saint-André : quatre ans pour rien 

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Par Loris BELIN|Ecrit pour TF1|2015-10-18T15:08:41.671Z, mis à jour 2015-10-18T15:29:28.046Z

Le sélectionneur de l’équipe de France cristallise les critiques au lendemain de la débâcle contre la Nouvelle-Zélande. « PSA » ne restera pas dans les annales et laisse derrière lui un chantier monstre.

On a pourtant voulu y croire, entretenir l’espoir d’un regain fou. Combien d’entre nous y ont cru avant le coup d’envoi hier soir ? Une heure et demie plus tard, les mines sont déconfites. 62-13, un score aux allures de massacre, de charnier à ciel ouvert à Cardiff. Philippe Saint-André s’exprime sous les sifflets nourris après la rencontre : « J’assume énormément de responsabilités… mais on est à notre place. » C’est vrai, Saint-André a raison. Et il y est pour beaucoup. 


Le pire bilan de l’histoire 

On ne peut aller à l’encontre des statistiques. Celles de Philippe Saint-André sont accablantes. «PSA» est le premier sélectionneur français de l’histoire à terminer son contrat avec plus de défaites que de victoires (20 succès en 45 rencontres). Un chiffre qui fait froid dans le dos pour une équipe pourtant vice-championne du monde il y a quatre ans. Ses 47% de victoires sont à comparer avec les 60% de Lièvremont ou les 61% de Laporte, ses prédécesseurs contre qui les critiques s’étaient aussi levées. Dans les compétitions majeures, l’impression de régression du XV de France sous l’ère PSA est encore plus marquante. Cette défaite en quart de finale de la Coupe du Monde est le pire résultat des Bleus depuis 1991, surtout avec une telle manière. Durant le Tournoi des 6 nations, le bilan est catastrophique : trois quatrièmes places et même la cuillère de bois en 2013, une humiliation. Contre les gros, l’Equipe de France est incapable depuis quatre ans de produire de bons résultats. Ecarquillez bien les yeux : aucune victoire contre la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, l’Irlande ou le Pays de Galles. Les derniers matchs probants remontent à … la tournée d’automne 2012. Cela commence à faire loin.

Le French Flair a définitivement disparu


Les mauvais résultats peuvent toujours être atténués par un jeu flamboyant. Dans le cas de PSA, on en est loin. Le jeu français s’appuie sur la force physique, les contacts le long de la ligne d’avantage et le grattage de points sur les coups de pied. Pour le sexy, on repassera. La stratégie d’entrainement s’appuie plus sur le physique que sur le jeu et cela se ressent. Le jeu à la main est faiblard au possible, les arrières sans inspiration. Saint-André vit et meurt avec ses convictions, celle d’être sur le toit du monde par la force physique et la domination dans le combat. Conséquence : 1,77 essai de moyenne par match, un chiffre plus qu’insuffisant pour faire fructifier la marque. La France aura souvent été soporifique, au mieux inintéressante ces dernières années. 

Pas d’éclosion de talent 

Un bon sélectionneur est aussi celui qui parvient à faire mûrir des jeunes pousses prometteuses. Créer une équipe multigénérationnelle où les anciens font grandir les nouveaux, un défi qui jusque-là n’avait jamais posé trop de problèmes pour le XV de France. Aujourd’hui, l’équipe est complètement en chantier. De nombreux cadres qui vont mettre fin à leur carrière internationale (Michalak, Papé, Dusautoir ?). Les nouvelles pépites bleues ont bien du mal à briller à l’image de Fofana, Nakaitaci, Slimani ou Dulin, auteurs d’une Coupe du Monde tout au plus moyenne. Contrairement à la majorité des grandes équipes, l’équipe de France ne s’appuie sur aucun « gamin » de moins de 25 ans, seul Fickou étant dans ce cas mais il ne joue que rarement. Un nouveau groupe est à construire, ce que Saint-André n’est pas parvenu à faire en quatre ans. On souhaite bien du courage à Guy Noves pour prendre une pareille suite.