XV de France : Pourquoi Saint-André a choisi Grosso ? 

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Remy Grosso - XV de France
Par Yoann Palej|Ecrit pour TF1|2015-09-30T09:56:50.426Z, mis à jour 2015-09-30T12:59:00.209Z

Titularisé par Philippe Saint-André pour le match face au Canada, Rémy Grosso va vivre sa première sélection au sein du XV de France. Un choix autant stratégique que technique.

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Philippe Saint-André n’aime pas prendre des risques, on l’a maintes fois vu par le passé. Cette fois-ci, en appelant Rémy Grosso après le forfait de Yoann Huget, il en a pris un. Calculé certes mais qui n’en reste pas moins un. Pourquoi ? D’abord parce que l’ailier de Castres n’a pas d’expérience internationale à XV, donc pas encore d’automatismes avec ses coéquipiers. Mais aussi parce que l’intéressé n’a pas participé aux deux mois de préparation et se retrouve donc "en décalage" par rapport au reste du groupe. Pourtant, il a bien été choisi pour ses qualités athlétiques. 1m88 et plus de 100kg sur la balance, Rémy Grosso a le prototype même du « gros bébé » qui peut faire des dégâts dans les lignes adverses. Sa puissance et son art du raffut ont d’ailleurs déjà été remarqués avec le maillot de l’équipe de France… à VII cet été. Deux étapes du circuit européen disputées, onze essais marqués et une qualification pour les JO de Rio en 2016 en poche : on peut parler d’une réussite.


Aligné pour contrer DTH Van Der Merwe

C’est d’ailleurs son profil qui a séduit le staff des Bleus. Pour défier le Canada, Philippe Saint-André l’a choisi, lui, pour deux raisons : le récompenser de son investissement depuis son arrivée dans le groupe  – « Pour lui, c’est une aventure exceptionnelle, a souligné Saint-André. Il y a quelques semaines il n’aurait jamais pensé à faire une Coupe du monde. Là, il est titulaire. Qu’il se prépare sans trop de pression et qu’il joue le match avec ses qualités. » - et contrer le danger numéro 1 des « Canucks », DTH Van Der Merwe. L’ailier des Scarlets a impressionné en marquant déjà deux essais lors des matchs du Canada face à l’Irlande et l’Italie. 18 essais en sélection et 3 Coupes du Monde au compteur, cela vous classe le bonhomme. Explosif et fougueux, le Canadien avait fait souffrir Leonardo Sarto qui est loin d’être un enfant de chœur. Il faudra donc un Rémy Grosso au sommet de sa forme.


Le souvenir de Galthié en 1999

Cela tombe bien, le Castrais affiche des qualités indéniables à l’entraînement. Il n’a pas tardé à se mettre tout le monde dans la poche. Mais cela ne date pas d’aujourd’hui. PSA a toujours eu un œil sur ce joueur formé à Lyon sous la houlette de son frère, Raphaël. «  A une époque, j’ai même voulu le recruter à Toulon, reconnaissait Philippe Saint-André il y a quelques jours sur RMC. Il est en pleine progression et si on avait pu prendre un ailier de plus, c’aurait été lui. Il sent la ligne et peut briser un premier rideau. Il marque des essais et cela ne s’achète pas au supermarché. » Un profil rare et plus complet que Sofiane Guitoune. Le joueur de l’UBB ne semble pas avoir marqué des points malgré un doublé face à la Roumanie. Ses oublis défensifs semblent rédhibitoires pour le niveau international. PSA s’est donc orienté vers un profil plus défensif. Et son arrivée tardive est peut-être une chance. Souvenez-vous de l’exemple de Fabien Galthié en 1999. Appelé sur le tard, le demi de mêlée international était devenu l’un des héros de l’épopée du XV de France. On lui souhaite la même réussite…


en savoir plus : Denis Brogniart, Christian Jeanpierre