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XV de France : trois changements pour un exploit ? 

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Par Nicolas SBARRA|Ecrit pour TF1|2015-10-15T13:42:58.656Z, mis à jour 2015-10-15T13:43:03.948Z

Philippe Saint-André et le staff de l'équipe de France ont titularisé trois nouveaux joueurs par rapport à la rencontre face à l'Irlande : Bernard Le Roux, Morgan Parra et Alexandre Dumoulin. Trois changements pour transfigurer les Bleus contre les All Blacks samedi soir.

Philippe Saint-André veut une réaction de ses joueurs pour le quart de finale contre la Nouvelle-Zélande samedi, six jours après la défaite contre l’Irlande. Pour donner un nouveau souffle à son groupe, le sélectionneur du XV de France a opéré trois changements parmi ses titulaires. Exit Damien Chouly, Sébastien Tillous-Borde et Mathieu Bastareaud. Place à Bernard Le Roux, Morgan Parra et Alexandre Dumoulin. La présence des deux premiers dès le coup d’envoi était attendue voire souhaitée face aux Irlandais, elle intervient pour la première rencontre couperet de cette Coupe du Monde.

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Le Roux, au cœur du combat

Philippe Saint-André s’attend à un « combat énorme », à une « intensité extrême » face aux Blacks. La titularisation de Bernard Le Roux apparaît comme une façon de répondre à ce défi physique. PSA attend de son numéro 7 « qu’il avance à l’impact et qu’il soit le premier joueur présent pour nettoyer rapidement ». Il veut que Le Roux soit « très fort dans les zones de ruck, ce n’était pas le cas la semaine dernière », avec Damien Chouly notamment. Le Racingman est aussi un gros plaqueur, aux quatre coins du terrain. Son énorme activité a pu être observée contre la Roumanie, où il évoluait comme deuxième ligne. Le Roux a réalisé 11 plaquages, une statistique de troisième ligne. Contre le Canada, il a affiché le même total, en 67 minutes de jeu.

Avec ce changement, la troisième ligne de PSA est sur le papier moins complémentaire. Le sélectionneur des Bleus a régulièrement expliqué qu’il s’appuyait sur un trio composé d’un plaqueur, d’un perforateur et d’un coureur. Le troisième profil n’est plus représenté avec le passage sur le banc du Damien Chouly. Le Clermontois était également le capitaine de touche. Sans lui, une redistribution des rôles va être opérée. Saint-André a d’ores et déjà précisé que « Pascal Papé annoncera les touches offensives et Yoann Maestri commandera les contres ».


Parra et son leadership

La charnière ne sera plus composée par deux Toulonnais. Morgan Parra a cette fois été préféré à Sébastien Tillous-Borde à la mêée. Pour la première fois depuis le 16 mars 2013, contre l’Ecosse lors du Tournoi (23-16), le Clermontois est associé à Frédéric Michalak. Ce « gros compétiteur » fait « depuis le début une belle Coupe du Monde » pour son sélectionneur. PSA compte sur « le leadership qu’il est capable d’avoir avec les avants ». En manque de patrons sur le terrain, le staff tricolore sait qu’il peut s’appuyer sur l’expérience de Parra (65 sélections depuis 2008), capable d’endosser ce rôle de leader.

Le joueur de bientôt 27 ans est là pour mettre de l’ordre dans la maison bleue, apparaît désorganisée et sans ligne directrice lorsqu’elle avait le ballon contre l’Irlande. « On n’a pas su assez conserver le ballon, on a été trop attentistes », a regretté PSA. Parra devra amener de la vitesse pour exploiter les turnovers néo-zélandais, une des meilleures chances de marquer pour la France samedi soir. Son jeu au pied est par ailleurs une qualité intéressante pour les Bleus. Pour suppléer Michalak en cas de faillite au but, mais surtout pour le soulager dans le jeu et occuper le terrain. Sébastien Tillous-Borde n’est même pas sur le banc pour cette même raison. Rory Kockott est là parce que le XV de France « a besoin d’un buteur en fin de match ».


Bastareaud plutôt en « impact-player »

Le troisième changement était moins attendu depuis le début de la Coupe du Monde mais s’est dessiné ces derniers jours, depuis la défaite lors du dernier match de poule, où Mathieu Bastareaud s’est trouvé « nul ». Le Toulonnais passe sur le banc et cède le numéro 13 à Alexandre Dumoulin. Le joueur du Racing « a de grosses capacités à faire vivre le ballon, se déplace bien et défend très bien » selon Saint-André. Le sélectionneur français lance un trois-quart qu’il tient en haute estime, qu’il aurait souhaité davantage installer, sans les blessures qui ont handicapé celui-ci depuis sa première cape en novembre 2014. Mathieu Bastareaud, « capable d’être un très bon impact-player », sera utilisé en cours de jeu.

Là où Philippe Saint-André n’a rien changé pour ce quart de finale, c’est sur les ailes. Bice Dulin est maintenu à un poste qu’il n’affectionne pourtant pas vraiment. Contre l’Irlande, il était là pour contrer le jeu au pied très aiguisé du XV du Trèfle, pour être sous les ballons hauts. Sa titularisation face à la Nouvelle-Zélande s’explique plus difficilement. Il aura fort à faire, notamment en défense. Ce sera également le cas de Noa Nakaitaci à gauche. Le Fidjien a été défendu par PSA en conférence de presse : « Noa n’a pas fait un mauvais match contre l’Irlande, il a eu très peu de ballons, c’est à l’équipe de lui en offrir plus. Sur un ballon il est capable de faire un exploit, il est capable de faire vivre le ballon, de créer des incertitudes ». Rémy Grosso, qui apparaissait comme une solution en compagnie de Sofiane Guitoune, n’est pas sur le feuille de match. « Il n’a pas pu faire la préparation comme les autres joueurs, même s’il est en pleine forme et que c’est un vrai finisseur, il commence à être en difficulté au bout de 60 minutes », a expliqué son coach.


Un banc sans deuxième ligne

Il n’y a pas que dans le XV de départ que le staff des Bleus a décidé de changer des choses. L’identité des remplaçants est également différente. « On n’était pas content de notre banc, qui n’a pas apporté une plus-value contre l’Irlande », a déclaré Saint-André, qui en a notamment sorti Benjamin Kayser. Dimitri Szarzewski, qui pourrait jouer son dernier match international, a été préféré. Très peu utilisé depuis le début de cette Coupe du Monde, il a les crocs et représente un véritable leader dans le groupe. Le principal enseignement sur le banc est l’absence d’un deuxième ligne, qui était jusque-là Alexandre Flanquart. Yannick Nyanga y apparaît, il « est capable de nous amener un punch exceptionnel ». Saint-André a pris « ceux qu’on pense les plus frais et les plus compétiteurs possibles, tout en sachant que Le Roux peut jouer deuxième ligne et que Chouly peut y finir 15 minutes ». En espérant qu'une blessure de Papé ou Maestri n'intervienne pas rapidement.