Barcella : "Une énorme claque"

Barcella : "Une énorme claque"
En s'inclinant face aux Tonga samedi (14-19), les Bleus ont surpris et déçu beaucoup de monde. Le pilier Fabien Barcella ne nie pas qu'il s'agit d'un gros coup dur pour l'équipe. Mais, à l'aube du quart face à l'Angleterre, le Biarrot veut croire que le groupe est assez fort pour se sublimer.

Cette défaite est-elle une claque pour l'équipe de France ?


Fabien BARCELLA : Oui, c'est une énorme claque. On peut retourner le problème dans tous les sens, on a quand même perdu contre les Tonga. Heureusement qu'ils ont dû mal lire le règlement : s'ils avaient joué en touche au lieu de tenter les pénalités, on serait passé pas loin de la catastrophe, c'est certain.


Que s'est-il passé ?


F.B. : Je ne sais pas (il hésite). Cette défaite, nous l'assumons mais c'est difficile de dire ce qui s'est passé. Ça ne sert à rien de chercher des explications de toute façon. On a été nul, du 1 au 22. C'était le scénario catastrophe. Les Tonguiens nous ont transpercés, nous ont mis de longs temps de jeu dans la gueule, en parlant poliment... C'est le genre de match dont on ne peut tirer aucune leçon. Nous prenons un coup derrière la tête. La seule satisfaction, c'est la qualification et l'espoir qu'on peut encore être champions du monde. On va garder le sourire malgré tout, boire quelques bières ensemble et advienne que pourra. Il ne faut plus chercher à calculer et aller de l'avant, même si c'est une énorme claque malgré tout.


Y a-t-il un sentiment de honte ?


F.B. : Bien sûr qu'il y en a un, vis à vis des nombreux supporters qui sont venus jusqu'ici nous apporter leur soutien. L'équipe de France leur a offert un spectacle pitoyable. Mais il faut toujours positiver, même si ce n'est pas évident ce soir. Il faut espérer qu'il y ait une rébellion collective contre les Anglais. Ça tombe bien qu'on tombe contre eux. Il existe une rivalité historique entre nous qui fait que nous pourrons nous sublimer sur ce match. Il faudra faire un grand match le week-end prochain et tout est dans la tête maintenant. Si on commence à gamberger, on est dans l'avion la semaine prochaine. Malgré tout, gardons le sourire. Il y a des équipes plus malheureuses que nous qui sont éliminées.


Physiquement, l'équipe de France a subi alors que de nombreux Tonguiens évoluent en Fédérale. Comment l'expliquez-vous ?


F.B. : Attention, la Fédérale n'est pas si mauvaise. Pour y avoir joué, c'est aussi un sacré niveau. Il faut être honnête : quand on n'y est pas dans la tête, on peut "se faire bouger" par des joueurs de Fédérale. On n'y était pas collectivement et c'est arrivé au plus mauvais moment. Je ne sais pas pourquoi. Le groupe avait pourtant effectué une bonne semaine de préparation, avec beaucoup de concentration et de motivation. Et puis il faut aussi rendre hommage à ces Tonguiens, qui ont, comme les Samoans, fait preuve d'une régularité qui nous a beaucoup surpris.


Ce groupe, qui a connu de nombreuses défaites marquantes, a-t-il assez de caractère pour qu'une rébellion collective ait lieu ?


F.B. : Je le pense. Nous ferons le point samedi prochain après le match. Pour l'instant, c'est difficile de dire si une rébellion va avoir lieu. En quatre ans, cette équipe a connu plus de trous noirs que de véritables exploits. Mais elle a réussi à gagner en Nouvelle-Zélande il y a deux ans et a failli faire le doublé à Wellington. Juste après, elle a pris cinquante points contre les All Blacks à Marseille... Nous sommes l'équipe des paradoxes mais nous savons tous que nous sommes capables de nous sublimer. C'est ce qu'il faudra faire pour battre les Anglais.


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