Bleus : interrogations irlandaises

Bleus : interrogations irlandaises
Entre les attentes personnelles et la nécessité d'avancer collectivement, l'annonce imminente de la liste des trente et le besoin de victoire pour cette dernière sortie avant le Mondial, quel sera véritablement l'enjeu du deuxième match de préparation des Bleus samedi à Dublin ?

C'est un problème à plusieurs équations. Et les réponses pourraient être multiples à l'occasion de cette dernière interrogation avant l'examen final, le 10 septembre face au Japon. Les Bleus ont avant tout besoin de (se) rassurer ce samedi, mais les facteurs de risques sont nombreux. Décryptage.


. Faut-il s'attendre à un meilleur match qu'à Bordeaux ?


La question se pose pour plusieurs raisons. La première vient du fait que l'équipe a été complètement modifiée. Treize changements ont été effectués et il est difficile d'imaginer que ce XV de départ apportera beaucoup plus de réponses en termes de jeu que son prédécesseur. D'autant qu'il faudra veiller à ce que les objectifs personnels de chaque joueur ne freinent pas le rendement collectif de l'équipe. Ensuite, la tenue du match en Irlande, face à des adversaires qui auront retrouvé tous leurs cadres, promet l'enfer aux Tricolores. Surtout que les hommes de Declan Kidney seront revanchards. "Ils ont perdu leurs deux premiers matchs alors ils auront envie de se racheter, confirme Julien Bonnaire. Ils vont mettre plus d'agressivité dans leur match et notamment dans leur entame." Il sera donc compliqué de les cueillir à froid comme samedi dernier. "Ce sera plus dur mais c'est une challenge excitant", résume Maxime Médard. Malgré tout cela, Marc Lièvremont attend quand même une amélioration : "Même s'il ne s'agira pas de la même équipe, le groupe compte une semaine de travail en plus alors j'espère qu'il va progresser et tenir compte des manquements de samedi dernier", a-t-il prévenu.


. Qui joue gros ?


Le sélectionneur l'a confirmé cette semaine : ceux qui ont débuté la rencontre à Bordeaux "ont placé la barre très haut". Auteurs d'une première demi-heure "très intéressante", ils ont laissé entrevoir de grandes possibilités et imposé une intensité "tout simplement jamais vue" selon les statistiques du staff tricolore. Alors tous les titulaires de ce week-end savent qu'ils jouent gros. Mais certains d'entre eux seront particulièrement attendus. Rougerie, d'abord, qui fait son retour au centre seulement trois mois et demi après son opération d'une cheville. Il devra donner des assurances quant à son état de forme. Même combat pour Ouedraogo, victime d'une fracture d'une main en mai dernier, et pour Barcella, qui n'a pas joué depuis un an et qui s'est à nouveau blessé à il y a quinze jours. Pour Parra, Heymans et Picamoles, il s'agira de prouver qu'ils peuvent être numéros un à leurs postes respectifs. La bonne prestation de Yachvili à Chaban-Delmas met la pression sur le Clermontois tandis qu'Heymans a une carte à jouer à l'arrière et que l'ancien Montpelliérain est en concurrence directe avec Lakafia pour le poste de troisième ligne centre. Poux, enfin, voudra confirmer après sa très bonne rentrée du week-end dernier. Une place dans l'avion pour la Nouvelle-Zélande pourrait être en jeu...


. Quelle incidence sur la liste des 30 ?


A priori, il n'y en aura pas. C'est ce qu'a affirmé Marc Lièvremont vendredi : "Sauf blessure demain, ce match n'influera pas sur mon choix", a indiqué le sélectionneur, qui donnera sa liste définitive pour la Coupe du monde dimanche à 10 heures, heure française. Deux joueurs qui ont pris part à l'ensemble de la préparation seront alors éjectés. Un "crève-coeur" pour l'encadrement, qui réfléchirait, selon Midi Olympique, à ne pas ôter deux piliers de sa liste, mais plutôt un pilier et un troisième ligne. Dans ce cas de figure, on peut penser que Ouedraogo et Picamoles seront particulièrement observés à Dublin. Même chose pour Poux et Barcella si deux piliers venaient à être sacrifiés. Marconnet, qui a été nommé 23e homme, ne pourra pas défendre ses chances à l'Aviva Stadium, de même que Domingo toujours convalescent après son opération d'un genou. Pas facile à gérer : "C'est dur, on est tout le temps sous tension, témoigne Poux. Si ça se passe bien ce week-end, ce sera un grand pas de fait. Mais il ne faut pas se poser 36 000 questions et faire au mieux parce que la vérité se trouve sur le terrain. Il y en a qui doivent partir, c'est la règle du jeu. Mais si c'est mon cas, je peux vous dire qu'il sera très dur de rentrer et de se concentrer sur le Top 14." Dernière chance de briller ce samedi pour ceux qui voudraient faire changer d'avis le sélectionneur...


Vidéos associées

News associées