Les Bleus en souffrance

Les Bleus en souffrance
Une semaine après son arrivée à Marcoussis, le groupe France est toujours dans la première phase de sa préparation, axée sur un gros travail physique. Sous une chaleur de plomb et dès 7 heures le matin, les joueurs enchaînent les exercices jusqu'à la fin de la journée. Le prix de l'excellence ?

Au CNR, "on n'est pas là pour faire de la trottinette". C'est Maxime Médard qui le dit et c'est bien vrai. S'ils veulent mettre toutes les chances de leur côté pour cette Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, les Bleus ne doivent laisser aucun détail au hasard, à commencer par la préparation physique. Alors à 7 heures, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il fasse une chaleur écrasante (ce qui est le cas ces derniers jours à Marcoussis), ils sont sur le pont chaque matin. En petits groupes, les joueurs se relaient sur les différents ateliers. Musculation, travail physique, étirements, exercices avec le ballon s'enchaînent. Le tout dans la douleur évidemment.


"Je m'attendais à ce que ce soit difficile, mais pas à ce point", reprend l'ailier ou arrière toulousain. Aucune lamentation toutefois dans ses propos. "Je n'ai jamais rien connu d'aussi dur mais c'est normal. Il faut savoir ce que l'on veut." Même son de cloche pour le Briviste Alexis Palisson : "Ce n'est pas loin d'être pire que ce que j'attendais (sourire) mais ce n'est jamais trop car il faut absolument aller au bout de nos capacités. Et puis, on s'occupe de tout pour nous ici alors on peut profiter de chaque minute disponible pour récupérer."


Aux efforts physiques s'est rajouté un protocole individuel de prévention mis en place par le kinésithérapeutes du CNR. Il s'agit de définir les "anomalies" et les "déséquilibres" de chacun pour, outre soigner les bobos, les prévenir. Du travail en plus, que les Français effectuent sans rechigner. "Moi je suis le plus mauvais pour les étirements alors il faut que je fasse tout des pieds à la tête, mais c'est cool, assure Médard. C'est, de toute façon, génial d'être là, quoi qu'on fasse."'


"En ch... ensemble, ça nous rapproche"


Cette préparation extrêmement exigeante n'est pas bénéfique qu'à titre individuel. Collectivement également, ses effets se font déjà sentir. "On en chie (sic) tous ensemble et ça nous rapproche un peu", témoigne le petit nouveau du groupe, le troisième ligne biarrot Raphaël Lakafia. Thierry Dusautoir ne dit pas le contraire : "Une bonne préparation permet de se connaître dans la douleur et de se donner de bonnes bases pour pouvoir aller très loin. Si tout le monde donne le meilleur de lui-même du début jusqu'à la fin, alors nous pourrons sérieusement penser au titre de champion du monde."


Jusque-là, le capitaine est satisfait du travail de ses coéquipiers. "Etre prêt pour rentrer dans le dur dès 7 heures du matin, c'est déjà une petite victoire en soi. Il ne faut pas lâcher. Tout le monde le fait, même ceux qui sont diminués. En tout cas, et c'est le plus important, l'état d'esprit du groupe est très bon. Tout le monde se donne à fond." Le sélectionneur Marc Lièvremont doit lui aussi apprécier l'implication de ses joueurs, lui qui s'était publiquement dit "déçu" du comportement de certains lors du dernier Tournoi des 6 Nations.


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