Coqs de combat

Coqs de combat
On y est. A 9h30, le XV de France croise le fer avec la perfide Albion pour une place en demi-finale de la Coupe du monde. Décevants en phase de poule, les Bleus veulent être au rendez-vous face à des Anglais donnés favoris. Ils ont, pour l'occasion, sorti les tenues de combat.

Pour se donner le droit de rêver encore dans cette Coupe du monde, "il va falloir mettre des coups de tronche" samedi face aux Anglais. C'est le deuxième ligne Lionel Nallet qui le dit : les Bleus, encore vexés de leur cuisante défaite face aux Tonga (14-19), veulent "sauver leur honneur". Ils ont "une revanche à prendre par rapport à tout le travail fourni depuis trois mois et demi," selon Vincent Clerc, qui assure que "cette équipe vaut mieux que ce qu'elle a montré".


Alors ça a été le branle-bas de combat cette semaine. Les Bleus "se sont parlé", les cadres ont été appelés à enfin tenir leur rang et les entraînements se sont faits plus heurtés. Selon leurs dires, les Français se sont "resserrés", ont "arrêté de se poser des questions" et se sont "reconcentrés sur les bases" pour être capables de rivaliser.


Concrètement, cela signifie qu'on devrait assister à un gros combat samedi. Les Bleus en ont fait leur priorité. Les Anglais aussi d'ailleurs, Martin Johnson ayant titularisé un XV de départ très puissant et placé cinq avants sur le banc. " Je ne suis pas sûr que ce soit un match de génies mais ça va être un gros combat !, prévient le talonneur William Servat. On sait à quoi s'attendre. Si on met les bons ingrédients devant, le jeu viendra tout seul ensuite. Face aux Tonga, on s'était trompé dans l'engagement. On ne se trompera pas une deuxième fois".


"Des actes après les paroles"


Humiliés le week-end dernier, les Français sont piqués au vif. Et c'est souvent au pied du mur qu'ils explosent de talent. "Dans le passé, le rugby français a montré que les joueurs avaient besoin d'un électrochoc pour donner le meilleur, rappelle le sélectionneur Marc Lièvremont. J'ai vu de bons comportements cette semaine mais j'attends des actes après les paroles."


Quoi de mieux pour cela que rencontrer leurs ennemis jurés, ces satanés Anglais qui les avaient éliminés en demi-finale lors des deux derniers Mondiaux? "Je les ai encore en travers de la gorge..., assure Imanol Harinordoquy, qui retrouvera une place de titulaire en numéro 8. L'Angleterre, c'est l'adversaire idéal pour nous. Ça ne me déplaît pas de les jouer, on va y aller avec la trouille et c'est le meilleur contexte pour nous."


Face aux Anglais, les Bleus seront placés face à leurs responsabilités. Ils joueront le match le plus important des quatre dernières années. "J'attends une réaction", conclut le capitaine Thierry Dusautoir. D'autant que ce sera peut-être le dernier match en bleu de Servat, Nallet, Poux ou Heymans... Eux, comme tous les Français, veulent continuer de rêver.


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