Elhorga : "Les Anglais étaient au-dessus"

Elhorga : "Les Anglais étaient au-dessus"
Notre site poursuit les rétrospectives des six Coupes du monde qui se sont tenues dans l'histoire du rugby. Place ce lundi à l'édition 2003. Alternant avec Nicolas Brusque au poste d'arrière, Pepito Elhorga a tout de même vécu un Mondial "merveilleux", grâce notamment au contexte de l'événement.

Échangeriez-vous votre participation au Mondial contre un bouclier de Brennus ?

Pepito ELHORGA : Je ne sais pas. C'est une question compliquée. Je ne pense pas, non. Le Mondial est vraiment quelque chose de fantastique. Pour un rugbyman professionnel, la première étape est de devenir international. Ensuite, lorsqu'on touche à cette compétition suprême, c'est le plus beau des aboutissements.


Parlez-nous du contexte australien de ce Mondial...


P.E. : Déjà, il faut prendre un Mondial dans sa globalité. C'est une aventure humaine de quatre mois, très difficile au départ avec la préparation physique. Il faut encaisser une charge de travail assez colossale ! Mais par la suite, c'est le plus beau des souvenirs. À l'arrivée en Australie, tout le monde était vraiment euphorique. Chaque soirée, chaque temps de repos était rempli d'une petite animation ou d'une sortie. Ce sont des moments merveilleux. Dans la rue, on s'est rendu compte de l'ampleur de l'événement. Il y avait partout des maillots de toutes les nations, les gens venaient discuter, prendre des photos. Le groupe vivait vraiment bien, et cet état d'esprit a encouragé les bonnes performances de l'équipe en phase de poules.


Même si vous n'étiez pas sur le terrain pour la demi-finale, pensez-vous que cette équipe d'Angleterre, qui vous élimine (24-7) avant de devenir championne du monde, était prenable ?


P.E. : Très sincèrement, sur ce match, il n'y a rien à dire. Les Anglais étaient au-dessus. Même s'ils avaient été assez critiqués au premier tour, ils ont prouvé par la suite que sur les grandes rencontres, ils étaient intouchables. Notamment grâce à la force de leur conquête, et à un Wilkinson vraiment impérial. Ce n'est pas grand chose, seulement les bases du rugby, mais ils les ont maîtrisées à merveille. Et puis, défensivement, c'était impressionnant. Avant le match, on pensait vraiment être plus proches du niveau des Anglais. Mais ces rencontres se jouent sur des détails. Ils avaient certainement mieux analysé notre jeu et au final, on n'a fait que se fracasser sur leur rideau défensif.


Dans le système pragmatique et assez strict prôné par Bernard Laporte, vous trouviez votre compte, vous qui êtes un joueur d'espace ?


P.E. : Nous n'étions pas non plus bridés ! Il est vrai, par contre, qu'on avait la consigne de ne pas sortir des schémas pré-établis. Chacun devait rester dans sa zone, ce qui peut être contraignant. Mais il y avait la possibilité de prendre quelques initiatives ! Du moment qu'elles restaient dans le cadre tactique imposé...


Au final, tirez-vous un bilan positif ou négatif de ce Mondial ?


P.E. : On finit quatrième, ce qui n'est pas si mal. Même si, à la vue des phases de poules, on espérait mieux. Personnellement, c'est par contre un souvenir merveilleux. La petite finale contre la Nouvelle-Zélande plus spécialement, même si au final le score est lourd (40-13). J'ai pu prendre des initiatives, marquer un essai et prendre vraiment beaucoup de plaisir sur ce match. Et puis jouer les All blacks en Coupe du monde, c'est quand même un moment magique.


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