Faugeron : "Assumer les initiatives"

Faugeron : "Assumer les initiatives"
La demi-finale de samedi entre la France et le pays de Galles sera l'occasion de voir évoluer deux lignes de trois-quarts aux styles diamétralement opposés. Didier Faugeron, l'ancien entraîneur du Stade français explique les forces et les faiblesses des deux lignes. Les Français devront oser.

Que pensez-vous de la ligne de trois-quarts galloise ?


Didier FAUGERON: Il est difficile de dissocier une ligne de trois-quarts des avants car il y en a toujours un ou deux qui viennent dans la ligne et qui ont de l'importance puisqu'ils servent de relais. Mais si l'on doit véritablement comparer ou du moins démontrer la force de cette ligne, je vais dire qu'elle est très équilibrée, puissante, explosive avec de grosses qualités de vitesse. Elle est capable d'évoluer contre n'importe quelle défense. On l'a vu contre l'Afrique du Sud où après avoir fait face à un rideau défensif très dense et très agressif, ils ont su manœuvrer devant une défense inversée.


Que pouvez-vous nous dire sur les individualités qui la composent ?


D. F. : Davies et Roberts sont deux centres puissants au même titre que North à l'aile. La complémentarité prend tout son sens avec Williams et Halfpenny qui peuvent se permettre d'être plus attentistes mais qui sont présents et disponibles aux quatre coin du terrain pour faire parler leurs qualités de vitesse. En ce qui concerne la charnière, Phillips est un neuvième avant car dès que le jeu est ralenti, il est capable d'avancer. De son côté, Priestland est capable de prendre le relais et le jeu à sa charge. Pour l'ensemble de sa gestion, c'est une bien belle trouvaille pour le rugby gallois.


Qu'en est-il de la ligne de trois-quarts des Français et comment devra-t-elle procéder pour contrer son homologue ?


D. F. : Nous n'avons pas été trop embêtés jusqu'à présent. Il me semble que Parra anime moins sa zone contrairement à Trinh-Duc qui amène plus d'incertitudes. Cela peut jouer dans le sens où les Gallois délaisseront peut-être un peu plus cette zone pour nous attendre sur la largeur. Mermoz est un créateur et s'il a des ballons, il arrivera forcément à faire quelque-chose. Rougerie a été changé de poste mais a essayé de faire jouer derrière lui. Il faudra que nous soyons capables de les priver de ballons. Les Gallois sont très forts quand ils l'ont car ils ne le rendent pas. Ils possèdent des centres forts du haut du corps capables de défier, franchir et faire jouer derrière eux une fois la défense adverse déstabilisée. Après, notre fond du terrain est performant avec Médard, Clerc et Palisson. Priestland aura tout intérêt à trouver les touches car s'il y a des relances... Je pense que le pays de Galles va vouloir comme a son habitude garder le ballon en première mi-temps en balayant le terrain dans sa largeur et dans le sens. Il faudra se montrer patients et efficaces pour ne pas se mettre à la faute. Après, si on va les affronter et qu'on ne fait pas la passe de plus comme eux savent le faire, ça va être très compliqué.


Il faudra donc prendre des risques en jouant dans la défense ?


D. F. : Je ne dirai pas que c'est une prise de risques mais plutôt une prise d'initiatives. Avec Mermoz et Rougerie, on en est capables d'autant que ce dernier essaye de plus en plus de passer le ballon après contact ou après un plaquage. Les Toulousains ont également l'habitude de le faire, ce n'est pas à eux que l'on va l'apprendre. Non, il faut vraiment que les Français assument leurs initiatives. Il faut s'attendre à perdre le ballon car cela ne peut pas tout le temps marcher. Il faut prendre exemple sur les Gallois qui ont une grosse capacité à se réorganiser défensivement quand cela ne fonctionne pas.

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