Les Gallois voient rouge

Les Gallois voient rouge
Le sélectionneur du pays de Galles Warren Gatland n'a pas hésité à dire que la victoire lui avait été "volée" après le carton rouge reçu à la 19e par Sam Warburton, lors de la courte défaite de son équipe face à la France en demi-finale de la Coupe du monde (8-9). La polémique est lancée.

Les joueurs de Warren Gatland auraient-ils gagné s'ils n'avaient pas joué à quatorze pendant une heure ? La question hantera le rugby gallois jusqu'à la fin des temps. Et compte tenu de la très courte défaite concédée face aux Bleus, les regrets ne sont pas près de s'estomper.


Le débat est maintenant de savoir si, oui ou non, la faute de Sam Warburton méritait un carton rouge. Si l'on s'en réfère aux règlements de l'IRB, la réponse est oui. Le règlement stipule en effet que la notion de plaquage cathédrale est retenue à partir du moment où "la ligne des épaules du plaqué passe en-dessous de la ligne de ses hanches". C'est le cas, comme le notait Marc Lièvremont à l'issue de la rencontre : "On peut regretter, pour une demi-finale de Coupe du Monde, qu'elle soit très déséquilibrée. Mais vous avez vu le plaquage comme moi : il s'agissait d'un plaquage appuyé qui peut être extrêmement dangereux. A mon sens, il y a carton rouge". La victime de ce plaquage illicite, Vincent Clerc, va dans le même sens : "J'ai eu peur et j'imaginais très bien qu'il allait prendre carton rouge. Cette sanction est logique selon moi."


Le Premier ministre s'en mêle


Ce n'est absolument pas l'avis des Gallois bien entendu. "Il l'a levé, cela vaut un carton jaune, mais il ne l'a pas accompagné au sol. Est-ce que cela signifie qu'à chaque fois où, sur un plaquage, un joueur est levé, il y a carton rouge ?", s'est interrogé le sélectionneur Warren Gatland, selon qui son équipe a été "volée" par Alain Rolland. "Je crois juste que c'est une réaction instinctive de sa part mais il aurait fallu qu'il demande la vidéo avant de prendre cette décision. Elle a détruit la demi-finale."


L'émotion est si grande au pays de Galles que même le Premier Ministre a réagi. Carwyn Jones, qui a regardé le match sur écran géant en direct d'Auckland avec plus de 60 000 fans dans le Millennium Stadium, a estimé qu'il s'agissait d'une "mauvaise décision. Cela a gâché le jeu", a-t-il ajouté. "Atterré" selon ses propres mots, Sam Warburton assurait pour sa part n'avoir eu "aucune mauvaise intention. J'ai juste fait ce que je pensais devoir faire et, avec l'élan, c'est devenu un plaquage dangereux." Le jeune capitaine de 23 ans s'en voudra probablement toute sa vie...


Le règlement appliqué pour la première fois


Les détracteurs de M. Rolland ne manqueront pas de noter qu'il avait déjà distribué un carton rouge décrié au Toulousain Florian Fritz pour la même faute en janvier dernier. Et que depuis le début de la Coupe du monde, de tels plaquages avaient "seulement" été sanctionnés d'un jaune (cf Fabrice Estebanez, coupable de ce méfait contre les Tonga mais suspendu trois matchs par un commission de discipline). Mais, aussi sévère que cela puisse paraître, le règlement a été appliqué correctement pour cette demi-finale. "Pour une fois, l'arbitre l'applique correctement, on ne va pas s'en plaindre, lâche le pilier de l'équipe de France Fabien Barcella. Mais c'est vrai que si ça avait été nous, on aurait crié au scandale..."

Vidéos associées

News associées