Kirwan : "Une juste récompense"

Kirwan : "Une juste récompense"
Après son échec pour 2011, le Japon a été désigné par l'IRB pour accueillir la Coupe du monde 2019. Pour John Kirwan, le sélectionneur des Cherry Blossoms, il s'agit d'une juste récompense mais aussi d'une décision majeure, qui permettra au rugby de se développer dans le monde entier.

Quel est votre sentiment après l'annonce de l'IRB de sélectionner le Japon pour l'organisation du Mondial 2019 ?


John KIRWAN: Je suis bien évidemment ravi. Le Japon se voit récompensé de tous les efforts qu'il avait entrepris ces dernières années. Pour moi, c'est un juste retour des choses. Une belle récompense. Un important signe d'ouverture. Cela montre que le Japon, avec ses quelques 120 000 licenciés, est désormais reconnu comme un grand pays de rugby. Cette victoire est le fruit du travail et de la persistance. La fédération nipponne a su se remettre en question et tirer les leçons de ses échecs précédents. Les dirigeants japonais ont montré beaucoup de caractère et n'ont jamais abandonné. Depuis la désillusion de 2005, ils ont beaucoup échangé avec les membres de l'IRB pour savoir ce qui avait cloché et ont travaillé comme des acharnés pour renforcer le dossier. Ils sont devenus encore plus professionnels. La récompense est logiquement au bout.


Mais au-delà du simple choix du Japon, cette décision historique est un signe fort envoyé au reste du continent asiatique...


J.K. : Tout à fait. Ce vote en faveur du Japon est en complète rupture avec le conservatisme ambiant du Board ces dernières années, avec l'idée que la pratique du rugby ne doit restée cantonnée qu'à certains pays. Cette décision est donc majeure pour le futur de notre sport. En choisissant le Japon, les dirigeants de l'IRB affichent clairement leur volonté de faire enfin du rugby une activité globale. Cette décision va avoir un effet boule de neige sur l'ensemble des pays asiatiques. L'Asie est très certainement à l'heure actuel le continent où le potentiel de croissance est le plus important. Dans des pays comme le Sri Lanka qui compte déjà 90 000 licenciés, mais aussi la Chine ou encore l'Indonésie, la pratique du rugby devrait sensiblement augmenter d'ici les dix prochaines années.


Que peut-vous rapporter d'un point de vue sportif cette décision ?


J.K. : Pour moi pas grand-chose car je suis sous contrat avec la fédération japonaise jusqu'en 2011. En 2019, je ne serai très certainement plus là. Par contre, c'est une excellente nouvelle pour l'équipe nationale car cela va lui permettre d'être davantage exposée et considérée. Il lui sera sûrement plus facile à l'avenir d'obtenir des matchs amicaux face aux grandes nations et donc de progresser. Pour leur Coupe du monde, les Cherry Blossoms se devront d'être à la hauteur de l'événement. Il leur faudra pouvoir au minimum disputer les quarts de finale. C'est pour cela que la date de 2019 me semble idéale. Organiser cet événement en 2015 aurait été un peu tôt pour pouvoir être réellement compétitif. Le Japon dispose désormais de dix ans pour continuer à produire de meilleurs athlètes et ainsi se hisser au niveau des pays majeurs. Grâce à la Coupe des nations du Pacifique que nous disputons depuis 2006, nous sommes aujourd'hui capables de battre une nation comme les Tonga et de faire égal avec les Fidji. Alors pourquoi pas en 2019 avec la France ou l'Australie ? Aujourd'hui, tous les espoirs nous sont permis.


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