L'Angleterre sur ses gardes

L'Angleterre sur ses gardes
C'est un vrai-faux huitième de finale auquel prendront part demain Anglais et Écossais. Ces derniers ont d'ailleurs bien moins à perdre que le seul champion du monde européen qui peut néanmoins s'appuyer sur un expérience certaine des grands rendez-vous. Sans pour autant négliger son adversaire.

Un parfum d'exotisme va flotter sur l'Eden Park d'Auckland, c'est indéniable. Cette 129e confrontation entre Anglais et Écossais sera en effet la première à se disputer hors de la Grande-Bretagne. Le dépaysement sera toutefois moins brutal qu'il n'y paraît, la pluie attendue rendant ce "derby" tout ce qu'il y a de plus britannique. Mais au-delà des froufrous, du contexte et autres statistiques, c'est bien d'honneur et de rugby dont il sera question.


D'honneur tout d'abord puisque le Mondial 2011 pourrait être le premier depuis sa création à ne pas voir les Écossais franchir la phase de poule. Aussi, les rivalités entre proches voisins ajoutées à l'enjeu vont pousser l'ensemble des acteurs à se transcender car il est toujours bien difficile d'accepter le fait de ne pas pouvoir dicter sa loi. Mais il sera également et surtout question de rugby car pour accéder aux quarts de finale et rêver de se rapprocher un peu plus de la plus haute marche, il faudra aller au terme de quatre-vingts minutes d'un combat que l'on promet âpre et intense.


Les Anglais ne sont pas si sereins qu'il n'y paraît


Le XV de la Rose partira forcément avec la faveur des pronostics, lui qui s'est déjà imposé à trois reprises dans cette Coupe du monde et qui reste sur une prestation plus que convaincante face à la Roumanie (67-3). Un large succès qu'il convient toutefois de nuancer, puisqu'il a été obtenu face à une formation de seconde zone. Car contre les Écossais, la tâche s'annonce bien plus ardue. Les coéquipiers de Moody garderont assurément en mémoire les deux dernières confrontations dans le Tournoi puisque le XV du Chardon avait accroché son homologue anglais à deux reprises : 15-15 à Edimbourg (2010) et une courte défaite (16-22) à Twickenham au printemps dernier. De quoi donner des cheveux blancs à Martin Johnson et ses troupes qui devront réapprendre à jouer en extérieur après trois sorties dans l'enceinte fermée de Dunedin.


Wilkinson confiait d'ailleurs "ne pas aimer jouer contre les Écossais". Et le mentor anglais d'avouer: "On joue notre vie sur ce match, eux comme nous." En effet, une victoire de l’Écosse sans bonus défensif anglais et un succès bonifié des Argentins contre la Géorgie renverraient les Anglais sur le continent européen bien plus tôt que prévu. Un scénario improbable mais qui a tout de même le mérite d'exister. "On ne les battra pas en les contournant, il faut porter le ballon et transpercer leur ligne", concède Andy Robinson. Le plan de jeu est donc tout sauf dissimulé: les Chardons piqueront dans l'axe ! Les Anglais sont prévenus.


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