"Les leaders avaient pris le relais"

"Les leaders avaient pris le relais"
De la veillée d’arme qui précéda la victoire de 1999 face aux All Blacks en demi-finale (43-31), Philippe Bernat-Salles retient des similitudes avec le groupe de l'équipe de France 2011. L'ancien ailier international souligne que le groupe de l'époque s'était émancipé du staff tricolore.

Comment s’était passée la semaine précédant votre exploit en demi-finale face aux Blacks ?


Phillipe BERNAT-SALLES: Bien. Notre prestation face à l’Argentine en quart de finale (victoire 47-26 à Dublin, ndlr.) nous avait apporté de la confiance après deux gros mois de préparation et un début de compétition pénible, soit un schéma similaire à celui d’aujourd’hui. Nous allions affronter les Blacks, ultra-favoris. La pression était énorme mais en même temps positive: on se disait que l’on ne risquait rien, nous n’avions rien à perdre. Personne ne nous voyait gagner. Nous avons abordé le match très concentrés et complètement libérés.


La phase de poule avait été plutôt laborieuse...


P.B.-S.: Oui, la qualification avait été compliquée, d’autant que quelques problèmes internes étaient venus miner le groupe. Malgré tout, nous avions terminé à la première place de notre poule et ce succès en quart de finale avait déclenché une prise de conscience.


Ces problèmes étaient d’ordre individuel ou témoignaient-ils d’une rupture avec le staff ?


P.B.-S.: Un peu des deux, comme cela arrive souvent. Mais cette équipe a prouvé qu’elle avait suffisamment de caractère pour s’interdire de craquer.


Comment, dans un tel contexte, conserver la dynamique créée par la victoire ?


P.B.-S.: Nous étions revenus sur toutes les choses positives vécues jusqu’alors, depuis la préparation jusqu’au quart de finale. Encore une fois, cela nous avait donné confiance. Ce week-end, le XV de France a ainsi retrouvé son agressivité et sa défense pour faire déjouer les Anglais. Il faut s’appuyer là-dessus.


Votre groupe s’était émancipé de son encadrement ?


P.B.-S.: Oui et c’est logique. A un moment donné, des leaders doivent prendre le relais, garder une distance raisonnable mais nécessaire avec le staff. En 1999, des joueurs comme Raphaël Ibanez, Fabien Galthié et Fabien Pelous ont su prendre leurs responsabilités. Ce fut des petites choses, comme la prise en charge des entraînements, des mots, justes, et vrais, qui nous ont mis sur les bons rails.


Avez-vous l’impression qu’aujourd’hui, des leaders de ce genre sont apparus au sein du XV de France ?


P.B.-S.: Oui. Ceux-ci ont pris la parole devant les médias et au sein de l’équipe après la défaite contre le Tonga. Quand on voit le résultat face à l’Angleterre on peut se dire que les joueurs ont réagi.Ce réveil s’est concrétisé.


Le statut d’outsider est décidément celui que préfère le XV de France ?


P.B.-S.: C’est vrai qu’il expliqua en partie notre succès en demi-finale. Mais je me souviens aussi d’un gros état d’esprit, de l’agressivité et une volonté farouche de ne pas lâcher. Maintenant les expériences de chacun ne sont pas transposables. Nous avons vécu quelque chose de formidable en 99, les Bleus ont aujourd’hui la possibilité de vivre une aventure exceptionnelle. A eux de le faire.


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