Lièvremont : "Ecrire leur propre histoire"

Lièvremont : "Ecrire leur propre histoire"
Marc Lièvremont est apparu soulagé dimanche matin après la victoire de son équipe en quart de finale contre l'Angleterre (19-12). Les Bleus ont ainsi égalé toutes les générations passées. Mais le sélectionneur veut surtout que ses hommes écrivent désormais leur propre histoire en Nouvelle-Zélande.

La semaine dernière, vous n'aviez pas apprécié le comportement de vos joueurs après la rencontre. Comment s'est passée la soirée samedi ?


Marc LIEVREMONT : Nous avons passé le début de la soirée ensemble. Les joueurs ont été sages, ils sont restés au pub à dix mètres du restaurant. Le match Irlande-pays de Galles était rentransmis alors c'était une soirée studieuse.


Le match contre les Tonga a-t-il été décisif dans leur performance face à l'Angleterre ?


M.L. : Je ne sais pas. Cette rencontre fait partie de l'aventure et elle a compté bien sûr. Je me souviens de mes mots avant le match contre la Nouvelle-Zélande : j'avais dit que l'idéal, pour préparer le quart de finale, serait de faire un bon match contre les All Blacks et un match dégueulasse contre les Tonga. Cela s'est produit. Mais l'histoire se répète en permanence : avant ce groupe, presque toutes les générations françaises avaient fait une performance comme celle-ci. C'est souvent arrivé dans l'histoire du rugby français.


Cette victoire permet-elle au groupe d'avoir la confiance qui lui manquait jusque-là ?


M.L. : Il ne faut pas passer d'un extrême à l'autre. Les débuts ont été difficiles. Il y a peut-être eu un déficit de confiance mais aussi une mauvaise perception de l'événement et des sacrifices qu'il induit. C'est sûrement un peu des deux... L'histoire se répète, je le redis. Quels que soient ses talents, l'équipe de France a toujours connu un échec après avoir remporté un match au forceps en ayant actionné les leviers que sont l'orgueil, la fierté et la colère. Alors j'ai envie de passer très vite ce quart de finale, je veux me projeter sur l'avenir et actionner encore ces leviers. J'ai dit aux joueurs qu'ils avaient rempli le contrat moral en égalant les générations passées mais il leur reste à écrire leur propre histoire.


Vous aviez demandé à vos joueurs de se prendre en mains après la défaite face aux Tonga. Qu'attendez-vous maintenant ?


M.L. : Qu'ils gagnent encore. Ils se sont pris en mains, comme je le souhaitais depuis un moment. Je leur ai demandé de continuer. J'ai revu le match et des leaders du groupe vont se réunir pour le débriefer en petit groupe et en parler collectivement, sans moi.


Vous étiez de la Coupe du monde 1999. Quels sont les pièges à éviter pour aller au bout cette fois ?


M.L. : Les pièges, ce serait de rester sur la satisfaction d'avoir gagné un match, de ne pas le digérer, de passer la semaine à se satisfaire des félicitations de nos proches. Ce serait aussi de vouloir satisfaire les média avec des comportements différents, ainsi que les agents, qui vont encore promettre monts et merveilles. Le risque, ce serait que les joueurs croient qu'ils sont de super bons joueurs de rugby alors qu'ils sont les mêmes qu'à Wellington. La seule différence, c'est qu'ils avaient "une grosse paire" en plus samedi.


Quelle impression vous ont fait les Gallois depuis le début de la compétition ?


M.L. : J'ai le sentiment qu'ils jouent le même rugby qu'il y a trois ans, lors de leur grand chelem, sauf qu'ils ont régénéré leur groupe avec des avants plus mobiles. Contre l'Irlande, ils ont plié sans jamais rompre. Leur première mi-temps a été assez impressionnante. Ils ont une très belle ligne de trois-quarts, complémentaire avec la vitesse et les appuis de joueurs comme Shane Williams ou Halfpenny et de très bons centre avec Roberts, qui est sans problème le meilleur à son poste dans cette compétition. Phillips est au mieux de sa forme, j'aime beaucoup leur troisième ligne et Charteris a un courage magnifique... Je suis assez impressionné parce qu'ils n'ont quasiment pas tourné pendant leurs matchs de poule et qu'ils sont sortis de la poule la plus dure justement. Ils méritaient de gagner contre l'Afrique du Sud, et après ça, ils ont puni les Samoans, les Fidjiens et les Namibiens. Les Gallois sont en pleine confiance et en pleine forme physique.


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