Lièvremont : "Il faut trancher maintenant"

Lièvremont : "Il faut trancher maintenant"
A quelques heures de l'annonce de sa composition pour le choc face aux All Blacks samedi à Auckland, Marc Lièvremont admet avoir encore quelques doutes. Mais le sélectionneur des Bleus, qui donnera son XV de départ ce lundi à 22 heures, affirme que le temps des choix est arrivé.

Après avoir revu le match à la vidéo dimanche soir, votre analyse a-t-elle changé ?


Marc LIEVREMONT : Non. Nous avons gagné avec un bel essai pour conclure et arracher le point de bonus offensif dans les arrêts de jeu mais, encore une fois, on s'est montré trop approximatif. Du coup, l'équipe est restée à la merci des Canadiens pendant une bonne heure de jeu. Il faudra faire mieux. Je n'ai pas encore débriefé le match avec les joueurs, j'attends de le faire ce soir (lundi, ndlr) et de leur en parler à eux avant de basculer sur le match de samedi.


La qualification pour les quarts étant quasiment acquise, y aura-t-il moins de pression cette semaine ?


M.L. : Non, ce sont quand même les Blacks que nous allons jouer ! Il y aura forcément une forme de pression. Et puis, la qualification n'est pas du tout assurée. Nous avons disputé seulement deux matchs et il en reste encore deux. Mathématiquement, tout est encore envisageable. Notre objectif étant de nous qualifier le plus vite possible, ce match face aux Néo-Zélandais constitue une priorité pour nous.


Souhaitez-vous vous qualifier comme premiers ou deuxièmes de la poule ?


M.L. : On veut se qualifier, c'est tout. Et pour cela, il faut gagner tous les matchs. Comment peut-on penser que nous allons préparer une rencontre face aux All Blacks en se disant qu'on va la lâcher ? Nous allons nous préparer de façon à rivaliser avec ces mecs qui constituent l'excellence du rugby mondial. Nous sommes très conscients de ce qui nous attend.


Compte tenu de l'adversaire, ce match est-il plus facile à préparer ?


M.L. : Ce sera très compliqué concernant la composition en tout cas. Il y a quelques jours, j'avais envisagé de la décaler au jeudi pour donner plus de temps aux joueurs, pour les laisser récupérer et faire le point sur les blessés. Mais la semaine sera courte, il y aura peu d'entraînements. Alors nous l'annoncerons mardi pour rentabiliser.


Allez-vous continuer à faire tourner ou êtes-vous tenté de resserrer le groupe ?


M.L. : Je suis partagé. Nous avons un groupe homogène et du choix à certains postes. Je ne suis toujours pas certain que les fautes techniques que nous avons pu commettre dimanche soient le fait d'un turn over trop conséquent lors des deux matchs. L'inconvénient quand on fait tourner, c'est qu'il n'y a pas suffisamment de joueurs majeurs qui se dégagent, mais l'avantage, c'est qu'il y a le sentiment d'une homogénéité en terme d'état d'esprit.


Les performances de certains joueurs ont-elles brouillé les cartes ?


M.L. : Je partais sur une composition d'équipe et la performance de certains brouille un peu ma réflexion en effet. Si vous voulez parler des demis de mêlée, ils sont tous les deux bons mais à la fois aussi approximatifs l'un que l'autre à certains moments. On les aime bien tous les deux et ils se sont bien préparés. D'un côté, il y a la justesse technique et tactique de Dimitri et de l'autre, la spontanéité de Morgan. Il faut trancher maintenant... Je pourrais aussi parler des deux numéros 8, sachant qu'Imanol peut aussi jouer à ce poste. Louis a été élu homme du match... Et puis il y a Julien Bonnaire qui a été excellent, comme très souvent. C'est certainement le meilleur joueur de rugby, en tout cas le plus complet, de mon groupe. Pour ce match, j'avais envisagé une troisième ligne adaptée aux Néo-Zélandais avec Dusautoir et Ouedraogo. Il faut réfléchir.


La victoire contre le Canada a-t-elle suffi pour aborder cette rencontre avec confiance ?


M.L. : Non, il ne faut pas s'en cacher. Nous avons tâtonné pendant une heure contre de Canadiens certes courageux et en place mais ces petites équipes nous ont posé trop de problèmes. On prend un essai casquette, on fait de fautes de mains... Tout ça ne respire pas la sérénité. Même si la semaine dernière a été compliquée avec les blessures de David (Skrela) et Nicolas (Mas), l'état d'esprit est très bon et j'ai envie de positiver. Mes joueurs se sont envoyés face au Canada. Après, j'avoue que je ne m'explique pas pourquoi ils connaissent autant de déchets sous les ballons hauts, dans les transmissions. J'ai trouvé que nous étions encore trop lents dans les rucks et que nous avions été pénalisés trop souvent.


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