Marconnet, l'adieu aux larmes

Marconnet, l'adieu aux larmes
Juste après l'annonce par Marc Lièvremont de la liste définitive des 30 joueurs retenus pour le Mondial, Sylvain Marconnet est venu parler à la presse. Le pilier tricolore, qui n'a pas été retenu pour le voyage en Nouvelle-Zélande, voulait dire au revoir. Et il l'a fait avec une immense classe.

Grosse émotion à l'hôtel Merrion de Dublin ce dimanche, où les Bleus ont séjourné durant leurs deux derniers jours en Irlande. Après la conférence de presse de Marc Lièvremont, Sylvain Marconnet (84 sélections) est venu dire un mot sur son éviction du groupe. Marqué, le pilier le plus capé du rugby français voulait faire ses adieux dans les règles de l'art. "Initialement, je n'avais pas prévu de venir vous parler. Mais vous m'avez accompagné toute cette année et n'avez jamais raconté trop de bêtises sur mon cas, je vous en remercie, a-t-il déclaré. Je voulais juste vous dire, comme je l'ai dit aux joueurs, que c'est une grande tristesse pour moi parce que cette Coupe du monde, c'était un rêve. Il y a quatre ans, j'avais dû renoncer au Mondial en raison d'une fracture. Quatre ans après, j'ai presque atteint mon but mais juste avant de prendre l'avion, j'ai pris à droite direction la maison et les autres ont pris à gauche direction la Nouvelle-Zélande."


Des trémolos dans la voix, le joueur de 35 ans a concédé qu'il avait terminé sa carrière internationale : "J'ai certainement joué mon dernier match avec les Bleus la semaine dernière et il me reste six mois avec le BO maintenant. C'était une grande fierté de porter ce maillot."


"Je lui en veux"


Très vite, il a souhaité bonne chance à ses coéquipiers, à qui il a fait un discours poignant samedi soir et qu'il a quitté ce dimanche matin avec le reste du groupe biarrot... et Marc Lièvremont dans l'avion qui le ramènera sur la côte basque : "Il y a un groupe de qualité pour cette Coupe du monde, qui est capable de faire de grandes choses. J'aurais aimé être avec eux le 23 au soir pour la finale, mais je serai devant ma télé... J'ai porté le maillot bleu pendant treize merveilleuses années. Mon histoire avec l'équipe de France a parfois été compliquée mais elle a été faite de grandes joies et de grands moments. Ça me manquera mais ça fait partie du sport."


Et quand un journaliste lui a demandé s'il en voulait à Marc Lièvremont, le joueur ne s'est pas échappé. Pas le genre : "Oui. L'un de mes plus grands entraîneurs, John Connolly, disait "la vie n'est pas toujours juste". J'ai le droit de penser que ce n'est pas juste mais je dois regarder devant. Marc a pris sa décision. Je suis content pour ceux qui partent. Des raisons m'ont été données. Je ne reviendrai pas là-dessus aujourd'hui mais plus tard dans la semaine avec certains d'entre eux. Ce n'est pas l'heure pour l'instant." Et Sylvain Marconnet, les yeux rougis, a quitté la salle de presse sous les applaudissements.


Retrouvez lundi dans Midi Olympique une analyse complète sur la liste des 30 joueurs français retenus pour la Coupe du monde...


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