Médard : "Je suis frustré"

Médard : "Je suis frustré"
Pour sa troisième titularisation du Mondial, samedi face aux Tonga, Maxime Médard (24 ans, 24 capes) glissera de l'aile à l'arrière. Le Toulousain, qui n'est pas satisfait de sa prestation face aux All Blacks, espère que ce repositionnement lui permettra de toucher plus de ballons et de se libérer.

Quel est votre sentiment après votre replacement à l'arrière ?


Maxime MEDARD : Je suis content de retrouver le numéro 15. Pendant la préparation, je tournais au centre, à l'aile et à l'arrière. Ça fait longtemps, en équipe de France comme en club, que je n'y ai pas joué mais j'ai été formé à ce poste et les repères reviennent assez vite. Il n'y a pas d'appréhension, juste le plaisir de jouer et l'envie de montrer autre chose que sur les trois derniers matchs. Marc m'a montré la confiance qu'il me porte. J'espère ne pas le décevoir samedi.


Justement, Marc Lièvremont avait la sensation que vous vous sentiez "coincé" à l'aile. Est-ce le cas ?


M.M. : Je suis surtout frustré de toucher peu de ballons. J'ai fait pas mal de choses négatives lors du match contre les All Blacks, au niveau de ma défense notamment... Mais je suis satisfait de revenir l'arrière. C'est un poste où on a plus de responsabilités et où on touche plus de ballons. Je vais peut-être un peu plus m'amuser.


Est-ce qu'avoir des responsabilités vous plaît?
M.M. : Ça ne me dérange pas. J'ai envie de montrer que je suis là et que je peux aider le groupe. Les responsabilités, ce n'est pas quelque chose que je réclame, je sais m'effacer. Mais quand on m'en donne, j'essaie de les prendre.


Avez-vous l'impression de jouer une carte importante samedi à titre personnel ?
M.M. : Avant tout, je veux gagner ce match. Ma performance passera après. Il faut d'abord s'imposer et décrocher notre billet pour les quarts.


Vous êtes un joueur dont on attend beaucoup. Craignez-vous de surjouer d'une certaine manière ?


M.M. : Je ne pense pas. Je ne suis pas fou non plus, je ne vais pas relancer de partout. Il y a des moments où il faudra le faire et des moments où il faudra utiliser le pied. Il faut jouer avec un peu d'analyse, sinon ça ne sert à rien.


Vous parliez de prendre du plaisir tout à l'heure. Cela signifie-t-il que vous n'en avez pas pris jusque-là ?


M.M. : Non, ce n'est pas ça. Je suis très content de jouer et d'être à la Coupe du monde mais c'est vrai que je suis frustré de ne pas toucher beaucoup de ballons et de ne pas faire avancer mon équipe autant que je le voudrais. Contre les All Blacks, nous avons voulu tenter des choses mais les trois essais en moins d'un quart d'heure nous ont fait très mal. Face à de telles équipes, c'est compliqué de revenir au score dans ces conditions. On a été dépassé sur la vitesse d'exécution. Ça allait très vite, ça jouait de partout et l'équipe était un peu moins concentrée en défense. C'est pour ça que nous avons pris ces essais. Mais ce n'est pas grave, ce match a permis de voir ce qui nous manque.


Que manque-t-il alors ?


M.M. : Une bonne défense. De la concentration dans ce secteur de jeu mais aussi d'être un peu plus performants dans les rucks. Il y a encore un manque de repères entre nous mais ça va aller mieux. Nous avons disputé seulement deux matchs de préparation alors ça n'a pas été évident d'entamer la compétition. Malgré tout, nous pensons avoir réussi à faire douter les All Blacks quand nous avons joué. Je ne sais pas si vous avez eu la même impression en n'étant pas sur le terrain...


Au-delà de la qualification, avez-vous besoin de trouver des certitudes samedi face aux Tonga après trois matchs peu aboutis ?


M.M. : Il faut d'abord le gagner parce que c'est en l'emportant que nous aurons des certitudes. Et nous passerons une semaine un peu plus tranquille aussi...

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