"Notre motivation est décuplée"

"Notre motivation est décuplée"
Avec six essais en cinq matchs, Vincent Clerc est (avec l'Anglais Ashton) le meilleur marqueur de la Coupe du monde. Avant la deuxième demi-finale mondiale de sa carrière, l'ailier français a encore des fourmis dans les jambes. Compétiteur dans l'âme, il ne veut pas revivre la déception de 2007

Comment se passe la semaine ?


Vincent CLERC : Comme la semaine dernière. Nous avons bien récupéré jusqu'à lundi parce que nous étions un peu fatigués du match. Ensuite, le groupe s'est remis à travailler, en mettant la même intensité et le même sérieux dans les entraînements. La pression est différente puisque nous ne restons pas sur une défaite mais il s'agit encore d'un match de phase finale de Coupe du monde alors nous sommes tous très concentrés.


L'équipe de France reste sur trois victoires en trois ans face aux Gallois. Comment ne pas se laisser griser ?


V.C. : Il n'y a pas de surplus de confiance par rapport à ces matchs. Il faut remettre les compteurs à zéro et les oublier. Les Gallois ont progressé ces dernières années. Nous les avons battus précédemment mais ce sont eux qui produisent, avec les All Blacks, le meilleur jeu depuis le début de cette Coupe du monde. Ils sont les plus complets et les plus efficaces.


Vous étiez de la demi-finale perdue contre l'Angleterre en 2007. Quels souvenirs en gardez-vous ?


V.C. : C'était très décevant, d'autant que nous jouions en France, et je ne voudrais revivre ça pour rien au monde. Personne ne veut le revivre alors notre motivation est décuplée.


Vous avez été titulaire lors de tous les matchs de ce Mondial. Comment vous sentez-vous physiquement ?


V.C. : Je le gère bien. On sent les bénéfices des deux mois et demi de préparation. Je ne suis pas crevé, je ressens juste une fatigue normale après des matchs d'une telle intensité. Mais je n'en ai disputé que cinq au final. Et je dirais même que je monte en puissance.


Vous avez inscrit six essais depuis le début de la compétition. Etes-vous particulièrement en confiance grâce à ça ?


V.C. : Ce ne sont pas les essais qui donnent confiance, leur nombre est même anecdotique. Je ne réfléchis pas trop à cela. Ce n'est pas un objectif personnel durant un match. Bien sûr, je suis content de finir les coups mais ça ne va pas plus loin.


Savez-vous où vous en êtes des records français ?


V.C. : J'ai égalé celui de Philippe Sella (31 essais, ndlr). Je le sais parce que c'est lui-même qui me l'a dit !Je peux revenir à hauteur de Philippe Saint-André (32) mais je crois que Serge Blanco est trop loin (38 – sourire). Ce n'est pas mon but pendant cette Coupe du monde en tout cas.


Craignez que Saint-André, qui sera le futur sélectionneur tricolore, ne vous rappelle plus chez les Bleus pour que vous ne battiez pas son record ?


V.C. : (rires) Je ne l'espère pas !


Que pouvez-vous nous dire du jeu gallois ?


V.C. : Ils sont très puissants mais dynamiques à la fois. Leurs avants se déplacent beaucoup et ils sont constamment dans l'avancée. Ils parviennent à conserver le ballon sur de longues phases de jeu, même quand ils reculent. Même en difficulté, ils ont une réelle faculté à prendre des brèches.


Shane Williams, que vous avez affronté à plusieurs reprises, dit de vous qu'il aime vous voir jouer. Que pensez-vous de lui ?


V.C. : C'est vrai qu'on se connaît assez bien. Lui et moi, nous avons des profils un peu similaires, nous sommes des petits gabarits et ne privilégions pas l'affrontement. J'aime le voir jouer moi aussi. C'est un joueur qui apporte beaucoup de solutions à son équipe, il est à tout moment capable de faire la différence. Et puis j'admire sa longévité. Il a 34 ans je crois mais il est toujours aussi performant.


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