Ondarts : "Mon plus mauvais souvenir"

Ondarts : "Mon plus mauvais souvenir"
A 36 ans en 1991, Pascal Ondarts participait à sa deuxième Coupe du monde, après celle de 1987. L'ancien pilier de l'équipe de France revient sur "son plus mauvais souvenir" de rugbyman. Frustré par la tournure des événements 20 ans plus tôt, il préfère établir un parallèle avec l'édition de 1987.

Après avoir disputé la Coupe du monde 1987, vous avez participé à celle de 1991. Quelles différences notables avez-vous vécu de l'intérieur dans l'approche de ce deuxième mondial par rapport au premier ?


Pascal ONDARTS: En 1987, où nous avions été finalistes, notre préparation avait été semblable à celle des autres nations, hormis peut-être celle des All Blacks. Si nous avions vécu la même préparation que celle des Bleus aujourd'hui, nous aurions sûrement été champions du monde. En 1991, notre préparation avait été une catastrophe totale. Rien n'avait été prévu. Au dernier moment, nous étions partis en stage à l'arrache (sic) grâce à Serge Kampf, le sponsor providentiel du rugby.


En 1987, le Mondial s'était déroulé en Nouvelle-Zélande et en Australie. Quatre ans plus tard, la Grande-Bretagne et la France accueillaient la Coupe du monde. Ressentiez-vous un engouement particulier autour de l'événement ?


P.O.: J'ai participé à deux Coupes du monde en tant que joueur. La Nouvelle-Zélande, c'est La Mecque du rugby. Un endroit magique où tout le monde ne vit que pour le rugby. Alors que nous, on ne parlait que de la passation de pouvoir à la tête de la "Fédé" entre Albert Ferrasse, Jean Fabre et Bernard Lapasset. Cette Coupe du monde 1991 a été mon plus mauvais souvenir en tant que rugbyman.


Vous sortiez d'une finale en 1987, l'objectif initial n'était-il pas, malgré tout, de faire mieux ?


P.O.: Quand on se lève le matin, l'objectif est de faire mieux que la veille. J'ai commencé titulaire en équipe de France en 1986. J'avais été invaincu jusqu'à la quinzième ou seizième sélection ! En 1987, nous avions une équipe. On se comprenait et on se regardait en face. C'était extraordinaire ! Alors qu'en 1991, il y avait plusieurs problèmes d'intendance. Nous étions livrés à nous-mêmes. En fait, il n'y avait pas vraiment d'équipe. Mais bon, ça fait 20 ans aujourd'hui et je ne veux pas recréer de polémique.


Invaincus en phase de poules, vous affrontez les Anglais en quarts de finale au Parc des Princes. Au terme d'un match âpre, vous vous inclinez sur le score de 10 à 19. Comment expliquez-vous cette défaite ?


P.O.: La finale se jouait en Angleterre. Une certaine pression avait peut-être été mise sur l'arbitre (M. Bishop, N.D.L.R.) pour que les Anglais aillent en finale. Malheureusement, il n'y avait pas encore la vidéo. En dehors de ça, ils avaient formé une équipe. Pas nous. Le rugby, ce n'est pas uniquement quinze individualités.


Quel regard portez-vous sur la préparation actuelle des Bleus ?


P.O.: J'ai joué les six matchs de 1987 et les quatre de 1991 à 180 % de mes moyens pour gagner 155 francs par jour. Aujourd'hui, le rugby représente le gagne-pain des Bleus. Il est donc normal qu'ils s'entraînent pendant deux mois pour justifier leurs salaires. Mais je suis un peu inquiet car on ne parle que de blessés depuis des semaines. Qui est valide ? A un mois et demi du Mondial, il y a encore beaucoup d'incertitudes. En tout cas, je leur souhaite d'aller le plus loin possible.


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