"Prendre les choses en main en finale"

"Prendre les choses en main en finale"
"Soulagé" après la stressante victoire de son équipe en demi-finale de Coupe du monde, samedi contre le pays de Galles (9-8), le centre des Bleus Maxime Mermoz sait toutefois qu'il faudra hausser le niveau de jeu pour rivaliser avec les All Blacks dimanche et, peut-être, entrer dans l'histoire.

Vous sentez-vous libéré après cette qualification ?


Maxime MERMOZ : Il y a un soulagement, une joie, une fierté Là on avait peut-être peur de mal faire alors qu'en finale, on aura juste envie de bien faire. Même si nous ne sommes pas bons dans certains secteurs par moments, on arrive à rectifier la barre. Il y a des jours comme ça... On peut dire ce que l’on veut, mais on est en finale.


Le fait de jouer à 15 contre 14 vous a-t-il tétanisés ?


M.M. : On n'avait vraiment pas l'impression qu'ils étaient quatorze... Le problème vient de ce qu’on fait, de ce qu’on doit faire. Au début on a trois ballons de récupération, on doit taper, on relance maladroitement et on prend trois pénalités contre nous. Je pense que ça nous a vraiment bloqué alors qu’on était parti pour jouer. Dès qu’on est passé devant au score, comme souvent, on a attendu que le temps passe. C’est ce que nous avons fait contre les Anglais, on a arrêté de jouer en seconde période. Là, c’était exactement la même chose.


Comment avez-vous vécu ces cinq dernières minutes stressantes ?


M.M. : Quand les Gallois loupent la pénalité tu as envie de garder la balle mais tu peux te mettre à la faute dans ton camp. Dans la tête, je me suis dit : "Là c’est un signe"... La dernière minute, tu penses juste à plaquer, te replacer, plaquer sans faire de faute.


Que s'est dit le groupe après ce succès ?


M.M. : On s’est regardé, on a tous compris l’enfer qu’on avait traversé. Il y a trois semaines on perdait contre les Tonga. Comme des enfants on a chanté : "On est en finale".


Vous avez bénéficié du facteur chance. Commencez-vous à croire en votre étoile ?


M.M. : Oui, là c’est évident. Le scénario va dans ce sens. Sincèrement on est en finale et il n'y a plus à réfléchir. Nous n’avons qu’une envie : retourner sur le terrain, nous y filer en défense et maîtriser un peu plus le ballon pour prendre plus de plaisir et stresser un peu moins. Et en priant un peu pour que la chance soit encore avec nous.


Pensez-vous que le rugby produit contre les Gallois sera suffisant pour rivaliser en finale ?


M.M. : C’est logique que non. On ne pourra pas subir comme cela tout un match face à une équipe de la dimension de des All Blacks. On a réussi à gagner une coupe européenne en battant les Anglais et les Gallois. C’était un peu le Tournoi des Six nations... Maintenant, c’est le niveau supérieur en espérant faire un mélange du quart et de la demie pour arriver à sortir un gros match. Tout le monde a eu peur contre les Gallois, et nous aussi, mais on ne va pas bouder une qualification en finale de Coupe du monde. Ceux qui le feraient seraient des mauvaises langues.


Que vous manque-t-il encore pour arriver au niveau des nations du Sud ?


M.M. : Je pense que c’est mental. Par moments, on arrive à se révolter, à hausser le niveau et à d’autres on subit. On a été très passif, c’est surtout dans la tête. On était tous tendu. On a été spectateur, on a envie de relever la tête et prendre les choses en mains pour la finale.


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