Que faut-il attendre de la finale de la Coupe du Monde ?

C’est l’ultime rencontre du mondial japonais et elle décidera de qui sera le grand vainqueur de cette édition 2019. Anglais ou Springboks, le duel s’annonce plutôt équilibré

Et à la fin il n’en restera qu’un. Peut être un seul joueur capable de tenir debout sur le terrain dans ce qui s’annonce comme un combat des plus âpres aujourd’hui à Yokohama pour l’épilogue de la Coupe du Monde. Mais surtout, une seule équipe, et elle sera championne du monde de rugby. On pourrait disserter des heures sur les tenants et aboutissants de cette rencontre tant on peut s’attendre à tout ! Le schéma le plus logique serait une guerre de tous les instants dans le combat et Lood de Jager le colosse (parmi tant d’autres) sud-africains a promis de « répondre au feu par le feu ». Les intentions ne peuvent être plus claires et les Anglais ne vont pas se priver de se jeter la tête la première dans le pugilat rugbystique promis.

Une histoire de combat...

Avec des monstres athlétiques comme Maro Itoje, Courtney Lawes, Tom Curry ou encore Sam Underhill pour ne citer qu’eux, le tout encadré par Billy Vunipola, la locomotive, le XV de la Rose ne sera pas en reste pour contrer les avants Springboks. Des avants qui sont au nombre de 14 sur la feuille de match. En effet, Rassie Erasmus ne change pas sa technique de destruction massive avec six avants sur le banc pour venir faire tourner tout au long du match et finir par exécuter l’adversaire dans les derniers instants. La capacité des Anglais à tenir le rythme sans tomber dans un match cadenassé sera la clé du match. Plus le match sera lent avec un tempo dicté par les fameux « box-kicks » de Faf de Klerk et Ben Youngs, plus les Sud-Africains auront de chance de l’emporter, eux, les spécialistes des finales sans essai. Lors de leur deux succès dans l’épreuve mondiale, les Boks n’ont pas marqué d’essai mais se sont imposés. C’était le cas en 1995 (15-12, après prolongation) contre les All-Blacks d’un certain Jonah Lomu et en 2007 (15-6) déjà face à l’Angleterre.

Aujourd’hui, le match semble pourtant promis aux Anglais, maîtres dans plusieurs domaines et éminents tombeurs des All-Blacks en demi-finale (19-7) après une rencontre parfaite de maîtrise. Mais, aujourd’hui c’est un tout autre affrontement qui attend les protégés d’Eddie Jones. Ils auront tout intérêt à mettre un rythme fou, là où la semaine dernière, il fallait contrer la vitesse néo-zélandaise. Une question peut aussi se poser dans l’approche mentale du match. Le XV de la Rose n’a-t-il pas joué une finale avant l’heure la semaine dernière ? Eddie Jones a dit en conférence de presse d’après match qu’il attendait ce match depuis deux ans, mais il en reste un dernier à jouer et il ne faudrait pas que la charge émotionnelle ait été trop forte. Cependant à en juger par l’attitude du capitaine Owen Farrell à la fin de la rencontre, peu de chances que les pragmatiques Anglais soient tombés dans ce piège.

Des buteurs décisifs !

Owen Farrell justement sera au centre de l’attention, en délicatesse avec sa cuisse, il avait laissé la charge des tirs au but à George Ford la semaine passée. S’il y a le moindre doute, la question ne se posera même pas aujourd’hui tant le jeu au pied devrait être important. On a tout de même vu le capitaine anglais s’entraîner dans la semaine avec Jonny Wilkinson à taper des drops. Pour peut être un remake de 2003 et un drop victorieux ? Seul l’avenir nous le dire. George Ford reste tout de même un buteur plus que fiable mais comment réagira-t-il après avoir subi les assauts des Springboks dans sa zone toute la partie. Vermeulen, De Allende et Pollard ne vont pas se gêner pour aller le défier dans sa zone et si Ford souffre physiquement il pourrait être moins performant dans l’exercice. Côté Springboks, François Steyn que l’on a vu hier s’entraîné à longue distance pourrait apporter sa contribution de loin voire très loin. Mais c’est Handre Pollard l’ouvreur qui aura la charge du but et a prouvé qu’il était d’une grande qualité face aux perches. Dans un match où chaque point va compter, l’importance du numéro 10 sud-africain n’est même pas a prouvé. Mais, petit clin d’œil de l’histoire, Pollard ne garde pas forcément un très bon souvenir de sa dernière finale mondiale disputée face à l’Angleterre. Il y a 5 ans, capitaine des moins de 20 ans de l’Afrique du Sud il s’était incliné d’un petit point face au XV de la Rose d’un certain … Maro Itoje ! Comme on se retrouve messieurs…

Le facteur X !

Puis, arrive l’énigme Cheslin Kolbe, la dynamite sud-africaine, le facteur X, le joueur qui peut tout faire basculer. Intenable sur toutes les pelouses de Top 14, l’ailier de poche a été gêné par une cheville récalcitrante durant ce mondial. Ce qui ne l’a pas empêché d’être le meilleur Bok contre la Nouvelle-Zélande malgré la défaite (23-13) et d’inscrire deux essais face à la Namibie. Moins en vue en quart de finale face au Japon puis préservé en demi-finale, il est attendu comme le sauveur si le bateau sud-africain venait à tanguer. Capable de tout faire avec trois fois rien, il sera déterminant dès qu’il touchera le ballon. Son apport dans les airs pourrait être important de par son sens du timing malgré sa petite taille (1m70) mais il pourrait également être visé par le jeu au pied de la paire Ford-Farrell… Une équation à deux inconnus …

Un match indécis jusqu'au bout

Pour résumer, l’Angleterre semble mieux armée et plus talentueuse mais si les Springboks arrivent à injecter leur poison à diffusion lente, la rencontre pourrait avoir un goût aigre pour nos voisins d’outre-manche. La seule chose dont on ne doute pas est l’intensité du combat proposé par les deux équipes. A ce petit jeu de froissage de côtes et autres os en tout genre, le XV de la Rose pourrait mieux s’en sortir mais d’une courte tête. En gros, plus le match aura un rythme élevé plus les chances des hommes d’Eddie Jones seront grandes et plus le rythme sera haché plus les Sud-Africains pourront soulever le trophée William Webb-Ellis par l’intermédiaire de leur capitaine Siya Kolisi. Un énorme symbole pour le premier capitaine noir de cette équipe 24 ans après le premier trophée de la nation arc-en-ciel décerné par Nelson Mandela.

Notre prono : Angleterre

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