Discrète mais fascinante

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Discrète mais fascinante
Par Lydia VOCOTTIN|Ecrit pour TF1|2009-02-03T16:44:00.000Z, mis à jour 2009-02-03T16:44:00.000Z

Une véritable assurance de mise en scène où aucun épisode ne ressemble à un autre, sur le papier comme dans sa forme.

Discrète mais fascinanteDiffusée assez discrètement en deuxième partie de soirée sur TF1 il y a quelques mois, la première saison d'Esprits Criminels n'avait à priori rien pour se démarquer des séries policières modernes. L'inévitable comparaison entre Les Experts et tout ce qui a suivit les années suivantes font ainsi fondre en apparence cette nouvelle équipe composite dans le moule de clichés peu surprenant. Un sage patriarche épaulé par quelques portraits de rigueur où beaux gosses, intellos au QI surélevé, et jeune fille au plan de carrière déterminé cherchent à se compléter pour mieux faire plier le mal. Effectivement, si l'on en se tenait qu'à l'enveloppe, ou même au simple visuel, rien n'élèverait Esprits Criminels au-delà du rang d'un type de série uniformisé.

En effet, si l'ensemble lorgne clairement vers le policier classique, c'est pour mieux épurer des thèmes devenus désormais traditionnels et se focaliser sur l'aspect psychologique. Meurtres, kidnapping, agressions, viols, terrorisme, pyromanie et autres dégénérescences sont bien au coeur du problème, mais les intrigues ne chercheront jamais à basculer dans le complexe touffu. L'intérêt reposant essentiellement sur les motivations des coupables, ici longuement décortiqués. L'équipe de Quantico est certes une brigade fédérale comme on en voit souvent au cinéma, mais elle est ici spécialisée dans l'étude du comportement. Autrement dit des profilers, flics/psychanalystes qui vont chercher les preuves et l'identité d'un suspect non pas sur des traces physiques ou chimiques, mais dans le propre esprit du principal concerné. Les traditionnels témoignages, scènes de crimes ou taches de sang laissant ici place à la névrose, à la haine, aux sentiments, mais aussi à la couleur, au plat, ou au chanteur préféré d'un assassin.


Discrète mais fascinanteEntreprise risquée s'il en est puisque le thème n'est pas vraiment nouveau et que les essais précédents n'ont jamais été totalement concluants. Pourtant, ce Criminal Minds parvient à rester dans son sujet et c'est ce qui en fait sa force, puisque toutes ses déclinaisons en feront autant d'épisodes originaux. On ne jouera jamais concrètement à Zorro, en préférant étudier la dérive mentale dans des contextes régulièrement variés (Prise d'otages, tireur fou, tueur en série, débusquage d'une taupe au sein de la CIA, etc...) et en exploitant chacune d'entre elle avec originalité. Ainsi, un épisode se déroulera quasi intégralement autour d'une négociation par téléphone sans aucun temps mort là où un autre se présentera comme un long interrogatoire... Une véritable assurance de mise en scène où aucun épisode ne ressemble à un autre, sur le papier comme dans sa forme.

Idée qui parviendra d'une part à non seulement rendre fascinant chaque méchant ou suspect, mais qui dévoilera également et discrètement, épisode après épisode, les névroses personnelles de chacun des personnages principaux. Au point de nous faire parfois demander s'ils sont plus sains que ceux qu'ils traquent. Le lancement même de la série repose sur la capacité ou non du héros titre (Gideon, excellent personnage au demeurant) à reprendre du service, dans un premier épisode qui reste excessivement efficace jusqu'à une chute pour le moins inattendue. La vingtaine d'opus qui suit reste aussi efficace pour un l'intérêt sans cesse renouvelé jusqu'à un épisode final épatant et au cliffhanger déroutant. Vivement la saison suivante...


Par DVDRAMA (source Excessif)