INTERVIEW : Shemar Moore

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INTERVIEW : Shemar Moore
Par DVDRAMA|Ecrit pour TF1|2009-03-09T16:33:00.000Z, mis à jour 2009-03-09T16:33:00.000Z

Grâce à un passé tumultueux lui ayant permis de toucher différentes cultures, l'acteur, sensible, honnête et blagueur, il parle avec aisance de son personnage et du chemin qui l'a emmené jusqu'ici.

INTERVIEW : Shemar MooreAprès s'être fait connaître pour avoir joué cinq ans dans le soap Les Feux de l'Amour et joué les détectives dans la série fantastique Les Anges de la nuit, l'acteur américain Shemar Moore a intégré la distribution de la série américaine Esprits Criminels, un serial narrant les aventures d'une équipe de profilers de haut niveau. Grâce à un passé tumultueux lui ayant permis de toucher différentes cultures, l'acteur, sensible, honnête et blagueur, il parle avec aisance de son personnage et du chemin qui l'a emmené jusqu'ici.

Qu'est-ce que la série Esprits Criminels a changé pour vous ?
Vous avez déjà vu le Chapelle show ? « Im Rich, Bitch !! » (« Je suis riche, poufiasse », tiré du show de l'humoriste Dave Chapelle sur la chaîne câblée Comedy Central) (Rires). Sérieusement, ça me permet de continuer à vivre l'un de mes rêves, celui d'être acteur. Cela fait maintenant 14 ans que je suis dans le « jeu », c'est comme cela que j'appelle Hollywood (« the game » en anglais), après avoir commencé dans Les feux de l'amour. Et être aujourd'hui dans un show de cette nature, diffusé en prime time, possédant ce type de contenu, et jouer avec des acteurs que j'admire... C'est ce dont je suis le plus fier : avoir acquis mes galons afin de pouvoir jouer sur ce terrain. Car ce n'est pas la popularité dans un soap opéra qui fait de vous un bon acteur, mais le travail que vous effectuez chaque jour.


Qu'appréciez-vous dans cette série ?
J'aime le fait que nous apportons une certaine lumière sur les évènements et dans la vie des gens. Personne ne s'intéresserait à un show qui serait juste une suite de séquences noires et déprimantes. J'aime également qu'il y ait un certain sens moral aux histoires que l'on raconte.


Jusqu'à quel point pouvez vous influencer l'écriture de votre personnage ? Avez-vous la liberté de lui apporter quelque chose de personnel ?
Nous n'avons pas vraiment de contrôle sur les histoires que les scénaristes veulent raconter. Je suis d'ailleurs fasciné par le fait qu'ils continuent à en écrire autant mais cela vous rend également humble car ces histoires sont inspirées de faits réels, de choses qui sont vraiment arrivées, dans le passé ou même actuellement alors que nous conversons. Et évidemment il faut se tenir à jour en regardant ce qui se passe sur Internet, afin de maintenir le côté réaliste de nos personnages et bien sûr il y a dans une certaine mesure la possibilité de construire quelque chose, mais il est difficile d'ajouter beaucoup d'éléments dans un format de 38 minutes. Cependant, alors qu'actuellement nous en sommes à la troisième saison, nous commençons vraiment à poser les bases de nos personnages. Je veux dire, je n'avais pas vraiment de questions concernant Derek (Morgan, son personnage) et pas non plus d'influence, parce que je jouais mon personnage.


On construit par rapport à ce que vous dit le script, ce que vous disent les producteurs et les scénaristes, et après il y a beaucoup de choses à inventer soi-même. Maintenant j'ai le personnage dans la peau, je connais son rythme, et puis il y a eu cet épisode dans la seconde saison où on explore un peu son passé (De l'autre côté, le 12ème épisode de la seconde saison). Beaucoup d'éléments m'ont ainsi été fournis : mon personnage a été violenté pendant son enfance... Il y avait cette peur des scénaristes que je rejette totalement ces idées, mais au contraire, je les ai assimilées car cela vous donne du bagage.

INTERVIEW : Shemar Moore

C'est ce que vous voulez quand vous êtes un acteur : du bagage. Ce n'est pas marrant de jouer un personnage tout blanc, vous voulez quelque chose à quoi vous pouvez vous raccrocher, encourager celui que l'on n'attend pas. Vous voulez que votre héros soit brisé, cela lui donne de la dimension. Et puis bon, si jamais vous avez un problème avec les dialogues ou les actions de votre personnage, quand par exemple vous pensez qu'il n'agirait pas ou ne parlerait pas de telle ou telle manière, ou encore même si j'aimerais que mon personnage fasse quelque chose à laquelle j'ai pensé, il y a toujours la possibilité d'aller en parler aux scénaristes. Ils sont plus qu'ouverts à toutes les idées que vous pourriez leur apporter et ils sont contents de voir que cela vous importe. Ils font leur travail et on ne sait jamais d'où viendra une bonne idée. Ils peuvent très bien dire « c'est nul » ou « c'est génial ». De mon côté, ça ne m'intéresse pas de jouer mon égoïste. (Avec un grande voix) : « J'en ai marre que Mandy aie toutes les bonnes répliques, laissez moi tirer sur quelqu'un !! » (Rires). Je fais toujours de bonnes blagues et je suis toujours celui qui défonce les portes donc, ce n'est pas grave si je n'ai pas de longs monologues. C'est une bonne place ! A partir du moment où l'on me voit au dessus d'une épaule ou que j'ai ma place dans les plans, je ne vais pas me plaindre. (Rires). Donc oui, nous avons notre mot à dire, mais seulement quand cela est nécessaire.


Est-ce que la série (qui narre les aventures d'une équipe de profilers) vous a appris à jauger les gens quand vous les rencontrez pour la première fois ?
Comme je le disais plus haut, je pense que... Je sais que je l'ai déjà fait plusieurs fois au cours de ma vie. Je suis fils unique, alors quand je rencontre les gens... J'imagine que je l'ai toujours fait, ne serait-ce qu'à cause du fait que je suis à moitié blanc et à moitié noir et que de plus j'ai grandi en dehors des US les 6 premières années de ma vie. Je suis né aux Etats-Unis, mais j'ai vécu au Danemark, à Bahrain, en Allemagne, j'ai des photos de moi sur des chameaux... J'étais jeune, mais je crois sincèrement que cela a grandement influencé la manière dont je me suis construit, la manière que j'ai de me comporter avec les gens, de percevoir le monde, et comme j'ai beaucoup bougé, il m'était difficile de me faire des amis, nous changions souvent de culture, et il fallait donc que j'arrive rapidement à jauger où je me trouvais afin de pouvoir me fondre dans la masse. Quant au fait d'être un acteur, je pense qu'être un acteur c'est principalement cela : il faut vous fondre dans un personnage. Et cela m'a rendu plus humble. Grâce aux histoires que l'on raconte, il nous a fallu apprendre à reconnaître certains schémas comportementaux. Alors bien sûr moi cela m'amuse de faire péter des trucs et c'est un peu ma raison de travailler ! (Rires) Mais effectivement, des fois, je me retrouve à un feu au volant de ma voiture, et je regarde les autres conducteurs ou passagers et j'essaye de me demander le genre de musique qu'ils écoutent. Mais je ne ramène pas mon travail à la maison C'est un monde si sombre.

INTERVIEW: Shemar-Moore

Par DAVID BRAMI (Source Excessif)