A 71 minutes près, ça marchait

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A 71 minutes près, ça marchait
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-23T23:24:51.000Z, mis à jour 2012-06-24T15:04:03.000Z

Pour battre l'Espagne, Laurent Blanc avait misé sur une équipe de France au profil renforcé. Loupé. L'édifice n'aura pas tenu vingt minutes.

Un plan. Dix-neuf minutes d'autonomie. C'est un peu court. Surtout face à la meilleure équipe du monde. Tout au moins la tenante du titre mondial et européen. Samedi soir, l'équipe de France et Laurent Blanc ont perdu leur pari face à l'Espagne (2-0) en quart de finale de l'Euro. Vu de loin, ça n'a rien d'infamant. Et ce serait même logique alors que les Bleus n'avaient plus joué de match à élimination directe depuis six ans. Pour apprendre, il faut payer. Il n'en reste pas moins que le sélectionneur de l'équipe de France peut nourrir de gros regrets, lui qui avait construit son équipe pour mettre à mal l'Espagne et sa possession du ballon XXL. "On a essayé une tactique et malheureusement ça n’a pas marché," a résumé Marvin Martin, qui aura suivi l'affaire du banc de touche.

Avec Debuchy et Réveillère pour solidifier le côté droit et une aile gauche renforcée par le retour de Malouda, en soutien de Clichy, Laurent Blanc avait identifié le danger. Il fallait tenir la largeur, bloquer les montées des latéraux ibères et éviter le surnombre dans les vingt derniers mètres. Bien vu niveau théorie. Dommage que cela n'ait jamais fonctionné dans la pratique. A gauche et dès le début, l'Espagne à appuyé, profitant des atermoiements bleus. Mais c'est de la droite que le bateau a commencé à prendre l'eau. Sur un service d'Iniesta, Jordi Alba a pris la poudre d'escampette et offert un caviar au "centenaire" Xabi Alonso. Mathieu Debuchy avait encore le nez dans le gazon et la France un pied dans l'avion.

"Le seul centre d'Alba..."

"Si on analyse notre composition, on savait que le côté gauche était très fort avec Alba et Fabregas. Ce qu'il y a de plus rageant, c'est qu'on prend le but de ce côté alors qu'on avait décidé de le bloquer, a confirmé Laurent Blanc en conférence de presse. Mais c'est le seul centre qu'Alba a pu faire en première période. On savait que ce côté était dangereux et sur leur seule action, ils ont marqué..." Franck Ribéry, qui était aux premières loges regrette également cette punition instantanée : "On n'a pas de chance, ils marquent sur leur première action". Le jour où elle voulait bétonner, l'équipe de France a encaissé son but le plus rapide de l'ère Laurent Blanc.

Compte tenu du plan mis en place par le patron et de la philosophie voulue, l'équipe de France s'est rapidement retrouvée dépourvue. Contrer une équipe en place et qui mène à la marque, c'est compliqué. "Arriver à la mi-temps à 1-0 nous a pénalisés. On voulait tenir jusqu'à la pause avec un 0-0. On savait qu'on allait avoir 30-35% de possession de balle et quelques occasions. On a eu ces occasions, mais ce qu'on n'avait pas prévu c'est de prendre ce but. Marquer deux buts contre une équipe qui a 60% de possession de balle, ça devenait difficile." Impossible même. Vendredi, Laurent Blanc avait espéré que ses joueurs tiendraient l'Espagne à leur hauteur le plus tard possible, sachant que plus le match avancerait, plus les Bleus auraient leur chance de réaliser le casse de l'année. Raté. A méditer pour les retrouvailles entre les deux équipes. Ce sera en octobre, sur la route de la Coupe du monde 2014. Au moins, l'équipe de France saura ce qu'il ne faut pas faire.