A l'est, du nouveau ?

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A l'est, du nouveau ?
Par Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-07T18:26:43.000Z, mis à jour 2012-06-08T17:59:17.000Z

L'Euro 2012, qui commence vendredi en Pologne et en Ukraine, sera peut-être celui de la redistribution des cartes. A moins que l'Espagne ne réussisse un fabuleux triplé.

L'ESPAGNE ET L'HISTOIRE, TOUJOURS ET ENCORE

A l'est, du nouveau ?

Après avoir conquis le Kilimandjaro et le Mont-Blanc, l'Espagne se retrouve au pied de l'Everest. Championne d'Europe en 2008, reine du monde en 2010, l'équipe de Vicente del Bosque s'attaque à l'inédit : réussir un fabuleux triplé et conserver sa couronne continentale, ce qu'aucune nation n'a réussi à faire depuis la création du Championnat d'Europe des nations, en 1960. Si l'Espagne réalise ce qui ressemble à l'impossible, elle fera mieux que la France, qui s'était vautrée sur la dernière marche en 2002, et que l'Allemagne de 1976 qui, après avoir remporté l'Euro 1972 et le Mondial 1974, avait perdu en finale du rendez-vous continental face à la Tchécoslovaquie. Rendez-vous continental qui, soit dit en passant, se résumait à une demie et une finale. Trente-six ans plus tard, la Furia Roja, quatre ans de pouvoir dans les jambes et l'usure qui va avec, va tenter de relever ce défi. L'Allemagne et les Pays-Bas, principaux outsiders, rêvent de lui donner le coup de grâce et de mettre fin à l'hégémonie rouge.

FRANCE, OPÉRATION RECONQUÊTE

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A l'impossible nul n'est tenu. Par conséquent, personne ne demandera expressément à la France d'aller décrocher la lune et un troisième titre européen, après 1984 et 2000, le 1er juillet prochain à Kiev. Deux ans après la catastrophe sportive et - avant tout - morale de Knsyna, ce sera aller un peu vite et faire preuve d'amnésie. Pour autant, et en raison aussi diverses que le pedigree de ses joueurs, d'une invincibilité qui ne cesse de s'allonger (21 matches) ou d'un statut inhérent à sa condition d'ancien champion du monde, le football français ne peut se permettre une troisième phase finale de rang sans la moindre victoire. Attendre les quarts de finale oscille entre le minimum et le vital. Notamment pour Laurent Blanc qui sera jugé à l'aune des résultats de ses hommes. En décembre, il assurait avoir "envie d'aller à Rio en 2014". C'est maintenant que ça se joue.

UN DÉFI POUR ÉMERGENTS

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L'Euro 2012 sera le plus oriental de l'histoire et le troisième des quatre derniers à être co-organisé. Si les Pays-Bas et la Belgique, qui s'étaient partagé l'édition 2000, puis l'Autriche et la Suisse, hôte du dernier rendez-vous en 2008, étaient des pays qui avaient plus qu'une frontière en commun, Pologne et Ukraine sont à classer dans une nouvelle catégorie : les émergents qui jouent gros. Michel Platini et l'UEFA ont souhaité leur donner une chance. Elle est à saisir. Les défis sont multiples (infrastructures, hooliganisme, etc.) mais le patron n'est pas inquiet : "Je maintiens qu'au niveau des infrastructures, des moyens de communications, Ukraine et Pologne ont fait un saut de qualité de 30 ans, on laisse un héritage très important avec l'Euro, des choses qui facilitent la vie des gens", a expliqué Platini, qui consent néanmoins que "tout n'est pas parfait".

Si la Pologne, qui a mis du temps à se préparer, est intégrée à l'Union Européenne et a depuis bien longtemps rangé le Pacte de Varsovie dans ses armoires, l'Ukraine présente un niveau de vie bien inférieur à celui de son voisin. L'ancien grenier à blé de l'URSS a dû mettre les bouchées-doubles à l'heure de devenir le centre de l'Europe, voire même du monde. Les infrastructures seront-elles au niveau ? On le saura très vite. Au niveau géopolitique en revanche, le pari de la reconnaissance est loin d'être gagné. Le sort réservé à Ioulia Timochenko a refroidi bon nombre de dirigeants, français notamment.

LE BÉTON À LA MODE ?

A l'est, du nouveau ?

Le Championnat d'Europe comme la Coupe du monde sont le pouls du football. Tous les deux ans, la santé du jeu le plus populaire de la planète est checkée durant près d'un mois. Celle de ses stars également, qui arrivent souvent éreintées par des saisons toujours plus longues les unes que les autres. Demandez à Cristiano Ronaldo, qui n'a pas arrêté depuis dix mois et va devoir en remettre une couche. C'est aussi pendant ces compétitions que se font et se défont les "modes" footballistiques. Depuis 2008, l'Espagne est le modèle à suivre. Qu'en sera-t-il cette année ? Chelsea, vainqueur de la dernière Ligue des Champions, va-t-il relancer le commerce du béton ? Cesare Prandelli et l'Italie vont-ils imposer la défense à trois éléments ? Le 4-3-3 sans avant-centre fixe, à la barcelonaise ou à l'espagnole, va-t-il devenir le modèle à suivre ? A moins que Mario Gomez et Miroslav Klose, 9 à l'ancienne, sauvent les renards en voie de disparition. Réponse début juillet, à Kiev.