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Allemagne, l'éternel goût bavarois

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Allemagne, l'éternel goût bavarois
Par Vincent BREGEVIN|Ecrit pour TF1|2012-06-22T18:22:41.000Z, mis à jour 2012-06-23T22:56:19.000Z

Traditionnellement, l'Allemagne est majoritairement composée de joueurs du Bayern Munich. C'est encore plus vrai en 2012. Deuxième volet de notre dossier.

On a parfois l'impression de voir jouer le Barça quand on regarde l'équipe d'Espagne, de trouver une forte ressemblance entre l'Italie et la Juventus Turin, ou de regarder un calque du Bayern Munich devant un match de l'Allemagne. Et pour cause. Ces trois sélections se sont largement inspirées de la réussite de ces clubs pour dégager un noyau dur en équipe nationale. Et ce n'est pas un hasard de retrouver ces équipes parmi les six rescapés de l'Euro 2012. Elles ont cet avantage que ne possèdent pas d'autres sélectionneurs, à l'image de Laurent Blanc avec l'équipe de France. Décryptages.

POURQUOI LÖW S'INSPIRE DU BAYERN

Il y a une dizaine d'années, Uli Höness rêvait de voir l'équipe d'Allemagne piocher largement dans le vivier du Bayern Munich pour préparer "sa" Coupe du monde en 2006. Le manager général du club bavarois avait donné un concept à cette idée : le "FC Bayern Deutschland". Sans que cela paraisse vraiment révolutionnaire. L'Allemagne s'est régulièrement appuyée sur un noyau de joueurs venus du Bayern Munich, notamment dans les années 70. En 2006, le rêve d'Höness ne s'était pas réalisé, puisqu'on ne retrouvait que deux joueurs bavarois dans le onze type de Jürgen Klinsmann (Philipp Lahm et Bastian Schweinsteiger). Six ans plus tard, ce contingent a plus que triplé. Lahm et Schweinsteiger ont été rejoints par Manuel Neuer, Holger Badstuber, Jerome Boateng, Thomas Müller et Mario Gomez parmi les titulaires de la formation de Joachim Löw. Hummels y a été formé.

Ce "FC Bayern Deutschland" version 2012 peut cependant paraître paradoxal, puisque le Bayern ne domine pas la Bundesliga. Il subit la loi du Borussia Dortmund depuis deux ans en championnat, et s'est aussi lourdement incliné en finale de la Coupe d'Allemagne face au club de la Ruhr (5-2). Le club bavarois n'en reste pas moins une valeur sûre au niveau continental, comme en témoignent ses deux finales de Ligue des champions en trois ans (2010 et 2012). En 2010, Löw s'était déjà largement appuyé sur le Bayern puisque sept joueurs du club munichois figuraient dans son onze de départ. Cela lui a plutôt réussi jusqu'ici. Alors pourquoi bousculer les traditions ?

QUELS SONT LES POINTS COMMUNS ENTRE L'ALLEMAGNE ET LE BAYERN

Joachim Löw utilise le même système en équipe d'Allemagne que celui employé par Jupp Heynckes au Bayern. Un 4-2-3-1 au sein duquel le bloc défensif est quasiment le même que celui du club bavarois. Si la défense du Bayern a parfois été pointée du doigt comme son poids faible, les automatismes entre les joueurs en font définitivement une force de l'équipe d'Allemagne. Cette solidité permet notamment aux latéraux d'apporter pleinement sur le plan offensif. Même si Boateng, titulaire au poste d'arrière droit, n'a pas exactement le même rendement que Lahm, aligné en arrière gauche avec l'équipe d'Allemagne.

Au Bayern comme en équipe d'Allemagne, Bastian Schweinsteiger est un peu le baromètre de l'équipe, celui qui fait le lien entre le milieu et l'attaque. Il orchestre les mouvements offensifs et le pressing derrière un trio offensif chargé d'alimenter un attaquant de pointe, Mario Gomez, qui est aussi le buteur du Bayern. Cela donne beaucoup de similitudes dans le style des deux équipes. Et une efficacité certaine sur les contre-attaques, art dans lequel le Bayern comme la Mannschäft ont prouvé leur talent ces dernières années.

QUELLES SONT LES DIFFERENCES ENTRE L'ALLEMAGNE ET LE BAYERN ?

La présence de Mats Hummels, le défenseur de Dortmund, aux côtés de Badstuber en charnière centrale ne change pas grand chose, pas plus que celle de Sami Khedira, le milieu du Real Madrid, avec Schweinsteiger dans l'entrejeu. La différence majeure, ce sont surtout les hommes forts de l'attaque. Au Bayern, la création est surtout assurée par les deux ailiers, le Français Franck Ribéry à gauche et le Néerlandais Arjen Robben à droite. Deux joueurs réputés pour leur qualité de dribbles et qui aiment donc porter le ballon.

En équipe d'Allemagne, ces deux postes sont occupés par Lukas Podolski (à gauche) et Thomas Müller (à droite), qui n'ont pas les mêmes caractéristiques que les deux stars du Bayern. Ce sont deux joueurs qui ont une grande intelligence dans les appels de balle, ce qui convient parfaitement à celui sur qui repose une grande partie du potentiel créatif allemand en attaque, Mesut Özil. Le meneur de jeu du Real Madrid connait lui aussi très bien ce système puisque c'est aussi celui dans lequel évolue le club espagnol. Cela facilite considérablement ses connexions avec les autres membres de cette équipe d'Allemagne à la saveur bavaroise.

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