Alou Diarra, plus qu'un recours

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Alou Diarra, plus qu'un recours
Par Gil BAUDU, à Clairefontaine|Ecrit pour TF1|2012-06-04T20:47:26.000Z, mis à jour 2012-06-05T15:58:25.000Z

En l'absence de Yann M'Vila, Alou Diarra sera titulaire dans l'entrejeu des Bleus mardi soir, face à l'Estonie. En dépit d'une "saison moyenne" avec l'OM, le milieu de terrain marseillais apporte d'autres garanties à Laurent Blanc. Il est aussi précieux dans la vie du groupe.

Yann M'Vila "va mieux". "Beaucoup mieux", à croire Laurent Blanc. Mais pas suffisamment pour être opérationnel face à l'Estonie. Rien de grave : le sélectionneur des Bleus a son remplaçant sous la main. Il le connaît par cœur. Son nom ? Alou Diarra. Jeudi, face à la Serbie (2-0), le milieu de terrain marseillais a suppléé le Rennais au bout de cinq minutes. Mardi, au Mans, Diarra sera aligné d'entrée, parce qu'il "faut le faire monter en puissance". Il se placera juste devant la défense. Aux côtés de Florent Malouda et de Yohan Cabaye.

Blanc le jure la main sur le cœur : bien avant le forfait de M'Vila, il "comptait déjà sur Alou". Car si l'ancien Bordelais sort d'une "saison moyenne" avec l'OM, "une équipe qui n'a pas très bien tourné", les Bleus "ont besoin de sa puissance physique" et de "son jeu de tête". Bref, d'un "autre style que celui de Yann". "Avec lui, souligne Blanc, je sais où je vais. Certes, on ne peut pas lui demander certaines choses. Mais on sait aussi ce qu'il sait faire, il le fait très bien." Traduction : Diarra excelle dans l'art du combat. Sa seule présence suffit à équilibrer l'équipe de France. "Quand il est rentré, par son impact, par sa discipline tactique, il a rassuré tout le monde, note Florent Malouda, positionné à sa gauche contre la Serbie. Il a été très utile : il a permis aux autres joueurs de se libérer au niveau offensif. C'est lui qui gardait la boutique."

Blanc : "Quand il montre les dents..."

Précieux sur le terrain, le milieu de 30 ans et aux 40 sélections est surtout "un compétiteur né", au "fort caractère", dixit Blanc. Il lui en a fallu pour balayer les critiques, au gré d'une carrière chaotique, faite de hauts et de bas. "Il a commencé à Louhans-Cuiseaux avant d'aller au Bayern et à Liverpool, rappelle le patron des Bleus, qui l'a eu ses ordres à Bordeaux. Il s'est accroché. Rien n'a jamais été facile pour lui." Cette "trajectoire assez atypique" en fait aujourd'hui un cadre en sélection. Même s'il a cédé son brassard de capitaine à Hugo Lloris. "Il a un rôle important dans le groupe, il n'est pas très bavard mais il est respecté par les joueurs", relève Blanc. "C'est un sage, reprend Malouda. Il ne s'exprime pas énormément. Mais il a beaucoup de recul par rapport aux événements. Il est aussi très accessible. C'est facile de discuter avec lui."

Alou Diarra, plus qu'un recours

N'allez pas croire pour autant que Diarra est doux comme un agneau. Blanc a beau "apprécier l'homme", il sait aussi que ses "principes" peuvent le mettre hors de lui. "Quand il montre les dents, il y a des gens plus faciles que lui", sourit le sélectionneur. Malouda ne prétend pas le contraire. Lui qui a côtoyé Diarra à Lyon, en 2006-2007. Le Guyanais n'a rien oublié de cet épisode colérique, dans le vestiaire du Stade de France, juste avant une finale de Coupe de la Ligue perdue face à Bordeaux (1-0) : Diarra n'avait pas supporté d'être relégué, une fois de plus, sur le banc rhodanien. Il l'avait fait savoir en jetant de rage le paper-board de Gérard Houllier, devant des coéquipiers médusés. "Moi, j'ai bien aimé quand il s'est énervé à Lyon, se marre encore Malouda. Ça me rassure. Après tout, nous sommes tous des êtres humains."