Angleterre : Hodgson, premier essai

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L'Angleterre dessine ses contours
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-05-26T21:39:53.000Z, mis à jour 2012-05-27T11:45:09.000Z

A deux semaines de l'Euro, la victoire de l'Angleterre en Norvège (0-1) a livré quelques enseignements précieux pour les Bleus. Roy Hodgson semble décidé à bâtir un 4-4-2 autour de Steven Gerrard. Même si l'équipe alignée à Donetsk n'aura rien à voir avec celle entrevue à Oslo.

Bien sûr, la liste des absents était trop longue pour tirer des conclusions définitives. Bien sûr, l'Angleterre qui s'est imposée en Norvège (0-1) samedi soir est, sans nul doute, une cousine très éloignée de celle qui débutera son Euro le 11 juin, face à l'équipe de France. Mais la première de Roy Hodgson sur le banc des Three Lions aura tout de même livré son lot d'enseignements. Ils s'avèreront précieux pour les Bleus de Laurent Blanc.

La principale leçon, et non des moindres, concerne l'organisation : le nouveau sélectionneur anglais mis manifestement sur un 4-4-2. Il n'a pas hésité à l'expérimenter à Oslo. Ce choix, plutôt marginal au niveau international, s'explique. Il a probablement été dicté par la future suspension de Wayne Rooney. Puisque l'attaquant mancunien manquera les deux premières rencontres de l'Euro, Hodgson se devait d'innover. De renoncer au schéma à une pointe, en vogue dans la plupart des sélections.

En Norvège, l'Angleterre s'est donc présentée avec un duo inédit. Mais complémentaire. Associer le virevoltant Ashley Young au robuste Andy Carroll était une riche idée. Le colosse de Liverpool a, comme prévu, servi de fixation. Son physique de déménageur fut un allié précieux à la vitesse du Red Devil. En mobilisant deux défenseurs à lui tout seul, Carroll a libéré des espaces. Une aubaine pour Young : si le joueur de Manchester United a pu ouvrir le score dès la 9e minute, c'est parce qu'il avait le champ libre pour provoquer son vis-à-vis et ajuster Jarstein d'un tir croisé du pied gauche.

Gerrard, premier relanceur

Ce but précoce aurait pu libérer l'Angleterre. Il l'a, au contraire, incitée à resserrer les lignes. Son 4-4-2 s'est efforcé de rester compact. Sur les côtés, Downing et Milner avaient pour mission de bloquer les couloirs. Pour mieux contre-attaquer, déborder... et chercher le duo Young-Carroll dans l'axe. Offensivement, l'ailier de Liverpool et le milieu offensif de Manchester City se sont montrés timides. Défensivement, leur légèreté dans le replacement a souvent laissé les deux latéraux, Baines et Jones, livrés à eux-mêmes.

L'autre enseignement de cette rencontre amicale tient au positionnement de Steven Gerrard. Hodgson souhaite clairement bâtir sa sélection autour de son nouveau capitaine. Le milieu de terrain de Liverpool n'a joué qu'une mi-temps, dans l'axe, juste devant la défense, associé à Scott Parker. Bien plus bas que dans le 4-1-4-1 de Capello, où il évoluait régulièrement en soutien de l'avant-centre. Ce poste de récupérateur-relayeur-relanceur lui a permis de toucher un maximum de ballons, d'affirmer son influence sur le jeu anglais. Même si son engagement excessif, fatal à la cheville d'Hogli, aurait pu être sanctionné d'un rouge. A la pause, il a cédé sa place à Gareth Barry, plus ratisseur dans l'âme. Mais dont la sortie prématurée donne déjà des sueurs froides à Hodgson. Reste à savoir si Gerrard conservera ce rôle lorsque Frank Lampard sera aligné. Toujours en vacances, le milieu de terrain de Chelsea n'a pas fait le voyage à Oslo. Mais on peine déjà à imaginer comment le Blue et le Red pourraient cohabiter dans le 4-4-2 entrevu samedi.

Reste le chantier de la défense. En Norvège, elle s'est montrée assez généreuse avec les attaquants norvégiens. Mais que les Bleus ne se réjouissent pas trop vite : le quatuor qui débutera le 11 juin n'aura pas du tout le même visage. Gary Cahill, John Terry et Ashley Cole constitueront une arrière-garde à 75% made in Chelsea. Elle sera nettement plus aguerrie et beaucoup mieux rodée. D'autant plus que Joe Hart, laissé sur le banc samedi, retrouvera sa place dans la cage anglaise. D'ailleurs, ça vaut mieux pour les Three Lions. Car sur ce qu'il a montré samedi, son suppléant n'a rien d'un ange gardien. Robert Green n'a pas rassuré dans les airs. Et le portier de West Ham a une méthode très personnelle pour repousser les coups de pied arrêtés : il ne place aucun défenseur à son premier poteau. A deux reprises, les Norvégiens ont failli en profiter. A Donetsk, Hart ne sera sûrement pas aussi conciliant avec l'équipe de France. Sous ses ordres, City a fini la saison avec la meilleure défense de Premier League.

L'Angleterre dessine ses contours