Les anti-fuoriclasse de l’Italie

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Les anti-fuoriclasse de l’Italie
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-30T10:48:24.000Z, mis à jour 2012-07-01T14:50:07.000Z

Finaliste de l'Euro, la Squadra Azzurra ne s'appuie pas que sur ses stars. Elle compte aussi sur ses obscurs joueurs de devoir.

Il y a les stars, les noms clinquants. Les Buffon, Pirlo, Cassano et Balottelli. Mais l'Italie a aussi ses joueurs de l'ombre, à la renommée plus confidentielle. A eux seuls, ils pèsent pratiquement la moitié de l'effectif transalpin. Mais leur vécu international, limité ou en dents de scie, ne pèse pas bien lourd. Dans l'esprit de Cesare Prandelli, ces soldats inconnus sont pourtant essentiels à la bonne marche d'une Squadra qui compense l'absence de "fuoriclasse", dixit son sélectionneur, par une indéniable force collective.

ILS ONT PERDU TROP DE TEMPS

Leurs premiers pas internationaux commencent à dater. Mais ils se sont perdus en route. Si bien qu'aujourd'hui, ils cherchent à rattraper le temps perdu. Prenez Andrea Barzagli : en novembre 2004, le défenseur du Chievo Verone n'avait que 23 ans et une saison de Serie A dans les jambes quand il a revêtu le maillot azzurro. Fabio Cannavaro le voyait alors comme son successeur. Barzagli a aujourd'hui 31 ans. Et ne s'est imposé comme un pilier de la défense italienne qu'après être rentré au pays, en janvier, pour devenir un taulier de la Juventus. Sous l'ère Lippi, ses brillantes prestations avec Wolfsburg n'ont jamais traversé les frontières allemandes. Aux yeux de Prandelli, il est une valeur sûre. Qui a débuté l'Euro blessé. Le sélectionneur italien lui a malgré tout gardé sa place au chaud. Il a bien fait : face à l'Angleterre comme contre l'Allemagne, Barzagli a vite rendossé son costume de patron.

Les cas de Christian Maggio et d'Antonio Nocerino sont différents. Le défenseur napolitain (30 ans), 15 sélections au compteur depuis 2007, s'est imposé comme l'option numéro une sur le flanc droit. Barré par le trio Marchisio-Pirlo-De Rossi, le Milanais (27 ans) n'est encore qu'une alternative au milieu. Chez Nocerino, la patience est une vertu qu'il a cultivée durant ses trois (brillantes) saisons à Palerme. Son arrivée chez les Rossonneri, l'été dernier, l'a rappelé au bon souvenir de Prandelli. Restent Federico Balzaretti et Alessandro Diamanti. Le défenseur de Palerme et l'attaquant de Bologne, au parcours de baroudeur, se sont tous les deux révélés sur le tard. La Squadra, ils ne la fréquentent que depuis deux ans.

ILS SONT PROTÉGÉS

Pour lui, Cesare Prandelli a fait une entorse à son code éthique. Soupçonné d'être impliqué dans l'affaire des paris truqués qui agite l'Italie, Leonardo Bonucci n'aura pas dû être du voyage. Le défenseur de la Juventus (25 ans, 19 sélections) a pourtant participé aux cinq rencontres de la Squadra dans cet Euro. Il en a même jouées quatre dans leur intégralité. Preuve qu'il n'est plus une simple solution de secours.

Du haut de ses 36 sélections, Riccardo Montolivo (27 ans) a lui aussi le soutien inconditionnel de Prandelli. Le sélectionneur italien loue régulièrement la finesse et la discipline d'un milieu de terrain polyvalent, qu'il a eu ses ordres à la Fiorentina. Comme Nocerino, Montolivo subit de plein fouet la vive concurrence du milieu. Après l'Euro, son transfert à l'AC Milan lui ouvrira sûrement d'autres horizons avec la Squadra. En attendant, il est un recours appréciable.

ILS ATTENDENT LEUR HEURE

A 25 ans, Ignazio Abate reste inexpérimenté au niveau international. Mais à plus ou moins long terme, le latéral droit de l'AC Milan prendra la succession de Maggio. Face à l'Eire (2-0) puis contre l'Angleterre (0-0, 4 t.a.b. à 2), l'ancien défenseur du Torino a suppléé le Napolitain. Titulaire face à l'Espagne (1-1) et la Croatie (1-1), Emanuele Giaccherini peut également rendre de fiers services. De son propre aveu, le Turinois a "les qualités physiques et techniques" pour avaler les kilomètres dans le couloir gauche. Balzaretti garde cependant les faveurs de Prandelli. Angelo Ogbonna (24 ans), le défenseur du Torino, et Fabio Borini (21 ans), l'attaquant de la Roma, n'ont pas encore joué la moindre minute dans cet Euro. La concurrence est rude. Les gardiens Salvatore Sirigu (PSG) et Morgan De Sanctis (Napoli) ne prétendront pas le contraire. Eux vivent dans l'ombre de l'inusable Gianluigi Buffon. Ils se disputeront la cage italienne plus tard.