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Les artistes dissociés

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Les artistes dissociés
Par De notre enovyé spécial à Valenciennes, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-05-27T21:05:55.000Z, mis à jour 2012-05-28T16:30:51.000Z

L'équipe de France version joueuse s'est pris les pieds dans le tapis face à l'Islande. Un retour à l'académisme l'a sauvée (3-2).

ORGANISATION AU COUP D'ENVOI :

Pour la première sortie des Bleus sur la route de l'Euro, Laurent Blanc avait décidé d'aller au bout de ses idées. Son équipe doit tenir le ballon et maitriser les débats de A à Z ? Alors autant avoir les joueurs pour. Mais avec un milieu composé de Cabaye, Gourcuff, Nasri, Ben Arfa et Ménez, le Président avait pris le risque de manquer d'impact et de peiner une fois le ballon perdu. Il l'avait reconnu samedi en conférence de presse. Il en a eu la preuve dimanche face à une Islande qui a joué en équipe et avec une simplicité confondante. Heureusement, le sélectionneur a rectifié la donne tardivement.

PREMIERE PERIODE : GOURCUFF ET LES "ARTISTES" DISSOCIES

On attendait un 4-3-3 version Wembley, on aura eu droit à un 4-2-3-1 avec Samir Nasri en position de chef d'orchestre et une paire Cabaye - Gourcuff chargée de la récupération et de la relance. Le joueur de Newcastle n'a pas pesé assez lourd dans ce secteur, on l'a d'ailleurs vu sur le premier but. Mais son partenaire - qui jouait très gros dimanche - a été au-dessous de tout. Yoann Gourcuff n'est définitivement pas au niveau exigé pour disputer une compétition telle que l'Euro. Aligné dans l'axe droit, dans une position un peu plus avancée que Cabaye, le Lyonnais a constamment joué à contretemps. Pas assez agressif en possession du ballon, parfois trop quand il en fut dépourvu, Gourcuff a peiné, même s'il aurait dû obtenir un penalty sur une main islandaise.

Devant lui, les artistes associés ont joué leur partition. Ben Arfa, Nasri et Ménez ont du ballon. On le savait déjà et on en salivait d'avance. Mais le mieux est parfois l'ennemi du bien. Et l'équipe de France, armée de solistes, ne peut espérer survivre aux joutes officielles ukrainiennes de cette manière. Le constat est équivalent en défense où seul Debuchy s'est montré au niveau, offensivement notamment. La moitié gauche de l'arrière garde bleue, composée d'Evra et de Mexès, s'est noyée. Ce n'est pas un hasard si les rares occasions islandaises et les deux buts sont venus de ce côté.

Au retour des vestiaires, Laurent Blanc, qui n'avait pas non plus trente-six solutions en raison du différentiel de préparation entre ses joueurs, est reparti avec les mêmes. Résultat ? Jusqu'à sa sortie, Karim Benzema a continué à peser sur l'Islande, qui s'est recroquevillée sur son but. Cela a permis aux Bleus de trouver la faille par Debuchy.

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De la 58e minute à la 75e : Plus de 10, un peu d'impact

Avant l'heure de jeu, Blanc a procédé à quatre changements. Giroud est allé s'installer en pointe à la place de Benzema, Malouda a pris le couloir gauche de l'attaque, Ménez passant à droite et Ben Arfa retournant sur le banc. Et le 4-2-3-1 s'est transformé en 4-3-3 avec Diarra en sentinelle (en lieu et place de Cabaye) et une paire de relayeurs composée de Martin et de Gourcuff. Ce dernier est globalement resté dans son registre de la première période, même s'il a tenté quelques timides incursions dans l'axe. Alou Diarra, par son impact, et Florent Malouda, par sa simplicité dans le jeu, ont apporté quelque chose de différent.

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De la 75e minute à la fin : De l'académisme et de l'assise

Le calvaire de Gourcuff a pris fin à un quart d'heure de la fin lorsque Ribéry l'a suppléé. Le Bavarois a pris son couloir gauche, Valbuena, entré au même moment, allant s'installer à droite. Malouda s'est alors positionné à gauche, dans l'entrejeu, comme en Allemagne en février dernier. Plus agressive, plus académique et plus directe, grâce à une assise défensive renforcée par l'entrée d'Alou Diarra, la France a poussé et, si elle est passée près du 1-3 sur un loupé d'Evra, a fini par s'imposer grâce à l'impact et la puissance de Giroud, double passeur décisif pour Ribéry et Rami. La France a certes besoin de talent pour voyager. Mais sans puissance, elle n'ira pas bien loin.

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