Des bancs doublés velours

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Des bancs doublés velours
Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2012-06-21T10:49:51.000Z, mis à jour 2012-06-22T18:45:52.000Z

Cinq des quarts de finalistes ont un banc de touche XXL. Mais lequel a le plus d'arguments ? Tentative de réponse.

Le deuxième meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde, deux vainqueurs de la Ligue des champions en mai, un avant-centre qui pèse 29 buts cette saison en Liga et Ligue Europa, le cerveau des champions d'Allemagne, la perle du Bayern Munich, le meilleur joueur de la Bundesliga élu par ses pairs, deux des piliers du Barça, le double meilleur buteur de la Serie A (en 2010 et 2011), le joueur anglais le plus cher de l'histoire, le capitaine de Manchester United.

Des stars dans leurs leurs clubs, parmi les plus grands d'Europe, et de leur championnat. A l'échelle internationale, pour eux, ce n'est plus la même chanson et l'Euro a envoyé sur le banc quelques uns des plus grands noms du Vieux Continent : Klose, Mata, Evra, Llorente, Di Natale, Götze, Kroos, Malouda, Carroll, Reus, Fabregas goûtent tous de la banquette en ce mois de juin. Leurs statistiques, leurs statuts en club ne suffisent plus. Cette foule de "supersubs" a enflammé un débat : quel quart de finaliste a le banc le plus impressionnant ? La Grèce, la République tchèque mais aussi le Portugal hors course, nous avons tenté d'y voir plus clair à travers une revue d’effectif forcément subjective mais il est bien difficile de trancher. La preuve :

Le plus prolifique : ESPAGNE

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La Roja est entrée dans l'Euro avec trois avant-centres sur le banc. Si Torres a retrouvé sa place de titulaire depuis, Alvaro Negredo et Fernando Llorente sont voués à jouer les doublures. Comme Juan Mata, élément clé du champion d'Europe, Chelsea, Cesc Fabregas, l'une des plaques tournantes du Barça, ou son coéquipier en Catalogne, Pedro. Ces cinq hommes pèsent 91 buts inscrits cette saison toutes compétitions confondues (!). Aucun quart de finaliste ne fait mieux. Un luxe que seul un champion du monde et d'Europe peut se permettre.

Le plus rentable : ANGLETERRE

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Difficile de faire mieux que Theo Walcott face à la Suède (2-3). Entré à la 61e minute de jeu, le bolide d'Arsenal a marqué, délivré une passe décisive et réussis toutes ses passes (7/7). La Suède menait 2-1, elle s'est inclinée 3-2. Andy Carroll, qui n'a été titulaire qu'à une seule reprise, y est lui aussi allé de son but. L'Angleterre a pu compter sur ses doublures pour franchir la phase de poules. Après trois rencontres, c'est elle qui dispose des meilleurs jokers de l'Euro.

Le plus homogène : ITALIE

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De Salavatore Sirigu, le Parisien le plus régulier cette saison en L1, à Antonio Di Natale, le goleador de l'Udinese, le banc transalpin présente des éléments solides à chaque poste. Sebastian Giovinco, la pépite de Parme, peut sortir de l'ombre en fin de rencontre pour faire basculer le sort du match sur sa seule inspiration tout comme Riccardo Montolivo, monstrueux avec la FIorentina cette saison. Avec de tels seconds couteaux, Cesare Prandelli peut dormir tranquille.

Le plus créatif : FRANCE

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Face à l'Ukraine, la France a régalé dans le coeur du jeu : dédoublement de passes, jeu court, jeu en triangle. Sans Mathieu Valbuena, sans Hatem Ben Arfa. Alors que Jérémy Menez n'a été titulaire qu'à une seule reprise tout comme Florent Malouda. C'est peu de dire que le milieu de terrain des Bleus a de la réserve. Et pas dans la récupération mais dans la percussion et la création. Laurent Blanc a créé une liste avec pléthore de solistes, de joueurs de couloir de grands talents. Le meilleur passeur de l'OM (quart de finaliste de la Ligue des Champions), le facteur x de Newcastle, le feu follet du PSG (deuxième de Ligue 1) et l'un des tauliers du champion d'Europe, Chelsea. Voilà un banc qui ne manque pas d’inspiration.

Le plus talentueux : ALLEMAGNE

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En défense, l'un des patrons de la défense d'Arsenal. Au milieu, le stratège du champion d'Allemagne (Dortmund), le meilleur joueur de la Bundesliga, élu par ses pairs, et la pépite du vice champion d'Europe (le Bayern). Et, en attaque, une légende, qui pèse 14 buts en Coupe du monde (seul Ronaldo fait mieux). Le banc de touche de l'Allemagne ? Du caviar à la louche. Le roc Per Mertesacker, le petit génie Mario Götze, le crack Toni Kroos, l'étoile montante Marco Reus et la machine à scorer Miroslav Klose. Dans chaque ligne, le banc allemand possède au moins un joueur de classe mondiale. Unique.

ET LE VAINQUEUR EST...

En quart de finale, parmi les grandes nations, seul le Portugal ne dispose pas d'un banc de touche qui sied à ses ambitions. Mais la Roja et la Nationalmannschaft semblent tout de même un ton au-dessus. Le banc des Bleus présentent quelques trous d'air en défense centrale et en attaque. Les doublures défensives anglaises n'ont pas l'allure de celles des attaquants. Quant aux coiffeurs Italiens, ils manquent cruellement d'expérience internationale (hormis Montolivo et Di Natale, aucun ne dépasse les 15 sélections). L'Allemagne présente, elle, des pointures à tous les postes et l'équipe B de l'Espagne aurait son mot à dire dans le tournoi. Sur la pelouse comme sur leur banc, les deux favoris de l'Euro sont décidément bien difficiles à départager.