Ben Arfa : "C'était mon destin"

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Ben Arfa : 'C'était mon destin'
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-05-11T06:59:45.000Z, mis à jour 2012-05-11T15:33:35.000Z

Hatem Ben Arfa voit dans sa présélection pour l'Euro la juste récompense de ses efforts pour surmonter "les épreuves et les obstacles".

Un "soulagement", d'abord. Mais surtout, "une grande fierté". Hatem Ben Arfa savoure. Il savoure à sa juste valeur sa présélection pour l'Euro 2012. Parce que, souligne le milieu offensif de Newcastle dans les colonnes du Parisien, il "revient de tellement loin". Vingt et un mois après sa dernière sélection, en Norvège, l'ancien Marseillais ne s'en cache pas : "l'équipe de France m'a beaucoup manqué". Il "l'aime". Et il ne s'imaginait pas vivre sans elle. "C'était mon destin et c'était écrit quelque part que je reviendrais."

Si elle ne lui garantit pas encore une place parmi les vingt-trois Bleus qui s'envoleront pour l'Euro en juin, cette présélection sonne "bien sûr" comme une juste récompense. Car Ben Arfa, éloigné des terrains pendant près d'un an, a dû cravacher dur pour se rappeler au bon souvenir de Laurent Blanc. "J'ai connu tellement d'épreuves et d'obstacles, comme ma grave blessure, rappelle le joueur de 25 ans, victime d'une double-fracture de la jambe gauche en octobre 2010. J'ai travaillé dur pour revenir à ce niveau et accrocher cette place dans la préliste (...) Je me suis remémoré tous les moments difficiles des derniers mois et en être là aujourd'hui, c'est beau. J'y ai toujours cru et je n'ai jamais baissé les bras."

"J'ai beaucoup grandi et évolué"

Pendant ses longs mois de rééducation, Ben Arfa a toujours eu les Bleus "dans un coin de (sa) tête". "L'Euro, c'était mon projet sur le long terme et ma motivation." Ce repos forcé lui a fait un bien fou. Il l'a régénéré, reboosté, remobilisé. "J'ai retrouvé la joie de jouer. Je prends un plaisir incroyable sur le terrain. J'ai marqué deux des plus beaux buts de ma carrière, contre Blackburn et Bolton ; et j'ai retrouvé mes dribbles, mon coup de reins." Surtout, cette épreuve a accéléré sa croissance. HBA ne rechigne plus aux tâches ingrates. Il s'est mis au service du collectif. "J'ai beaucoup grandi et évolué, certifie-t-il. J'ai gagné en efficacité pour l'équipe. Je défends plus, je fais plus d'efforts. J'y ai même pris goût." Histoire de convaincre un peu plus Laurent Blanc de l'emmener dans ses bagages, Ben Arfa balaie aussi les doutes quant à ses supposés difficultés d'adaptation parmi les Bleus. "Je connais quasiment tous les joueurs et je m'entends bien avec tout le monde. Je n'ai de problème avec personne. Je vais me fondre dans ce groupe avec beaucoup d'humilité et d'ambition."

Promis, juré : sur le terrain non plus, il n'en fera pas qu'à sa tête. A Newcastle, Alan Pardew, le manager des Magpies, l'a installé sur le flanc droit de son attaque. Ben Arfa n'y a rien trouvé à redire. Numéro 10 dans le dos, il s'y épanouit. "Je me plais bien à ce poste et je m'y suis habitué. Cela me permet notamment de repiquer sur mon pied gauche." Et cela offre une option supplémentaire à Laurent Blanc. Loïc Rémy, Jérémy Ménez et Mathieu Valbuena ont tour à tour occupé le couloir droit. Ben Arfa pourrait bien mettre tout le monde d'accord. A moins que le patron des Bleus lui confie les clés du jeu tricolore, dans un rôle de meneur axial qui lui laisserait davantage de libertés. L'intéressé s'en moque. Ne revendique rien : "Je jouerai là où le sélectionneur le souhaite." Etre du voyage suffirait amplement à son bonheur.