Ben Arfa se démarque

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Ben Arfa se démarque
Par Vincent BREGEVIN, à Clairefontaine|Ecrit pour TF1|2012-05-21T17:02:35.000Z, mis à jour 2012-05-22T14:27:18.000Z

Ecarté sur le fil en 2008 et en 2010, Hatem Ben Arfa espère une autre issue pour l'Euro 2012. Il s'estime davantage prêt à prendre ses responsabilités.

Hatem Ben Arfa a vécu un moment particulier lundi à Clairefontaine. Le joueur de Newcastle avait rendez-vous avec la presse pour la première fois depuis qu'il fait partie de la pré-liste de Laurent Blanc pour l'Euro 2012. Une convocation qu'il doit à une fin de saison en boulet de canon après une grave blessure au début de la saison 2010/2011. Le stratège des Magpies a dû cravacher pour passer ce premier cut. "C'est vrai que je reviens de loin. Mais c'est surtout au début que je me suis dit ça. Maintenant je suis passé à autre chose. C'était difficile de revenir. Mais j'avais déjà l'Euro comme objectif pendant que je me soignais", a-t-il reconnu.

Les pré-listes, Ben Arfa connaît. Les listes définitives, beaucoup moins. Il avait fait partie des deux pré-listes de Raymond Domenech pour l'Euro 2008 et la Coupe du monde 2010, avant d'être à chaque fois exclu de la liste finale. Forcément, il pense à la perspective de subir une nouvelle désillusion. Il fait tout pour ne pas se focaliser dessus, mais il ne peut pas totalement l'occulter non plus. "Je n'ai aucune intuition mais c'est sûr qu'on se pose des questions. J'espère faire partie de ce groupe. J'ai l'expérience de 2008, de 2010. Des chocs qui sont encore présents. Je ne peux pas dire que je suis prêt (à ne pas faire partie du groupe), parce que ce n'est pas vrai, mais si ça arrive, je me m'adapterai. Si j'avais eu le choix, j'aurais été là en 2008 et 2010, mais je suis plus apaisé plus tranquille qu'à l'époque", estime l'ancien Marseillais.

Ben Arfa a mûri et il le revendique. Comme s'il voulait se démarquer définitivement de cette image de prodige incapable de répondre aux attentes qui a pu lui coller à la peau jusque dans un passé récent. Les déceptions qu'il a connues semblent avoir joué un rôle majeur dans cette évolution. "Dans la vie, chaque échec te fait grandir, analyse-t-il. Ça fait partie des choses qui font grandir un homme, j'ai évolué, à 25 ans, je suis plus mature qu'à 20. Pourquoi ? C'est l'expérience de la vie tout simplement. Ce n'est pas un masque. J'ai beaucoup d'envie, je fais les choses mieux. Je suis plus responsable. J'ai gardé mes points forts et commencé à gommer quelques points faibles, comme le manque de concentration et de constance dans le match."

"On attend beaucoup de moi ? Moi aussi"

Cette progression n'est sans rappeler celle d'un Karim Benzema, Samir Nasri ou Jérémy Ménez, qui figurent eux aussi dans cette pré-liste et espèrent participer à leur premier grand tournoi international avec les A. HBA incarne peut-être plus qu'un autre cette fameuse génération 87, très vite bombardée comme garante d'un avenir doré pour l'équipe de France, et qui a dû patienter plus longtemps que prévu pour s'imposer chez les Bleus. Forcément, le phénomène alimente les conversations. Un peu trop aux yeux de Ben Arfa. "On me parle très souvent de cette génération 87. C'est un plaisir de se retrouver mais je pense qu'il ne faut pas insister là-dessus. L'important, c'est le collectif dans son ensemble. Si on n'a pas percé plus tôt, c'est aussi parce qu'on était plus jeunes", estime le Magpie.

Seul l'avenir dira si cette heure est enfin arrivée. Mais Ben Arfa n'a jamais semblé aussi prêt pour justifier les espoirs placés en lui depuis si longtemps. "On attend beaucoup de moi ? Moi aussi j'attends beaucoup de moi!", répond le natif de Clamart. "J'espère que je pourrai exploiter mon potentiel avant la fin de ma carrière, sinon ce sera un regret et une déception, mais le plus important, c'est l'Euro." Et l'annonce de cette liste définitive qui n'empêche pas HBA de savourer chaque instant de son retour chez les Bleus. "Cela reste du foot. On se voit au quotidien, on rigole ensemble. C'est au sélectionneur de choisir", rappelle le milieu offensif tricolore, qui risque en effet de donner matière à réflexion au sélectionneur.