Blanc, tout en contrôle

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Blanc, tout en contrôle
Par Maxime DUPUIS (Envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-21T14:04:38.000Z, mis à jour 2012-06-22T19:12:24.000Z

Laurent Blanc a déminé l'affaire de Kiev avec un certain brio. A sa manière. Froide et calculée.

Pour des centaines de raisons qui sont toutes plus évidentes les unes que les autres, Kirsha ne sera pas Knysna. Deux ans après le crash sud-africain, l'équipe de France 2012 n'a pas tenté ni cherché à marcher dans les pas de sa devancière. Une prise de bec après une défaite ne débouche pas forcément sur un drame. Ajoutez à cela que, sur le terrain, elle a déjà réalisé bien plus que la bande de Raymond Domenech. Avancer le contraire serait malhonnête. Mais si le mini-incendie qui a pris mardi dans le vestiaire du stade olympique de Kiev ne s'est pas transformé en feu de forêt, c'est aussi parce que les Bleus ont cette fois un patron au-dessus d'eux. Patron qui n'en a pas que le nom.

Entre mardi soir et jeudi, Laurent Blanc, son staff et la fédération, ont tout fait pour calmer le jeu et faire en sorte que le match de l'Espagne, samedi à Donetsk, ne soit qu'une affaire de terrain. Dans sa communication comme dans ses faits et gestes, Blanc a fait le travail. Au menu : explication de texte, réunion après le diner des joueurs et présence devant la presse. Le sélectionneur n'a jamais éludé le sujet. Mais livré ce qu'il voulait. Pas plus. De A à Z, il a gardé le contrôle de sa communication sans se faire déborder.

Frédéric Laharie, journaliste à Sud-Ouest en charge des Girondins de Bordeaux et de l'équipe de France, suit depuis cinq ans l'actuel sélectionneur des Bleus. Et n'est pas étonné par ce qu'il a observé depuis la fin du match face à la Suède : "Il est relativement transparent. C'est sa manière de désamorcer le tout. Mais il ne donne que le bon côté, il a une communication faussement transparente. On a l'impression qu'il donne beaucoup, parle bien et souvent. Mais si on écoute bien, il donne peu et ne révèle pas de choses. C'est rien dire tout en parlant. A Bordeaux, il le faisait aussi."

"Ses colères sont froides"

Laurent Blanc est d'un naturel méfiant et ne se livre pas comme ça. Le contexte d'un Championnat d'Europe et ses résonances médiatiques ne sont pas de nature à changer la donne et l'homme. "Une fois, il m'avait dit qu'il était 'du nord du sud', explique Frédéric Laharie. C'est quelqu'un qui ne va pas vers les gens facilement, il n'aime pas qu'on l'aborde ou qu'on lui tape sur l'épaule. Il préfère des relations plus distantes. Mais quand il donne son amitié, je pense qu'il la donne vraiment." Sa confiance également. Il faut juste éviter de la trahir. Raisonnement valable en dehors et à l'intérieur du vestiaire où l'homme sait se montrer parfois impitoyable.

"Dans le vestiaire comme sur le bord du terrain, il ne crie pas et n'élève jamais la voix. Ses colères sont froides", nous explique Frédéric Laharrie qui ajoute que certaines d'entre elles ont laissé quelques souvenirs du côté de Bordeaux. "Les joueurs disaient que cela porte encore plus car Laurent Blanc peut se montrer très cassant. Ça peut faire très, très mal. De plus, Laurent Blanc ne pardonne pas si on lui en fait une à l'envers." Les personnes éventuellement concernées l'apprendront bientôt à leurs dépens.