Blanc: "L'arme secrète ? Les résultats"

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Blanc n'a pas choisi
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-08T14:50:04.000Z, mis à jour 2012-06-09T10:17:54.000Z

Dans une équipe de France où les champions du monde et d'Europe ont définitivement disparu, Laurent Blanc porte toute l'expérience des grandes compétitions sur ses épaules. Mais n'a pas de "recette miracle".

Quand l'équipe de France pénètrera sur la pelouse de la Donbass Arena lundi, elle se présentera sur un pied d'égalité avec l'Angleterre. Et l'on ne parle pas du tableau d'affichage. Non, pour la première fois depuis juillet 1998, les Bleus débarqueront sur le pré de Donetsk avec autant de champions du monde ou d'Europe que son homologue aux Trois Lions. A savoir : zéro. Thierry Henry définitivement parti après la Coupe du monde 2010, l'équipe de France ne possède plus aucun vainqueur de compétition internationale dans ses rangs. Sinon sur le banc, en la personne de Laurent Blanc, homme de base et acteur prépondérant de la plus belle histoire du football français.

Les titres et les compétitions internationales, l'ancien libéro de Naples connait ça par cœur. De l'Euro 1992 à l'Euro 2000, le "Président" aura disputé quatre phases finales. Il aurait pu monter jusqu'à six, si l'équipe de France n'avait pas manqué les Coupes du monde 1990 et 1994. De cette période, Laurent Blanc tire la majeure partie de sa légitimité. Patron de la défense, taulier sur le terrain et relais du sélectionneur, l'ancien entraîneur de Bordeaux a tout connu. Des plus belles joies aux pires désillusions. Alors forcément, le manque de vécu de ses joueurs, qui pour une courte majorité découvriront ce qu'est une grande compétition estivale (ndlr : ils sont 12 à vivre leur première en Ukraine), le sélectionneur national le compense en partie par le sien.

"Il n'a même pas besoin de nous en parler"

Grand joueur ne veut pas dire grand sélectionneur. Mais quand même, Laurent Blanc, c'est quelque chose pour les joueurs et notamment les plus jeunes d'entre eux. "Il est assez proche des joueurs et fait preuve d'une exigence du haut niveau. Des fois, on peut déconner avec lui, d'autres fois, il faut être sérieux", explique Blaise Matuidi qui assure que la carrière du patron plaide pour lui, sans qu'il n'y ait besoin d'en rajouter : "Il n'a même pas besoin de nous en parler... Ça aide beaucoup d'avoir un sélectionneur qui a tout connu, en club comme en équipe nationale. C'est évidemment un plus." Laurent Koscielny abonde dans le même sens : "Il connaît la pression, cette atmosphère des phase finales. C'est toujours bon à prendre. C'est mieux pour gérer ces situations là et d'arriver avec tous les atouts."

Quand Laurent Blanc et ses copains ont atteint le toit du monde et de l'Europe, les 23 qui sont partis avec lui en Ukraine étaient tous - ou presque - des gamins. Blanc, c'est l'exemple à suivre. En élargissant bien, on serait tenté de dire que la génération 98 est le modèle ultime. Même si le sélectionneur national se veut plus pragmatique. "Ce que je peux dire aux joueurs, c'est que c'est long, c'est très long. On se plaint de ne pas avoir de préparation assez longue mais ça reste long quand même tout ce temps passé ensemble. Il faut savoir réserver son énergie pour le jour du match. Tout doit être mis en œuvre pour être performant le jour du match. C'est la seule chose qui compte."

Y a-t-il une recette pour réussir et faire avancer un groupe ? Non, mais quelques recommandations. "L'arme secrète des Bleus de 98 ou de l'Espagne aujourd'hui ? Les résultats. Ils aident bien plus que les thérapies. Ça aide à avoir un état d'esprit et une ambiance particulière, juge Blanc. On essaie de mettre notre expérience dans la balance pour faire en sorte que le groupe vive bien. Après, le groupe fait-il le résultat ou les résultats font-ils le groupe ?" Bonne question. Pour avoir un début de réponse, il faudra attendre lundi.