Blanc ne les a jamais lâchés

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Blanc ne les a jamais lâchés
Par Maxime DUPUIS (envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-17T06:50:04.000Z, mis à jour 2012-06-17T14:19:20.000Z

Malgré la critique, Laurent Blanc s'est accroché à eux. De Diarra à Mexès, en passant par Ribéry, tous réussissent leur début d'Euro après des mois difficiles en bleu. La confiance du sélectionneur les a transfigurés. Tour d'horizon.

ALOU DIARRA, REVENU DE LOIN

C'est bien connu : le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les soucis de Yann M'Vila ont remis en selle Alou Diarra, dont le destin durant cet Euro semblait être celui d'un simple coiffeur, appelé à jouer les utilités en cas de pépin. Mais le Rennais s'est blessé à la cheville face à la Serbie (2-0) lors du deuxième match de préparation. Et le Marseillais est entré en scène. Déjà très en vue lorsqu'il avait terminé le match face à l'Islande, Diarra a parfaitement rempli son rôle de sentinelle, apportant l'impact et l'assise qu'il fallait au milieu de terrain des Bleus. Depuis le début du Championnat d'Europe, il rayonne et fait la loi dans la récupération. Puissant, jamais battu et dans une grande forme, Alou Diarra est l'un des hommes forts de ces Bleus retrouvés. Sportivement, il est devenu indiscutable pour la première fois depuis le début de l'ère Blanc.

L'avis de Blanc : "Il ne s'est pas transformé. Il est Alou Diarra. Le problème est qu'il faut bien connaitre les joueurs. Quand tu connais le joueur, tu sais ce qu'il peut t'apporter et ne pas t'apporter. C'était un pari à gagner, c'est sûr. Il fallait retrouver la confiance et ce système de jeu le remet en valeur. Si je vous avais écoutés, il serait resté à Paris. Mais je ne suis pas surpris des performances d'Alou Diarra. Sa valeur n'était pas remise en cause."

FRANCK RIBERY, LA BOMBE ATTENDUE

Exceptionnel la plupart du temps avec le Bayern, Franck Ribéry n'y arrivait pas avec les Bleus. Et puis il y a eu Valenciennes et l'Islande. Ce match, le Français ne devait pas le jouer puisqu'il venait à peine de rejoindre le groupe la veille, au sortir d'une finale de Ligue des Champions cruelle et perdue face à Chelsea. Le Bavarois a évacué toute sa frustration lors d'un dernier quart d'heure où il a enfin marqué avec l'équipe de France. Il attendait ça depuis plus de trois ans. Cette réalisation "nordiste" et l'accueil du public lui ont fait le plus grand bien. Lui qui était mal à l'aise dans cette équipe suite aux évènements de 2010 semble avoir tiré un trait sur toute cette histoire et réussit un début de Championnat d'Europe d'excellente facture. Ribéry a un moteur et celui-ci marche du tonnerre. On l'a vu face à l'Angleterre et surtout contre l'Ukraine. Avec lui, les Bleus peuvent voir venir. Laurent Blanc ne l'a jamais lâché. Et quand il est redevenu disponible, après sa suspension post-Knysna (5 matches), il a remis l'homme dans le bain et en confiance, allant le voir à Munich notamment. Il n'a pas fait le voyage pour rien.

L'avis de Blanc : "On lui a maintenu notre confiance et Dieu sait que vous n'étiez pas tous derrière moi, il y a deux ans. Ce n'est pas le joueur Franck Ribéry qui avait été chahuté ces derniers mois (par la presse). Si on me dit que ce n'est pas un bon joueur, ou ils n'ont pas vu sa saison avec le Bayern ou ils ne sont pas des spécialistes."

PHILIPPE MEXES, AU BON MOMENT

Depuis le début de l'aventure, Philippe Mexès est la pierre angulaire de la défense tricolore. En Norvège, au mois d'août 2010, c'est lui qui avait hérité du brassard de capitaine. Depuis, il est le titulaire indiscutable en défense centrale aux côtés d'Adil Rami. Le tableau serait idyllique si le Milanais ne s'était pas rompu les ligaments du genou gauche il y a quatorze mois et connu, de ce fait, une saison 2011/2012 très difficile, entre rééducation, terrain et banc de touche. Très clairement, Philippe Mexès n'est pas arrivé à l'Euro en bonne condition physique. En manque de rythme, il a été à la peine lors de la préparation et même inquiétant à certains moments, réussissant à récolter deux cartons jaunes. Mais depuis que la compétition a commencé, Mexès n'est plus le même. Solide, serein et sécurisant, malgré un léger surpoids que personne n'a contesté, l'ancien joueur de l'AJA est le patron de la défense et rattrape les atermoiements d'Adil Rami. Le fait d'avoir emmené trois défenseurs centraux de métier était un signe fort envers ses titulaires et Philippe Mexès en particulier. Il a été reçu.

L'avis de Blanc : "Il y avait des choses à prendre en compte comme la blessure de Philippe Mexès. Il a bénéficié d'une attention particulière pendant la préparation. Il avait besoin de jouer et aussi de travailler pour retrouver le niveau physiquement. Il a encaissé mais en accumulant de la fatigue. Mais il fait partie des défenseurs qui peuvent apporter quelque chose d'autre."