Blanc: "Personne n'y arrive..."

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Blanc: 'Personne n'y arrive...'
Par Gil BAUDU (avec M. D., à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-22T14:53:12.000Z, mis à jour 2012-06-22T23:53:34.000Z

Laurent Blanc présente l'Espagne comme "une belle machine, qui gagne tous ses matches", quasiment invincible. A moins que...

"Entre eux et nous, y a pas photo." Les mots de Laurent Blanc sont limpides. Ils trahissent l'état d'esprit qui anime l'équipe de France à la veille de son quart de finale face à l'Espagne. Samedi, les Bleus se frotteront à "une belle machine". Et elle "domine le football européen et mondial depuis quatre ans". Officiellement, cette perspective leur inspire autant de crainte que de respect. En conférence de presse, Blanc a répété combien il était fan de cette Roja. Ses prestations ont beau ne pas faire l'unanimité de l'autre côté des Pyrénées, le Cévenol affirme "prendre beaucoup de plaisir à la regarder". "Je ne me permettrai pas de critiquer le jeu de l'Espagne. Ce qu'elle propose c'est magnifique." Tellement "magnifique" que le patron des Bleus l'érige en modèle, en référence absolue. "Toutes les équipes essaient de les contrecarrer. Pour l'instant, personne n'y arrive."

Les innombrables superlatifs employés vendredi, à Donetsk, en disent long sur la stratégie tricolore. Elle est vieille comme le monde : le favori, c'est l'Espagne. Pas l'équipe de France. Assis aux côtés de Laurent Blanc, Hugo Lloris a aisément admis cette évidence. Comme s'il tendait déjà la joue pour recevoir une gifle inévitable ? Le capitaine et gardien des Bleus n'est pas allé jusque-là. "On va jouer notre chance à fond. Il faut sortir du match en ayant le sentiment d'avoir tout donné." Ces propos pourraient laisser l'impression d'un fatalisme exacerbé. A la veille de son quart de finale, l'équipe de France ne semble se faire aucune illusion sur ses chances d'éliminer les champions d'Europe et du monde en titre.

Les apparences sont parfois trompeuses. Car la réalité est plus contrastée. "Il y a un coup à jouer, tente de positiver Blanc. Quelques équipes ont pu les ennuyer. L'Italie, par exemple, a fait preuve d'une solidarité incroyable et d'une efficacité défensive exceptionnelle. La Croatie a également eu sa chance." Mais comme tant d'autres, elle a fini par céder dans les dernières minutes. Si les espoirs tricolores sont infimes, ils ne sont pas tout à fait nulles. Encore faudra-t-il que les Bleus se retroussent les manches. "Tout le monde va devoir se mettre au service du collectif", prévient Lloris. "Face à l'Espagne, reprend Blanc, il faudra peut être s'adapter à son jeu mais sans se priver de nos propres forces. Si tu es compact et que, dans le jeu, tu es présent, tu as tes chances." Reste juste à s'en convaincre.