Blanc veut "aller à Rio"

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Blanc veut 'aller à Rio'
Par C. R.|Ecrit pour TF1|2012-04-03T16:10:09.000Z, mis à jour 2012-04-03T16:10:09.000Z

Laurent Blanc déclare que "bien sûr", il "a envie d'aller à Rio", pour mener les Bleus à la Coupe du monde 2014, malgré son désaccord avec le président de la FFF sur le calendrier de sa prolongation. "Je souhaite pouvoir continuer", dit-il ce vendredi dans un entretien au Monde.

Laurent Blanc s'était juré de ne plus en parler. Mais le sélectionneur des Bleus a dû se rendre compte que son absence dans l'espace médiatique nuisait davantage au climat des Bleus et à son image que le contraire. Dans un long entretien au Monde paru vendredi soir, le Laurent Blanc reprend la main sur les dossiers "désagréables" auxquels il a été mêlé depuis la qualification des Bleus à l'Euro 2012, tous liés de près ou de loin à ses rapports avec son patron Noël le Graët et avec la FFF. Blanc explique notamment, sans nier le désaccord sur le timing d'une éventuelle prolongation, que l'idée d'un point de non-retour agité il ya dix jours par le Journal du dimanche ne correspond pas à la réalité. Voici sa version sur tous les sujets qui fâchent :

STOP APRES 2012 ?

Interrogé sur sa volonté d'être prolongé jusqu'à la Coupe du monde 2014, Blanc répond : "Bien sûr que j'ai envie d'aller à Rio. Mon métier me plaît. Je souhaite continuer et j'espère pouvoir créer les fondations nécessaires au renouveau de l'équipe de France. J'exprime une envie, si c'est le cas, tant mieux. Sinon la vie continue. Je ne suis pas le seul décisionnaire. Je ne veux pas passer pour le mec que je ne suis pas. Je ne réclame rien." Sur l'idée de rapports frigorifiés avec son président, le sélectionneur les nie tout en assumant le désaccord sur le calendrier. "Ne comptez pas sur moi pour entretenir cette polémique. C'est une histoire entre le président de la Fédération et moi. J'aurais souhaité être prolongé avant l'Euro. Le président a une autre opinion. Je l'enregistre. La prochaine interview que je vous conseille de faire est celle du président."

LA BATAILLE DU CAMP DE BASE

Présenté comme favorable à un séjour en Pologne alors que les Bleus joueront à Donetsk, le patron des Bleus réfute l'existence de ce débat : "On a voulu faire croire aux gens que le président avait imposé le choix de l'Ukraine. C'est une aberration. Cela a été un choix cohérent, qui a été uniquement rendu possible lors du tirage au sort parce que le Portugal, qui avait l'option numéro un sur le centre du Shakhtar Donetsk, s'est désisté. Notre objectif est de passer le moins de temps possible dans les aéroports et sur les routes."

SPONSORISÉ A TITRE PRIVÉ ?

Son opération commerciale avec un sponsor des Bleus, le Crédit agricole, pour une somme estimée à 300.000 euros, aurait été effectuée à titre purement privé, sans information préalable de la FFF. Là encore, démenti. "La Fédération était au courant, nie Blanc. Comment aurais-je pu signer un contrat avec un sponsor de l'équipe de France qui fait sa propre publicité sur le site de la FFF sans que les services marketing de celle-ci soient au courant ? C'est transparent."

UN ÉTAT DANS L'ÉTAT

Le procès en "super-indépendance" fait à Laurent Blanc dans certains couloirs de la FFF est alimenté par l'existence d'un staff technique important, cher, qui fait doublon sur certains postes avec l'organigramme de la FFF. Le sélectionneur, moins défensif sur ce sujet, défend ses hommes et renvoie la Fédération à ses reponsabilités. "N'oublions pas que, depuis dix-sept mois, on a connu trois présidents à la Fédération, trois directeurs généraux. A chaque fois, ça a été un discours différent. Moi, on m'a dit : 'Choisis les hommes'. J'en suis très satisfait. Le choix des hommes, je l'assume. Mais les discussions de contrats, de salaires, vous croyez que c'est moi qui les mène ? Pas du tout. C'est la Fédération qui a validé tout ça". Blanc fait une forme de concession : "On pourrait, bien sûr, améliorer le fonctionnement". Mais il ajoute en forme d'avertissement : "Si on veut retourner dans la cour des grands, il faut regarder ce qui se passe ailleurs. En Espagne, en Allemagne, en Angleterre ou en Italie, les staffs sont autrement plus étoffés et onéreux."

BERNES, L'HOMME EN TROP ?

Le sélectionneur réfute enfin que son association avec Jean-Pierre Bernès soit un frein à son indépendance ou à ses rapports avec Noël Le Graët. Si l'idée a été relayée dans les médias, c'est "une jalousie" dit Blanc. "Ne croyez pas que cette information soit sortie d'un coup du chapeau. Je n'ai pas de contrat avec Jean-Pierre Bernès. Il s'avère que mon agent était Alain Migliaccio, qui maintenant travaille avec M. Bernès. C'est quelqu'un qui fait du bon travail et que j'apprécie." Il ne s'en séparera pas, faut-il comprendre. Si Blanc est prêt à composer, il fait comprendre qu'il ne faudra pas aller trop loin dans sa volonté de l'assister. Blanc dit ainsi d'entrée de jeu qu'il aurait agi de la même façon que Fabio Capello s'il avait été confronté aux même événements, la semaine dernière. "Il a dit à la fédération anglaise : 'Si vous voulez faire mon boulot, allez-y...' (...) Quand on discute sans cesse vos décisions, on met en porte-à-faux votre responsabilité ou votre compétence sportive. Et à ce moment-là, c'est voué à l'échec."